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FRANCE

La police a saisi l'arme du crime des deux étudiantes françaises

Vidéo par Cécile GALLUCCIO

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/08/2011

Six habitants de Salta ont été arrêtés samedi dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat des deux Françaises au nord de l'Argentine. Les familles de Houria Moumni et Cassandre Bouvier sont rentrées à Paris samedi.

AFP - La police a saisi samedi l'arme avec laquelle ont été assassinées en juillet deux touristes françaises dans une réserve naturelle de la province de Salta (nord de l'Argentine) et arrêté six personnes au cours de la journée, a-t-on appris samedi soir de sources judiciaires.

Au total, sept personnes, tous originaires de la région, ont jusqu'à présent été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Houria Moumni, 24 ans, et Cassandre Bouvier, 29 ans.

Un homme, Daniel Vilte, avait été arrêté mardi, soupçonné d'être impliqué dans l'achat de l'arme de calibre 22 qui aurait été utilisée contre les deux étudiantes françaises.

"L'arme de calibre 22 a été saisie dans la maison d'un voisin d'une des six personnes arrêtées samedi. Celle-ci a indiqué l'endroit où l'arme était dissimulée", a déclaré à l'AFP Marcelo Baez, porte-parole du parquet.

Au cours de la journée, la police a procédé à une série de perquisitions à Salta et dans la localité voisine de San Lorenzo, non loin de l'endroit où ont été découverts les corps des deux jeunes Françaises le 29 juillet dans la réserve naturelle de la Quebrada.

Ces opérations ont permis l'arrestation dans la matinée de quatre personnes --trois hommes et une femme-- qui seront présentées à la justice lundi, a indiqué à Salta le juge Martin Perez, chargé du dossier.

"En même temps que les arrestations, des preuves matérielles ont été saisies" et sont "considérées comme importantes pour l'enquête", a indiqué le parquet dans un communiqué.

"Le juge Martin Perez a inculpé les quatre personnes arrêtées samedi", a précisé à Salta une source judiciaire ayant requis l'anonymat.

Cette source a indiqué que les quatre personnes arrêtées "sont jeunes" et que figure parmi elles "la fille d'un ancien commissaire à la retraite ainsi qu'un aspirant policier".

Leurs noms et âges exacts n'ont pas été communiqués.

Durant les perquisitions effectuées samedi matin, "un appareil photo et les téléphones portables" de Houria Moumni, 24 ans, et Cassandre Bouvier, 29 ans, ont été découverts, a encore dit cette source.

"Il y avait des photographies d'elles dans l'appareil photo", a-t-elle ajouté.

Toujours selon cette source, le témoignage du chauffeur de la voiture de location qui avait transporté les deux jeunes touristes le 15 juillet, date à laquelle elles ont été vues pour la dernière fois, a permis ces arrestations.

"Tous (ceux qui ont été arrêtés) sont des habitants de Salta", ville située à 1.600 km au nord de Buenos Aires et à 12 kilomètres de la réserve naturelle où les deux jeunes femmes ont été tuées, a par ailleurs déclaré le juge à la radio argentine Mitre, en assurant disposer "d'éléments de preuve importants".

Selon la presse locale, qui cite des sources proches de l'enquête, ce sont des appels réalisés avec les téléphones portables de Houria Moumni et Cassandre Bouvier qui ont mené aux arrestations.

Un policier âgé de 24 ans, son épouse et son beau-père âgé de 44 ans figurent parmi les personnes arrêtées, selon le site internet de El Tribuno de Salta qui cite des sources proches de l'enquête.

Les expertises médico-légales pour déterminer la date de l'assassinat des deux Françaises seront connues d'ici dix jours, a déclaré un enquêteur.

Le juge Martin Perez a transmis vendredi à la Faculté de biochimie de l'Université d'Etat de Buenos Aires les traces d'ADN prélevées sur les corps des victimes pour d'éventuelles comparaisons, a indiqué le parquet.

Les corps d'Houria Moumni et Cassandre Bouvier avaient été découverts le 29 juillet par des randonneurs.

Selon les enquêteurs, Cassandre Bouvier a été victime d'un viol avant d'être tuée d'une balle dans le front.

Houria Moumni a quant à elle résisté à une tentative de viol et a tenté de s'échapper, mais elle est tombée et a reçu une balle dans le dos. Elle a agonisé plusieurs heures avant de succomber.

Pour l'instant, on ignore tout des deux semaines qu'elles ont passées sur les sentiers du site, ainsi que la date exacte de leur décès, un élément clé, selon les enquêteurs, pour savoir si elles ont été séquestrées avant les meurtres.

A Paris, une information judiciaire pour "séquestration, assassinats et viols" a été ouverte vendredi pour permettre aux familles des deux étudiantes tuées de suivre les résultats des examens et des investigations menées en Argentine. Le juge Patrick Ramaël a été désigné pour superviser cette enquête.

Les corps des deux victimes ont été transférés vendredi soir de Salta à Buenos Aires, en attendant leur rapatriement en France. Le seul vol direct quotidien de la compagnie Air France entre Buenos Aires et Paris a quitté l'aéroport international de Ezeiza samedi à 17H23 locales (20H23 GMT) avec une vingtaine de minutes de retard sur l'horaire prévu. Aucune confirmation de la présence à bord des cercueils des deux jeunes touristes n'a pu être obtenue.

De mardi à vendredi, des proches des deux Françaises ont séjourné à Salta, où ils ont identifié les corps. Ils se sont rendus sur les lieux présumés du crime et se sont entretenus avec les autorités provinciales et judiciaires avant de rentrer samedi à Paris.

Première publication : 06/08/2011

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