Dernière modification : 08/12/2011 

- Crise économique - Crise financière - Dette souveraine - Économie américaine - États-Unis


"Washington sera contraint de prendre des mesures brutales"

À la surprise générale, l’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé ce week end la note souveraine des États-Unis de AAA à AA+. Quelles seront les conséquences d'une telle décision ? Réponse avec l'économiste Bernard Aybran.

Par Axelle SIMON (vidéo)
Charlotte BOITIAUX (texte)
 

Coup de tonnerre sur les États-Unis. Dans la nuit de vendredi à samedi, l’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé la note souveraine américaine de "AAA" à "AA+", justifiant sa décision par le fait que le programme voté par le Congrès pour rééquilibrer les finances publiques est "insuffisant pour stabiliser la dette des États-Unis à moyen terme". Une première pour le pays, qui bénéficiait de la meilleure note possible depuis la création de S&P, en 1941...

La nouvelle n'a pas tardé à plonger la planète finance "dans l’inconnu", explique Bernard Aybran, spécialiste économique et directeur de Multigestion Invesco Asset Management, l'un des plus importants gestionnaires d'actifs mondiaux. Au regard de la place des États-Unis dans l'économie mondiale - le dollar étant la principale monnaie de réserve de change, il est considéré comme une valeur refuge -, l'abaissement de leur note pourrait en effet avoir des effets dévastateurs, selon l’expert. Décryptage.

La France menacée ?

Une dégradation de la note souveraine de la France aurait des conséquences catastrophiques sur l'ensemble de la zone euro, dont la stabilité est déjà menacée par une crise de la dette.

"Toutefois, il n'y a pas d'inquiétude à avoir à court et à moyen terme, explique Jean-Michel Six, économiste en chef à l'agence Standard & Poor's pour l'Europe. La note triple A de la dette souveraine française est stable", a-t-il déclaré dimanche au micro de la radio France Inter.

FRANCE 24 - Quel est le sens de l'abaissement de la note américaine ?

Bernard Aybran : Quand la note de la dette des États-Unis baisse, cela signifie qu'il y a un risque, pour leurs créanciers, de ne pas être remboursés. Ceux-ci vont donc leur appliquer un taux d'intérêt plus fort. La première conséquence en sera une augmentation du coût de la dette, car les États-Unis paieront plus cher leur endettement.

À l'inverse, plus la note d'un pays est élevée, plus le taux d’intérêt qui lui est appliqué est faible. Ainsi, si prêter de l’argent à un pays noté "AAA" ne comporte aucun risque, les investisseurs seront plus frileux à prêter de l’argent à une nation notée "AA +". Mais, pour Washington, le coup est d’autant plus dur que la note souveraine des États-Unis est assortie d’une perspective négative, ce qui signifie qu'à moyen terme S&P pourrait à nouveau baisser leur note.

Quelles conséquences aura la décision de S&P sur les ménages américains ?

B.A. : Les ménages américains ne seront pas épargnés à court terme. Si les taux d'intérêt appliqués aux États-Unis montent, une spirale de baisse de la consommation se met en marche : leur hausse entraîne, à son tour, une augmentation du coût du crédit. Or, la consommation des ménages américains repose essentiellement sur le crédit...

De plus, Washington devra rapidement faire des économies. Il n’est pas impossible que le gouvernement supprime, par exemple, le remboursement de certains frais médicaux, allège la présence de policiers dans les rues, ou supprime les bons d’alimentation dont dépendent quelque 40 millions d’Américains… Les États-Unis peuvent être contraints de prendre des mesures radicales brutales pour faire des économies.

Pourquoi la Chine est-elle dans l’embarras ?

B.A. : La Chine est le pays le plus ennuyé par la baisse de la note souveraine des États-Unis, car Pékin est le plus gros porteur d'obligations américaines. La Chine est le premier prêteur de Washington : elle détient quelque 1160 milliards de dollars en bons du Trésor.

Toutefois, la Chine est pieds et poings liés. Elle ne peut prendre le risque de vendre les bons du Trésor qu’elle possède, car une telle décision provoquerait un effondrement des cours et une panique des marchés avec des conséquences internationales dramatiques.

Quelles sont les conséquences, à moyen terme, de l'abaissement de la note américaine sur les économies européennes ?

B.A. : Il y a un risque d’effet domino. La perte du triple A par les États-Unis est susceptible de déstabiliser toute l’économie mondiale, qui fonctionne sur le principe de confiance. Si un pays comme les États-Unis n’est plus sûr, les autres pays peuvent paniquer. L’abaissement de leur note peut faire craindre la dégradation de la note d'autres pays.

En Italie et en Espagne, où les notes sont déjà dégradées ("A+" pour le premier, "AA" pour le second), les tensions montent. C’est un cercle vicieux. Plus les États-Unis vacillent, plus il y a un regain de défiance, et plus il y a un regain de défiance, plus les taux d’intérêt augmentent.

Menace sur la zone euro

Commentaires (10)

la dette au dollar

je suis scandaliser, baisser le salaire des politiques prenez de l'argent a celui qui en a beaucoup mais arréter de vous attaquez a la secu et au pauvres laissez les vivre avec le peu qu'ils ont obama et son équipe n'est pas apte a gérez son pays,il est de son devoir de citoyen américain de montre l'exemple de faire responsabiliser tout les haut salaire de l'état de réagir en conséquence pour résorber la crise et je dit cela aussi pour le monde entier car eux aussi sont ou seront dans la méme galère

Qui se cache dérière le paravent de S&P

Que les marchés soient à la hausse ou à la baisse, cela n’a pas beaucoup d’importance pour les gros spéculateurs boursiers. Ce qui importe, c’est d’avoir de la volatilité dans les prix, donc de pouvoir capitaliser sur la variation des cours. Dans la perspective d’une reprise lente, où les marchés sont insécures, il n’y a pas énormément de jeu vers le haut. Par contre, il est facile de créer de la volatilité en profitant justement du facteur d’insécurité. Pour ce faire, il s’agit de monter une campagne médiatique et d’instiller un climat d’incertitude à travers les marchés.

Par ailleurs, lorsqu’il est question des dettes souveraines, les nations ne peuvent faire faillite comme les individus. Généralement, les pays vont honorer leurs engagements en vendant leurs biens nationaux, en privatisant des services ou des sociétés d’État. C’est alors l’occasion pour les gros conglomérats de mettre la main sur ces actifs vendus à rabais. C’est ce qui arrive actuellement en Grèce. De plus, les pays vont devoir couper éventuellement dans leurs structures de régulation : cours de justice, cours des comptes, autorité des marchés financiers, agences environnementales, protection du consommateur et du citoyen, etc. À long terme, cela va profiter encore aux compagnies sans scrupules.

Évidemment, lorsque des pays voient leurs dettes souveraines décotées, alors les taux d’intérêts de ces mêmes dettes montent inévitablement. D’une manière ou d’une autre, ce sont les citoyens qui vont payer la différence, et ce sont les créanciers qui vont empocher. Ainsi, même si il y a une crise importante, les gros conglomérats vont améliorer leurs profits, et ce : autant avec les actions qu’avec les obligations. Les États, eux, vont perdre progressivement leurs souverainetés, en étant asservis à leurs propres dettes.

Cela dit, je me pose des questions : pourquoi observe-t-on cet empressement de la part de Standard and Poor’s ? Pourquoi cette sorte d’escalade dans les déclarations, cette stratégie de synchroniser les annonces pour décourager les solutions ? Pourquoi tout ce battage médiatique focalisé sur les pays occidentaux, alors que les problèmes, d’un pays à l’autre, sont différents et doivent se régler au cas par cas ? Pourquoi tous les problèmes de dette nationale se précipitent-ils justement maintenant, précisément lorsque la reprise est vacillante, puisque généralement ces questions se déploient et se résolvent sur des années ?

Étant donné l’importance des agences de notation dans l’économie mondiale ; étant donné qu’elles sont peu nombreuses et réunissent seulement une poignée d’acteurs clefs ; étant donné qu’elles sont elles-mêmes des compagnies dont les actions sont détenues par des gros conglomérats : ce pourrait-il que ces compagnies aient été corrompues, détournées de leurs missions originelles pour favoriser certains objectifs, notamment ceux du Bildenberg et de la Commission Trilatérale ?

les finance américaine

LE PEUPLE AMÉRICAIN A TOUJOURS EU UN SEUL IDÉAL (S`ENRÉCHIR),QU`INPORTE LE MOYEN, UN RÊVE QUE SES DIRIGENTS ONT ENTRETENUE,PAR TOUT LES MOYENS(SURTOUT LE CIMÉMA).LA PAUVRETÉ A TOUJOURS ÉTÉ DES PLUS DÉMUNIS IGNORER ET CACHER PAR LES DIRIGENTS POLITIQUE DE CETTE NATION.LA RICHESSE EST PROPRIÉTÉ DE MULTINATIONAL OU DE QUELQUE FAMILLE QUI ONT EU PAR LEUR CHANGE RÉUSIR A SANS RÉCHIRRE AU BON MOMENT.QUI DOMINE ENCORE LES DÉCIDEURS (FINANCIERS,LES agences de cotations diriger par des individus lier aux pouvoir politique qui pour Être élue prenne facilement leur argent.la pauvreté de millions de leur citoyens ne semble les préoccuper que lâ.Cote de crédit abaisser

...

C'est vraiment irresponsable de la part de S&P, à quand une agence européenne indépendante?

manipulation

preparer vous a la crise mondiale certain ouevre pour le mal et malheureusement il sont au commande a quand la nouvelle monnaie mondial??? ou tout les pauvre qui on un petit capital perderont leur slip et apres la guerre mondiale le kaos

Complicité de vie à crédit

Les USA vivent et font la guerre depuis de nombreuses années avec le financement d'investisseur. C'est le cas, entre-autre, de la Chine. Un pays a-t-il de droit de se mettre en position de faiblesse ou dans l'embarras vis-à-vis de sa population ? Que penser de celui qui prête € 100.- et en reçois 40.- en remboursement? Cherchez pas trop, cela à un nom. Mais celui qui en redemande en a un encore plus gras. Est-ce que la leçon servira ? C'est aussi cela le futur du business mondial.

agences

Les arguments qu'avancent les agences de notations pour baisser la note d'un pays a plus l'air d'une prophétie que de faits économiques réels, comment se fait-il que ces agences font trembler les états? où étaient elles et que faisaient elles jusqu’à présent? On est en droit de se poser des questions... et d'obtenir des réponses.

Chine

Certaines agences de notation chinoises sont bien plus sévères que ça et note aussi la France en AA+. En effet Standard & Poor créait la surprise, mais ce AA+ n'est peut être pas sans fondement.. je dirai même qu'il aurait du apparaitre plus tôt pour de nombreux pays si l'on était totalement logique.

Cela dit être logique ne veut pas forcément dire soutenir le système et l'économie.. La question que je me pose est plutôt: pourquoi contrairement à ses semblables, S&P met il en danger le système?

Et si l'on inversait la question

Comment se fait-il que l'agence chinoise est baissée sa note confiance alors qu'elle est la principale perdante. Quelle a été la pression politique pour retarder ce que tout le monde disait tout bas. Pour information : des placements de banques interdisaient des placements US à des institutionnelles depuis 1 ans et estimait l'euro encore plus bas que ce qu'il est aujourd'hui. Vouloir donner confiance n'est pas cacher la réalité.

s p

il y a des questions à se poser sur l'intégrité morale des dirigeants de standard and poors? ne sont ils pas du parti republicain? dans quel intérêt agissent ils? leur calcul sont ils fiables?

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