Dernière modification : 05/08/2011 

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Un an après leur sauvetage, les mineurs chiliens ont retrouvé leur quotidien

Un an après leur sauvetage, les mineurs chiliens ont retrouvé leur quotidien

Un an après leur spectaculaire et médiatique sauvetage, les 33 mineurs chiliens, emprisonnés à plus de 600 mètres sous terre pendant 69 jours, ont renoué avec leur quotidien. Cependant, sept d'entre eux sont toujours en arrêt maladie.

Par Dépêche (texte)
 

AFP - Ils ont connu l'enfer, puis la célébrité planétaire, ont pris l'avion pour la première fois, reçu des cadeaux de stars du rock, du football, du pape. Mais un an après leur calvaire de 69 jours, peu des 33 mineurs miraculés d'Atacama ont renoué le fil d'une vie normale.

Certains animent des conférences-causeries à partir de leur expérience, une poignée est revenue à la mine par nécessité, ou par atavisme.

Quand le sauvetage des "33" donne lieu à un grand show médiatique

Mais la plupart enchaînent les petits boulots: mécanique, bâtiment, vente sur les marchés et sont sans emploi stable.

Sept des miraculés de la mine de San Jose sont encore en arrêt maladie, sous suivi médical et psychologique. Cauchemars, troubles du sommeil, peur de l'obscurité figurent parmi les symptômes. Le benjamin du groupe Jimmy Sanchez (20 ans), ou Jose Ojeda, 47 ans, sont parmi les plus affectés.

"Pour certains, il est encore pénible de se souvenir, ils souffrent", explique à l'AFP le mineur Luis Urzua, qui fut chef de quart des 33 au moment de l'accident le 5 août, et le dernier à sortir de la mine, le 13 octobre, lors du spectaculaire sauvetage suivi par le monde entier.

"Nous n'avons pas tous la même capacité à nous remettre", dit-il.

Le médecin de l'Association chilienne de sécurité (organisme de médecine du travail) chargé du suivi des mineurs, assure que la plupart de ceux qui ne sont plus en arrêt-maladie mène "une vie normale, et sont traités chez eux pour un quelconque trouble".

Une forme de normalité est revenue: les invitations et l'attention dévorantes des premiers mois, qui vit les mineurs visiter jusqu'à 14 pays, pour un show aux Etats-Unis, une télévision en Espagne, un match de football en Angleterre, un pèlerinage en Terre Sainte, est retombée depuis de longs mois.

Seuls quelques uns, comme Edison Pena, le "fan d'Elvis", ou Mario Sepulveda "l'extraverti" ont exploité cette veine au mieux, et sont encore régulièrement sollicité à l'étranger. Sepulveda a un agent aux Etats-Unis, Pena était fin juillet l'invité d'un festival de fans d'Elvis Presley au Canada.

"Je m'en suis super bien sorti, expliquait récemment à l'AFP Sepulveda. Parce que je suis un monstre de travail, et je sais qu'il faut savoir profiter des circonstances de la vie".

Plusieurs mineurs continuent de parler, parler de leur cauchemar souterrain: de ce qui les fit tenir, des vertus de la solidarité, de la foi, et... de la sécurité au travail, dont la mine San Jose fut un tragique contre-exemple.

M. Urzua, Omar Reygadas, Claudio Yanez, Jorge Galleguillos sont parmi une demi-douzaine qui vivent en partie de conférences-causeries, le plus souvent dans un cadre d'entreprises privées.

Mais la subsistance stable reste un souci pour la plupart des 33, à mesure que sont sont éteintes les indemnités-maladie pour les valides, et l'argent offert par un excentrique magnat minier, Leonardo Farkas (l'équivalent de 7.500 euros par mineur, plus une petite moto).

Quatorze d'entre eux ont demandé une retraite anticipée.

Mais tous ont aussi au feu une ou des actions en justice: une demande d'indemnité de 12 millions de dollars au total contre les propriétaires de la mine, et une autre contre l'Etat chilien pour négligence, pour laquelle ils réclament quelque 540.000 dollars (380.000 euros) chacun.

Judiciaire, médicale ou médiatique, la fin de l'incroyable épopée des "33" n'est pas encore écrite.

Des films sont en préparation, de nouveaux livres doivent être publiés, cette fois avec confidences des mineurs eux-mêmes, confidences aux droits protégés par une société anonyme qu'ils ont fondée.

Un an après, ces bribes de souvenirs devraient encore fasciner.

"L'histoire a rassemblé le monde entier, qui n'a pas l'habitude de ce genre de choses heureuses", analyse Urzua.

Chili : 69 jours d'angoisse
Mine d'or et de cuivre de Copiapo (à 40 km de San José), dans le désert de l'Atacama, à 800 km au nord de Santiago. (Crédit photo : AFP)
5 août : un éboulement piège 33 mineurs, 32 Chiliens et un Bolivien, à 700 mètres sous terre. (Crédit photo : AFP)
Les mineurs disparus parviennent à faire passer un message griffonné sur un bout de papier: "Nous allons bien, les trente-trois, dans le refuge." À l'extérieur, c'est le soulagement pour les familles. (Crédit photo : AFP)
26 août : ces images, les premières montrant les 33 survivants, font le tour du monde. Les mineurs se sont filmés grâce à une caméra descendue par un trou percé jusqu'à eux. (Crédit photo : AFP)
Les mineurs ont trouvé refuge dans une zone-abri souterraine d'environ 1,5 km de long. Ils ont survécu en buvant de l'eau de ruissellement, s'octroyant deux bouchées de thon en boîte et un demi-verre de lait tous les deux jours. (Crédit photo : AFP)
30 août : début du percement d'un puits de secours. Un conduit de 33 centimètres de diamètre doit d'abord servir de test, puis être élargi à 66 centimètres. (Crédit photo : AFP)
9 octobre : un puits de secours, dit "plan B", atteint les mineurs à 622 mètres de profondeur. Leur sauvetage n'est plus qu'une question de jours. (Crédit photo : AFP)
À l'air libre, dans le camp baptisé "Espoir", familles, journalistes et curieux attendent avec impatience la libération imminente des "33", sous des tentes de fortune. (Crédit photo : AFP)
Juan Illanes, 51 ans, est le troisième mineur sauvé après 69 jours passés sous terre. Dès sa sortie, il est transféré vers un hôpital pour y subir les premiers examens. (Crédit photo : Flickr, Hugo Infante)
Juan Illanes, le troisième mineur sauvé, embrasse le président Sebastian Piñera. (Crédit photo : Flickr, Hugo Infante)
Mario Sepulveda, 39 ans, le deuxième mineur remonté sain et sauf, salue les équipes de sauvetage et les caméras de télévision. (Crédit photo : Flickr, Hugo Infante)
Mario Sepulveda s'offre un petit bain de foule avant de rejoindre l'hôpital pour y subir les premiers examens. (Crédit photo : Flickr, Hugo Infante)
Émus et heureux, le ministre des Mines, Laurence Golborne et le président chilien Sebastian Piñera, en assistant au sauvetage des premiers mineurs. (Crédit photo : Flickr, Hugo Infante)
Jimmy Sanchez, 19 ans, est le cinquième mineur remonté par la nacelle de sauvetage. (Crédit photo : Flickr, Hugo Infante)
Carlos Mamani, 23 ans, est le quatrième mineur sauvé. (Crédit photo : Flickr, Hugo Infante)
Mario Gomez, 59 ans, est le plus âgé des 33 mineurs sauvés ce mercredi. (Crédit photo : Flickr, Hugo Infante)
Jorge Galleguillos, l'un des mineurs sauvés, enlace le président bolivien Evo Morales, qui a fait le déplacement pour assister au sauvetage des "33". (Crédit photo : Flickr, Hugo Infante)
    Commentaires (1)

    que Dieu aide tous les hommes de bonne volonté

    un bon exemple d'Humanité. Dieu, ce peut être votre concience...à ce moment là,il est en permanence autour de vous.

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