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Economie

Paris, Bruxelles, Rome et Madrid restreignent les ventes à découvert

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/08/2011

C'est un communiqué du régulateur européen des marchés financiers, l'Esam, qui a annoncé que la pratique des ventes à découvert serait soumise à de larges restrictions sur quatre places boursières. Elles sont accusées d'aggraver la chute des valeurs.

REUTERS - Bruxelles, Madrid, Paris et Rome ont décidé jeudi soir d'interdire les ventes à découvert sur les valeurs financières afin d'enrayer la chute et l'extrême volatilité en Bourse des titres des banques et des compagnies de leur pays respectifs.

L'Esam, le régulateur européen des marchés financiers, a annoncé dans un communiqué que l'interdiction des ventes à découvert prendra effet à compter du vendredi 12 août, avec la possibilité le cas échéant d'être prolongée.

La décision des autorités boursières européennes survient vingt-quatre heures après la forte chute des valeurs financières européennes et le plongeon jeudi de près de 15% du titre Société générale plombée par une série de rumeurs, démenties par la banque, sur sa solidité financière.

Les ventes à découvert consistent pour un opérateur de marché à emprunter des titres pour les revendre en espérant les racheter ultérieurement moins cher et empocher la plus-value.

Les ventes à découvert sont accusées d'amplifier les mouvement baissiers sur les marchés et leur interdiction est régulièrement envisagée durant les crises financières.

L'Esma (European securities and market authorities) a aussi dit qu'elle se montrerait ferme envers les manquements aux règles de bon fonctionnement du marchés et encouragera vivement les Etats à empêcher ce type de comportement.

"Les ventes à découvert peuvent être des stratégies de trading conformes aux règles mais elles deviennent clairement abusives quand elles sont associées à de larges et fausses rumeurs de marché", souligne le régulateur.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a dans un communiqué séparé précisé que l'interdiction des ventes à découvert s'appliquait à une liste de 11 valeurs financières françaises.

Cette interdiction s'applique à partir d'aujourd'hui jeudi, depuis 22h45, et s'étendra sur une durée de 15 jours. Elle pourra par la suite être prorogée, a précisé l'AMF.

L'interdiction concerne entre autres Axa <AXAF.PA>, BNP Paribas SA <BNPP.PA>, le Crédit agricole <CAGR.PA> ou encore la Société générale.

Le régulateur boursier belge, qui avait déjà interdit les ventes à découvert à nu, a décidé d'élargir la mesure à toutes les formes de ventes à découvert. Elle porte sur quatre titres financiers, à savoir KBC <KBC.BR>, Ancora <KBCA.BR>, Dexia <DEXI.BR> et Aegas <AGES.BE>.

Les ventes à découvert sont interdites à la Bourse de Bruxelles partir du 12 août, et ce pour une durée indéterminée.

Le régulateur des marchés espagnols, la CNVM, a également déclaré que l'interdiction des ventes à découvert sera effective pendant 15 jours à partir d'aujourd'hui et sera prolongée si nécessaire.

Menace sur la zone euro

"Le contexte d'extrême volatilité des marchés d'actions européens, notamment des valeurs financières, affecte clairement la stabilité des marchés et perturbe leur bon fonctionnement" apprend-on dans un communiqué de la CNVM.

Les valeurs bancaires européennes ont joué jeudi aux montagnes russes avant de clôturer en net rebond après leur décrochage de la veille, des investisseurs profitant toutefois des décotes qu'offre le secteur pour acheter des titres survendus.

Le marché reste toutefois marqué par une extrême nervosité, alimentée par les inquiétudes des investisseurs concernant le refinancement à court terme des banques européennes sur le marché interbancaire.

Première publication : 12/08/2011

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