Dernière modification : 10/08/2011 

- Égypte - Ramadan


Au Caire, les étudiants se mobilisent pour servir un "iftar" aux plus démunis

Au Caire, les étudiants se mobilisent pour servir un "iftar" aux plus démunis

Au Caire, Abdallah el-Daour et Mohamed Mohsen, étudiants à l'Université américaine de la ville, ont décidé de servir "l'iftar" - repas pris chaque soir lors de la rupture du jeûne - aux enfants des rues ainsi qu'aux travailleurs démunis. Reportage.

Par Sonia DRIDI (texte)
 

C'est aux enfants des rues et aux travailleurs déshérités qu'ils ont décidé de servir l'iftar, le repas du soir consécutif à la rupture du jeûne. Abdallah el-Daour et Mohamed Mohsen sont étudiants à l'Université américaine du Caire, dont les bâtiments, anciens, sont situés près de la place Tahrir. Ils font partie d'une association d'étudiants qui organise des iftars depuis une dizaine d'années - à l'attention des plus démunis.

Le projet est appelé  "'Ma'eda" (grande tablée en arabe). Abdallah, 20 ans, étudiant en ingénierie mécanique, est cette année responsable de l'organisation. "Dans notre religion, c'est une très bonne chose de servir l'iftar à ceux qui jeûnent, surtout lorsqu'ils n'ont pas les moyens suffisants." Mohamed, étudiant en économie, ajoute : "Nous servons de la nourriture à ceux qui ont le moins de chances d'avoir du travail : les personnes les plus âgées, ceux qui ont des problèmes de santé."

Des journées passées sous un soleil de plomb

Devant l'un des bâtiments de l'université, des dizaines d'hommes sont regroupés et attendent impatiemment les sacs de repas, après avoir passé de longues heures sans boire ni manger, sous le soleil de plomb du Caire. Certains passent leurs journées à vendre des paquets de mouchoirs, souvent à la fenêtre des automobilistes, d'autres nettoient les rues.

Selon Mohamed, les gens du quartier connaissent cette pratique mise en oeuvre pendant le mois de ramadan depuis des années. Certains viennent même d'autres quartiers pour en bénéficier.

Le jour de notre présence, quelques enfants des rues se mêlent à ces dizaines d'hommes et de vieillards. Mohamed, sourd et muet, se régale aux côtés de ses amis avec, en guise de table, le capot d'une voiture. Un peu plus tard, il distribue gaiement des chaises à ceux qui sont encore debout avant de se joindre aux plus anciens, installés sur la rangée de tables.

Un restaurant sélectionné pour la qualité de sa nourriture

Les étudiants de l'Université américaine ont démarché auprès de plusieurs restaurants, quelques jours avant le début du mois du Ramadan, pour choisir un établissement partenaire. Les jeunes hommes, consciencieux, ont comparé la qualité de la nourriture, sa cuisson et le prix des aliments avant de choisir le restaurant qui leur fournirait les repas. Ils se sont mis d'accord sur un petit établissement du centre-ville, à l'allure modeste mais servant de la nourriture de bonne qualité. Les menus sont toujours équilibrés : ni "fast food' ni "kochari" (plat traditionnel local à base de féculents).

Au menu ce samedi soir : salade, poulet, riz et légumes. Les portions sont accompagnées des traditionnelles boissons du ramadan : "Amar el-Din" , du jus d'abricot, ou encore le "Tamr Hindi", une boisson à base de pâte de tamarin. Le groupe d'étudiant sert 85 repas les soirs du ramadan. Chacun coûte 15 livres (2 euros), ce qui inclut la location des tables et des chaises.

Le système D pour palier au manque de financement

Cette année, le financement a été difficile. En effet, la situation économique est critique depuis la révolution du 25 janvier. Les donations se font donc beaucoup plus rares. Par conséquent, et ce pour la première fois depuis des années, les étudiants manquent de fonds pour la dernière semaine du ramadan. Ils font donc de la publicité sur leur page Facebook et n'hésitent pas à solliciter leurs amis et leurs familles.

Il y a quelques jours, Abdallah a profité d'un iftar chez sa grand-mère pour solliciter les 45 personnes invitées. L'étudiant a récolté suffisamment d'argent pour financer deux jours de repas. Toujours ça de pris...

DIAPORAMA
À l'heure de l'iftar, ces hommes attendent impatiemment les sacs de repas devant l'un des bâtiments de l'Université américaine du Caire. (Crédit : Sonia Dridi/France 24)
Mohamed et ses amis, enfants des rues, rompent le jeûne du ramadan. (Crédit : Sonia Dridi/France 24)
Mohamed avec son repas du soir. (Crédit : Sonia Dridi/France 24)
Abdullah el-Daour, chef du projet, discute avec d'autres étudiants de l'organisation de l'iftar. Ici, ils essaient de régler le problème du manque de chaises. (Crédit : Sonia Dridi/France 24)
Mohamed Mohsen (en rouge), Abdullah el-Daour et Mohamed, aux côtés des hommes du quartier pendant le repas. (Crédit : Sonia Dridi/France 24)
Deux hommes à table, pour le repas de l'iftar. (Crédit : Sonia Dridi/France 24)
    Commentaires (4)

    ZAKAT-ILFITR

    Si tu invite un ami pour déjeuner chez toi, ou donner de mangers aux pauvre, Pendent le mois de ramadan, on appele ça zakat-fitr, la vous serez Récompenser. Un islam doit donner s'il n'en ai beaucoup.

    Où est le respect des prêtres coptes?

    -Est-ce que c'est de la liberté ou de conscience
    -Comment est arrivé l'auto-inspection
    d'un prêtre copte dans un hôtel en Egypte
    -un Prêtre enlevé ses vêtements
    - Où est le respect des prêtres coptes?
    - Est-il possible que ça se passe à L'un des cheikh des musulmans
    -Était-il possible que les musulmans restent silencieux si
    cela arriver
    -Ceci est une insulte pour le peuple du copte
    -c'est une tentative par des extrémistes musulmans à
    conduire les chrétiens loin de la place el-Tahrir

    Les politiques : Réveillez-vous !

    En 2 jours, 900 Milliards engloutis, perdus en fumée !
    Le pire dans tout celà, c'est que ce n'est pas moins de 900 Milliards d'Euros qui se sont évaporés, en deux jours ( WK du 5 août ).

    Et, face à cela, on tergiverse encore et toujours pour sauver de la famine 12 millions de personnes atteintes par la sécheresse ! Selon les ONG, les fonds à réunir se réduiraient à 1,6 Milliards d’Euros, le tout pour percer des puits, construire des réseaux d’irrigation et acheminer les semences nécessaires pour les récoltes à venir. Et ainsi, avoir la joie et la décence de sauver des millions de vies et d’épargner de terribles souffrances. Tel est, à mon sens, le premier devoir de tout homme qui se respecte !

    Dans ces conditions, comment ne pas lancer un appel au secours à ses familles richissimes, qui exposent chaque année leur patrimoine dans des magasines tels que Fortunes, Challenges et bien d’autres d’ailleurs ! Des hommes et des femmes qui justement, pour certains devraient avoir un peu plus de compassion et un peu moins d’égoïsme pour enfin se décider à apporter ne serait-ce que 2 – 3 % de leur patrimoine à ces millions de miséreux, qui crient aujourd’hui famine ! Ce qui est inouï c’est qu’à titre d’exemple, il suffirait que les familles Pinault, Arnault, Mulliez ou Bettencourt offrent ne serait-ce qu’1/20ième de leur patrimoine pour sauver ces millions de vie !
    Et encore, c’est sans compter les exonérations sur l’IR qui s’élèvent - excusez du peu - à pas moins de 66 % des montants versés, auxquels ils auraient droit ! En définitive, ils n’auraient donc qu’à payer qu’1/3 de ces sommes, dans la limite de 20 % du revenu imposable ! (article 200 et suivants du CGI).
    A quoi vient s'ajouter l''exénonération de droits de succession des dons et legs consentis aux organismes humanitaires ( articles 795,4° et 1040 du CGI).
    Et, cerise sur le gâteau, l'heureux donateur pourrait même utiliser sa société, via ce que l'on qualifie le mécénat d'entreprise, en application de l'article 238 bis ! En retour, un tel don ne manquera pas d'assoir le prestige et donc la marque de sa société, car si des investissements dans les musées et autres activités sont louables, il n'en reste pas moins que sauver des vies est infiniment plus porteur de valeurs et de dignité !!!
    F. Mecheri

    FELICITATIONS

    Je tiens à féliciter nos 2 jeunes étudiants pour leur magnifique initiative, offrir l'Iftar à ceux qui ont vraiment faim. Mais pourquoi devoir toujours organiser des actions qui devraient être spontanées pour l'Homme. Aider même peu mais aider l'Autre pour que chacun vive dans la dignité et le respect .

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