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La baisse de la note des États-Unis risque d'accroître leur dette
L’agence de notation Standard & Poor’s a transformé le triple A, attribué depuis la création de cette agence en 1941 aux finances publiques américaines, en un AA+. Quelles sont les conséquences immédiates de la perte du "AAA" américain ?
Jamais, depuis que leur dette souveraine est appréciée par des agences de notation, les États-Unis n’avaient perdu leur prestigieuse note "AAA", qui permettait aux investisseurs d’acheter de la dette américaine et de s'en assurer le remboursement à terme.
Mais vendredi soir, l'une des trois plus influentes agences d'évaluation financière, Standard & Poor's (S&P) a abaissé la note d'excellence de la dette souveraine des États-Unis de AAA à AA+, invoquant les "risques politiques" pesant sur l’éventuelle réduction des déficits du pays.
Pour l'heure, S&P ne pense pas que les États-Unis retrouveront ce statut tant convoité. L'agence relève la contradiction insoluble entre l'attachement des démocrates au financement de la protection sociale et la fermeté des républicains à refuser toute hausse de l’impôt pour les plus riches.
Une hausse des taux d’intérêt et une dette plus difficile à financer
Le 29 juillet dernier, alors que le Congrès américain tentait de trouver un accord sur le relèvement du plafond de la dette américaine, le président Barack Obama avait envisagé le scénario suivant : "Si nous perdons le AAA, (…) cela provoquera une hausse des taux d'intérêt, ce qui aurait les mêmes effets qu'une hausse d'impôts pour tous les Américains".
Il est en effet probable que le coût du crédit pour les consommateurs aux États-Unis augmente, les taux d’intérêt pratiqués par les banques sont directement liés aux revenus des obligations du Trésor américain. La notation des agences aura une incidence sur le taux d’intérêt qui s’appliquera aux obligations émises par l’État fédéral. Plus la note est élevée, plus le taux d’intérêt est faible dans la mesure où ce produit financier est alors considéré comme peu risqué. Selon S&P, la perte du AAA pourrait provoquer entre 0,25 et 0,50 % de hausse du coût de l'emprunt aux États-Unis.
La hausse des taux d’intérêt des bons du Trésor augmenterait la charge de la dette, soit le montant des intérêts à verser, inscrit au budget de l’État fédéral. Pour un pays moins puissant que les États-Unis, cela entraînerait la baisse de la confiance des investisseurs, ainsi qu'une plus grande difficulté à lever des fonds, puis le risque d’un défaut de paiement voire la faillite. Mais les États-Unis, première économie mondiale et maîtres de la monnaie de réserve internationale, semblent à l’abri, bien que le financement de leur dette s'annonce plus compliqué... ou plus onéreux. "Les bons du Trésor américains vont rester une benchmark [une référence sur les marchés des taux, NDLR]", explique Ciaran O'Hagan, stratégiste à la Société générale.
Réévaluation des risques
Pékin, premier créancier des États-Unis, a très rapidement réagi après l’abaissement de la note de la dette américaine. "Les jours où l’oncle Sam, perclus de dettes, pouvait facilement dilapider des quantités infinies d’emprunts de l’étranger sont désormais comptés", affirme un communiqué de l'agence officielle Chine Nouvelle publié samedi. La Chine, qui détenait en mai quelque 1 160 milliards de dollars de bons du Trésor américains, "a désormais tous les droits d'exiger des États-Unis qu'ils s'attaquent à leur problème structurel de dette".
Les autres créanciers ont répondu de manière plus mesurée. Le Japon, deuxième détenteur mondial de la dette américaine, a réaffirmé sa "confiance" envers les bons du Trésor américain. "Leur attractivité comme investissement ne changera pas à cause de cette action", a déclaré samedi un responsable gouvernemental japonais à Dow Jones Newswires.
La France a été le premier pays européen à se manifester par la voix de François Baroin. Paris "a une totale confiance dans la solidité de l'économie américaine", a assuré le ministre français de l’Économie à l’AFP.
L’heure n’est donc pas pour l’instant à la panique mais plutôt à la réévaluation des risques chez les investisseurs et les créanciers. Reste que la perspective de la note "AA+" attribuée par Standard & Poor’s est négative, ce qui signifie que lors d’une prochaine notation, les États-Unis pourraient encore descendre d’un cran soit "AA".



























Commentaires (3)
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Je dois 10€ à un créancier, celui-ci m'annonce qu'il veut bien me préter 10€ à condition d'en rendre 12€ le moi d'après. Ainsi, je rembourse ma dette en l'ayant élargit de 2€. Il est évident que je ne pourrais remboursé, mais c'est pas grave, le moi d'après je ferai un crédit de 12€ pour devoir en rembourser 15€... Ce monde tourne à l'envers, tant que des pays acceptent ce type d'usurie, nous somme pas prets d'évoluer et ce n'est pas en soutenant l'économie américaine actuelle qu'on pensera autrement l'économie.
-> Paris "a une totale confiance dans la solidité de l'économie américaine"??? Mr le ministre de l'économie a peut être déjà digérer la crise, mais c'est pas le cas de tout le monde.
dettes des pays que les peuples exigent !!
Dettes de tous les pays exponentielles, notes des agences de notation, n'auront qu'un conséquence : l'appauvrissement des peuples de tous les pays. Toute notre économie est basée sur les bourses, investissements, retour sur les actionnaires sans aucune considération des besoins réels des populations. Et cette réalité saute au yeux du monde : des peuples meurent de faim pendant qu'une minorité se gavent pour des générations; pire : sous la bannière d'une pseudo démocratisation on fait la guerre, on tue pour imposer les exigences d'un capitalisme salvateur... Depuis plus d'un siècle les mêmes causes produisent les mêmes effets : la loi du plus fort par la guerre si besoin est. Êtres de tous les pays, exigez un autre avenir. Le capitalisme prôné indépassable se meurt, exigeons d'autres règles que les circonstances exigent : nationalisation de toutes les banques et organismes financiers, droits à tout être humain d'avoir accès à l'eau, l'énergie indispensables à sa vie. Exigeons la paix et la bonne entente entre tous les pays car la guerre est consubstantielle au capitalisme. Voilà les seules conditions pour construire un avenir meilleur. Mais, chacun le veut-il ? Sinon, tant pis pour tous, nous ne méritons que l'avenir que nous saurons exiger. Il est temps de se lever et prendre en charge nos exigences et surtout interdire à d'autres les droits de construire notre propre avenir. Les révolutions, manifestations, nos votes sont nos seuls outils que nous devons utiliser.
dégradation cote de crédit
La perte de la cote de crédit triple A pour les USA me semble réaliste. Une partie de la valeur du dollar est basée sur l’extraordinaire puissance américaine, et une partie est basée sur du « rêve ». À mesure que le temps passe, la partie basée sur une appréciation idéaliste de la valeur du dollar prend de plus en plus d’importance. Le monde est maintenant en droit de demander un changement dans la monnaie d’échange internationale. Aussi, la dette américaine découle en partie des sommes importantes versées à la Défense. C’est difficile de réduire ces montants, car la force des USA dépend en grande partie de la puissance de son armée, et de l’influence qu’elle leur permet de jouer dans le monde. Enfin, la France par son aide à la Grèce, me semble devenir plus vulnérable à une dégradation de sa cote de crédit.
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