Dernière modification : 05/08/2011 

- Agriculture - Bretagne - France - Pollution


Écologistes et agriculteurs bretons s'écharpent sur le dossier des algues vertes

Écologistes et agriculteurs bretons s'écharpent sur le dossier des algues vertes

La mort de 36 sangliers sur la côte Nord de la Bretagne a remis sur le devant de la scène la question de la pollution liée aux algues vertes. Problème de santé publique, la dangerosité des "laitues de la mer" suscite de nombreuses controverses.

Par Charlotte BOITIAUX (texte)
 

Comme presque chaque été depuis trois ans, les algues vertes s'invitent sur les plages bretonnes. Après les décès suspects de deux chiens à Hillion en juillet 2008, d'un chauffeur qui transportait des algues vertes à Lantic en juillet 2009 et d'un cheval à Saint-Michel-en-Grève en août 2009, la découverte de 36 sangliers morts à Gouessant, dans la baie de Saint-Brieuc (nord de la Bretagne), en juillet dernier, a relancé le débat sur la dangerosité de ces "laitues de mer".

Alors que la controverse se limitait jusqu'alors au seul cadre environnemental - comment réduire le rejet excessif de nitrates d’origine agricole, principale cause de la prolifération des algues vertes ? - ces algues vertes sont devenues un véritable problème de santé publique. A savoir : ces dernières qui, en pourrissant, dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S), un gaz mortel, peuvent-elles présenter un risque mortel pour l'homme ?

Les résultats des dernières analyses effectuées sur les sangliers se font toujours attendre, mais la réponse ne fait aucun doute pour Sauvegarde du Penthièvre et Sauvegarde du Trégor, deux associations écologistes bretonnes qui s’apprêtent à porter plainte contre l’État pour "mise en danger de la vie d’autrui". Leurs plaintes devraient rejoindre le millier d’autres -collectives et individuelles - déposé sur le bureau d'Anne-Marie Bellot, la juge d’instruction du pôle de santé publique du Tribunal de grande instance de Paris.

Hydrogène sulfuré, responsable ou pas ?

L'initiative n’est pas du goût de certains agriculteurs, qui ont reçu le soutien d'Eva Joly, la candidate à la présidentielle d'Europe Ecologie-Les Verts, en déplacement ce vendredi à Hillion. Ces derniers enjoignent les défenseurs de l'environnement à faire preuve de davantage de "prudence et de raison". Président de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor, Olivier Allain doute ainsi du lien établi entre les algues vertes et le décès des 36 sangliers.

Trente-six sangliers retrouvés morts au même endroit, sur une plage bretonne

Si les résultats des premières analyses menées sur cinq d'entre eux ont mis en évidence la présence de H2S dans leurs poumons, il rappelle aussi que, chez l'un des animaux autopsiés, aucune trace du gaz mortel n'a été décelée. Celui-ci préfère privilégier la thèse d'un empoisonnement, l'un des deux sangliers analysés à cette heure présentant des traces de chloralose, un poison mortel, selon l'AFP.

A l’instar d’Olivier Allain, Stéphane, éleveur bovin dans les Côtes d’Armor contacté par FRANCE 24, estime que certaines associations écologistes vont un peu vite en besogne. "Je ne dis pas que les algues vertes sont hors de cause, je me demande simplement pourquoi d'autres espèces n'ont pas été touchées, d'autant plus que les sangliers sont des animaux robustes. C’est étonnant qu’ils aient été les seuls à mourir."

S'il reconnaît que l’hypothèse de l’empoisonnement n’est pas à exclure, Jean-François Piquot, le porte-parole de l’association Eau et Rivière de Bretagne, estime toutefois qu'elle ne peut expliquer, à elle seule, la mort des sangliers. "La quantité de poison retrouvée n’était pas suffisante pour tuer les bêtes. Peut-être y a-t-il eu combinaison entre le poison et le H2S...?", s'interroge-t-il. Une précaution dont fait également preuve Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Écologie, qui préfère attendre le résultat des analyses avant de se prononcer.

Les algues vertes n’affectent pas le tourisme breton

"Cependant, Olivier Allain ne peut nier une réalité indiscutable : la Bretagne concentre 60% des cochons et 30% des bovins français (…), reprend Jean-François Piquot, qui tient à rappeler le rôle de l’agriculture intensive dans la multiplication des "marées vertes". Une telle concentration sur un territoire grand comme la Bretagne est un non-sens... L’État est clairement responsable. Il a permis l’accroissement de ce cheptel sans tenir compte des dégâts qu'ils pouvaient causer sur l'environnement".

Reste une question : les algues vertes - qui ont terni l’image de la Bretagne - constituent-elles un danger pour l’économie locale ? "Seules quelques plages souffrent de marées vertes. Mais dans l'ensemble, il n'y a aucun impact négatif sur le tourisme", répond Michael Dodds, directeur du Comité régional du tourisme de Bretagne, sans pour autant fournir de chiffres sur l'évolution de la fréquentation touristique de ces deux dernières années.

Quoi qu'il en soit, le gouvernement a prévu, lui, dans son plan de lutte contre les algues vertes de février 2010, une réduction des fuites de nitrates de 30% à 40% vers les eaux de huit baies de Bretagne particulièrement touchées par le fléau vert d’ici à 2015. Une diminution suffisante pour faire retomber la polémique ?

Commentaires (12)

Le procès de l'agriculture productiviste

Pour ceux qui ne le savent pas,les porcheries industrielles + st
abulations libres d'élevage bovin sont des non-sens dans le mon
de agricole...Tout comme la culture du maïs pour le bétail ou la
consommation humaine...Ce qui est singulier,c'est que l'"Etat"
ait accordé bien légèrement à des "licenciés économiques" de pas
ser à un statut de producteur agricole sans avoir les bases pour
en estimer les travers à leur juste valeur...Effectivement,ces
"licenciés économiques",approchés par des consortiums agro-indus
triels sans foi ni loi,se sont lourdement endettés et n'ont d'au
tre choix que poursuivre dans leur nouvelle filière et respecter
leurs obligations de production sans renâcler...Il en va de même
pour les producteurs de lait devant livrer leur production en to
talité sans être sûr que cela leur permette de vivre...Quant aux
producteurs de bovins à viande,ils sont d'autant livrés à eux-mê
mes qu'en cas de sècheresse,le prix du foin ou de la paille les
conduit tout droit à la faillitte...Les déboires de l'agricultur
e française ou européenne découlent directement du productivisme
à outrance,le prix des aliments du bétail suivant directement l'
abondance mondiale des disponibilités du marché...Aussi,il est
"diablement" tentant de pousser les productions et les "techniqu
es" agricoles pour en tirer un PROFIT maximal!!Peu importe les
dégâts impactés,pourvu que cela crée des emplois et des profits!
Et tant pis pour ceux qui doivent en supporter les pires avanies
!Tout découle du "génie" des empires agro-alimentaires qui ne re
culent jamais pour s'ouvrir les meilleurs profits...!!Donc,pour
résoudre les "problèmes" graves que provoquent ces techniques ul
tra-productivistes,il faudrait des résolutions énergiques de la
part des "représentants du peuple" en matière de législation agr
o-alimentaire...On en est loin...Pourtant,il est prouvé que la
"petite agriculture" polyvalente est l'avenir des paysans et la
garantie d'une bonne santé pour les citoyens...Une preuve?Rense
ignez-vous sur la qualité de l'eau du robinet,si vous habitez
en campagne,là où les parcelles de culture font plusieurs hecta
fes...Vous en serez édifiés...!!Voilà pourquoi les "Ecolos" re
muent Ciel et Terre pour abolir cette agriculture perverse qui
conduit souvent les "agriculteurs" à bien des travers et souven
t à la faillitte et parfois à des problèmes de santé rémanents!

c'est très embètants de s'adresser à des anonymes

très bonne idée, la tourbe et le sable. Sparadrap sur une jambe de bois.
Continuez à vous empoisonner en avalant des produits de supermarché, issus des élevages intensifs et surtout aller visiter une porcherie. Vous serez éclairés. Les éleveurs travaillent de manière aveugle, bafouant les lois de la nature et tout le monde laisse faire. ILs s'endètent pour des appareillages compliqués au lieu de pratiquer l'élevage extensif et de se rassembler en coopératives pour vendre directement aux consommateurs.
La nourriture devrai ètre controlée, les élevages extensifs pourraient créer des emplois, au lieu de laisser des lobbys s'emparer à faible prix du travail des éleveurs. C'est un serpent qui se mort la queue.
Un systhème qui commence à tuer.
Il est nécessaire de réagir!

les élevages intensifs

Quand arrèterons nous de mettre des bètes en confinement, pour le profit des supermarchés?
Leurs hormones de stress et les antibios bouleversent notre métabolisme morsque nous mangeons leur chair.
Notre santé en dépend, j'ai peur de donner de la viande à mes enfants. Mon époux s'est élevé contre ces pratiques et en 90, il a quitté un labo, pour faire un doctorat en histoire. Il gagnait 4x moins, mais il a pris une décision d'ethique.
Non seulement les bètes confinées sont maltraitées, mais gavées d'antibios pour éviter les épidémies.
Nos ancètres mangeaient de la viande 2 à 3 fois par semaine, dans la classe moyenne et le dimanche pour les pauvres. Les plus nantis quotidiennement avec abstention les jours de careme.
Qu'attendent donc les écolos pour interdir ce genre de pratiques,au lieu de se battre en lutte de pouvoir?
Les élevages concentrationaires de Bretagne sont en train de nous tuer. Refléchissons à la question.

MAIS? DE QUI SE MOQUE T'ON,,,????

Si ce n'est pas les agriculteurs, c'est qui..???qui va payer, on a déjà donné pour eux, et ils s'engraissent encore, toujours plus de porcheries en Bretagne, avec la FNSEA en tête qui promet des subventions, de même que les Préfets qui accordent ces autorisations, Eaux et Rivières qu'a touchées des subventions depuis trente ans, sans rien faire, et nos petits enfants dans tout celà, ils ne comprennent pas que leurs Grands Parents et Parents, leur laissent la pourriture etles algues comme cadeaux, çà c'est du propre..QUE J'AI HONTE DE TOUT CELA...

nitrates

Suppression (ou traitement) des nitrates = suppression des problèmes. Pourquoi ne va t-on pas tout de suite à l'essentiel et à l'action au lieu de perdre son temps à polémiquer ?

Curieux, quels politiques

Curieux, quels politiques risquent de porter un avis sur ce problème à part les Verts ?... L'UMP est aux basques de la FNSEA mais on n'entend toujours pas le PS...
Hollande a raison, si la "gauche" ne fait rien aux prochaines élections, elle risque de disparaître !

Au Dr Valérie Fox

Donc si je comprends bien, il faudrait y mettre en premier lieu un répulsif pour repousser les omnivores ou herbivores en priorité pour ensuite procéder à la destruction de ce fléo d'algues vertes !

LES SANGLIERS MORTS

Pour qu'un animal mange ces algues vertes, il faut qu'il soit omnivore ou herbivore le nez bouché! L'H2S (acide sulfurique), dégage une odeur qui ne peut attirer que les cochons!Ce n'est donc pas étonnant que les sangliers soient les premiers à être touchés! Ils sont à la fois sauvages et omnivores! Dr Valérie Fox ( Vétérinaire)

A tous problèmes comporte une solution !

Pourquoi ne pas recouvrir la plage de tourbe naturelle et bâcher d'une bâche noire sur le sable pour éviter que la lumière et le soleil donne l'énergie à la prolifération et la multiplication excessive de cette algue. Aussi, y mettre deux à trois bateaux ou plate formes qui filtre l'eau et rejette une eau propre. Au grand maux, aux grands moyens.

A tout problèmes comporte une solution !

Pourquoi ne pas recouvrir la plage de troube naturelle et bâcher d'une bache noire sur le sable pour éviter que la lumière et le soleil donne l'énergie à la prolifèration et la multiplication excésive de cette algue. Aussi, y mettre deux à trois bâteaux ou plateformes qui filtre l'eau et rejette une eau propre. Au grand maux, aux grands moyens.

gros marché

cettte situation n'est pas prete de s'arrèter car il y à trop d'argents dans cette affaire

A part les agriculteurs et

A part les agriculteurs et leurs engrais et autres pesticides, qui peut être responsable ?...

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

 
 
 
Fermer