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EUROPE

L’arrivée d’un "superflic américain" fait grincer des dents les bobbies

Vidéo par Nicolas GERMAIN

Texte par Perrine MOUTERDE

Dernière modification : 14/08/2011

Après les émeutes au Royaume-Uni, le Premier ministre David Cameron a appelé à l'aide William Bratton, un policier américain réputé pour sa stratégie de lutte contre la criminalité urbaine. Une décision critiquée par la police britannique.

Il a drastiquement réduit la criminalité à New York, puis à Los Angeles. Champion de la lutte contre les violences urbaines, c’est en Angleterre, où ont eu lieu la semaine dernière les pires émeutes des dernières décennies, que William Bratton est aujourd’hui appelé à la rescousse.

Le Premier ministre britannique David Cameron a proposé vendredi à cet Américain, ancien chef de la police de New York et de Los Angeles, un poste de consultant pour aider le pays à combattre les gangs et la violence. Mais cette nomination qui suscite de sérieuses réserves au sein de la police britannique.

Une carrière de haut niveau aux États-Unis

Défini comme un "superflic américain" par les médias britanniques, William J. Bratton, 63 ans, débute sa carrière à Boston, dans les années 1970, où il devient le plus jeune n°2 du département. À New York, où il est nommé chef de la police de 1994 à 1996, il développe les fondements de sa stratégie de lutte contre les crimes urbains, qui sera ensuite reprise par de nombreux départements de police à travers les États-Unis.

Il met en œuvre la doctrine de la "tolérance zéro" prônée par le maire de l’époque, Rudolph Giuliani : les délinquants sont punis dès la moindre infraction, pour éviter qu’ils ne passent progressivement de la petite à la grande délinquance, puis au crime.

Grâce à de nouvelles ressources financières, William Bratton renforce les effectifs, embauchant des officiers mieux formés, et améliore la gestion du personnel. "Son approche consiste à inonder les rues avec des officiers immergés dans la vie quotidienne des gens, plutôt que les utiliser seulement pour réagir ou répondre à des évènements spécifiques", résume le New York Times. Son approche est payante, la criminalité commençant alors à baisser à New York.

À compter de sa nomination à la tête de la police de Los Angeles (LAPD), en 2002, la criminalité chute là aussi d’année en année. William Bratton réforme le département et met notamment fin à la culture "Robocop" qui caractérisait le LAPD : il entend faire régner l’ordre, mais en protégeant les droits des citoyens. À Los Angeles comme à New York, il met en œuvre sa règle des "trois C" : constitutionnalité, compassion et consistance.

"Enfin, nous gagnons la guerre contre le crime. Grâce à [William Bratton]", titrait le Time dans les années 1990.

Lorsqu'il quitte Los Angeles en 2009, la criminalité est à son plus bas niveau depuis des décennies et la population soutient très majoritairement la police et son chef, selon le Los Angeles Times. Le nombre de plaintes déposées à l’encontre du LAPD, d'environ 10 000 par an, avait alors drastiquement diminué. Même les organisations de défense des droits de l'Homme affirment regretter son départ. "C’est une terrible perte pour la ville", déclare alors l’Union des libertés civiles américains (ACLU), traditionnel ennemi de la police. 

William J. Bratton est aujourd’hui à la tête de l’agence de sécurité privée Kroll, à New York.

Résoudre la question sociale 

En Angleterre, William Bratton devra faire face à de nouvelles missions : lutter contre la violence urbaine mais aussi rétablir la réputation de la police londonienne - la Metropolitain Police, (Met) ou Scotland Yard -, vivement critiquée pour n’être parvenue à enrayer les violences qu’après quatre nuits d’émeutes. Celle-ci avait déjà été ébranlée mi-juillet par la démission de son chef, Sir Paul Stephenson - la Met étant accusée d’être impliquée dans le scandale des écoutes téléphoniques du tabloïd News of the World. 

Si la nature exacte de son rôle et de son autorité n’a pas été précisée, William Bratton a défini dès samedi les grandes lignes de sa stratégie. Dans une interview à la chaîne américaine ABC, il a estimé que la police britannique devait avant tout travailler à apaiser les tensions raciales, en collaborant davantage avec les leaders communautaires. Autre piste évoquée : l'embauche d'agents issus des minorités ethniques, pour que la police reflète davantage la diversité de la population britannique.

"Les arrestations sont certainement appropriées pour les plus violents, les incorrigibles, mais tant de problèmes peuvent être réglés d'une autre façon. Ce n'est pas juste une question de maintien de l’ordre, c'est en fait une question sociale", a-t-il déclaré.

Mais le premier défi de William Bratton sera sans doute d’un autre ordre : il lui faudra d’abord se faire accepter par les policiers britanniques. Dimanche, le président de l’Association des officiers de police (Apco), Sir Hugh Orde, a de nouveau vivement critiqué la décision du Premier ministre. Sir Hugh Orde est considéré comme le très probable successeur de Sir Paul Stephenson à la tête de Scotland Yard.

Une "claque" pour la police britannique

"Je ne suis pas sûr de vouloir en savoir plus sur les gangs d’une région des États-Unis [Los Angeles, NDLR] qui en compte 400. Il me semble que si vous avez 400 gangs, c’est que vous n’avez pas été très efficace. Le style du maintien de l’ordre aux États-Unis et le niveau de violence sont fondamentalement différents des nôtres", a-t-il déclaré dans The Independent on Sunday, remettant en cause la légitimité de William Bratton.

"Si l’on compare les styles de maintien de l’ordre en Europe […], on s’apercevra que le modèle britannique est sans doute le meilleur", a-t-il ajouté. À la différence de nombre de leurs collègues de par le monde, les policiers britanniques - les "bobbies" - ne sont pas armés.

Déçus par les critiques qui ont suivi les émeutes, d’autres policiers de haut rang ont également exprimé leur scepticisme à l’idée de voir débarquer le "superflic". Ian Hanson, de la Fédération de police du Grand Manchester, a parlé de “claque”, affirmant que le Royaume-Uni n’avait pas besoin de quelqu’un qui vit à “8 000 km d’ici”. "Les Américains n’ont pas réglé les problèmes sociaux à New York. Ils ont mis les gens en prison. C’est comme ça que fonctionne la tolérance zéro. Nous n’avons pas le cœur à faire ça ici", a également critiqué l’ancien chef de Scotland Yard, John O’Connor.

William Bratton, qui a effectué de nombreux séjours au Royaume-Uni au cours des vingt dernières années, semble lui heureux de sa nouvelle mission. Début août, David Cameron a même envisagé de le nommer à la tête de Scotland Yard, avant que la ministre de l’Intérieur Theresa May indique que le poste était réservé aux Britanniques. William Bratton avait alors indiqué qu’il aurait été "honoré" de devenir le chef de la Met, le poste “le plus prestigieux, le plus complexe et le plus stimulant du monde”.

 

Première publication : 14/08/2011

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