Dernière modification : 18/08/2011 

- Hezbollah - Liban - Rafic Hariri


Le TSL dispose d'éléments de preuve "suffisants" pour ouvrir le procès Hariri

Le TSL a publié ce mercredi la totalité de l'acte d'accusation où figurent, en particulier, les éléments nécessaires et "suffisants" pour que s'ouvre le procès de l'affaire Hariri. Quatre membres du Hezbollah sont dans le collimateur du procureur.

Par Ben BARNIER (vidéo)
FRANCE 24 (texte)
 

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a publié, mercredi, la totalité de l'acte d'accusation contre les quatre individus inculpés dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, le 14 février 2005. La juridiction a indiqué que "le procureur avait présenté des éléments de preuve suffisants, de prime abord, pour que soit engagée la phase du procès" sur cet attentat qui a également provoqué la mort de 21 autres personnes à Beyrouth.

"Preuves circonstancielles"
 
Sur le plan de l’enquête - qui se poursuit -, ce document précise que l’accusation repose en grande partie sur "des preuves circonstancielles", représentant plus de 20 000 pages. Et ce sont notamment les relevés des communications téléphoniques (RCT) des téléphones mobiles au Liban qui ont conduit à l’identification, par les enquêteurs, de certaines des personnes soupçonnées d'être responsables de l’attentat. Ce document révèle également, et pour la première fois, les rôles respectifs des quatre accusés dans cet assassinat. Présentés comme des "sympathisants" du Hezbollah par le TSL, leurs identités avaient déjà été dévoilées fin juin.
 
L'acte d'accusation
Selon les enquêteurs, Moustafa Badreddine, 50 ans, "dirigeait l’opération de manière générale". Salim Ayyash, 47 ans, assurait quant à lui, la coordination de l’équipe d’exécution de l’assassinat et a assumé la responsabilité de la réalisation matérielle de l’attentat. Toujours selon le TSL, les deux autres personnes citées, Hussein Anaissi, 37 ans, et Assad Sabra, 34 ans avaient pour tâche d’organiser, au moyen notamment d'une cassette vidéo, une fausse revendication de l'attentat. Objectif : soustraire les vrais auteurs du complot à la justice en désignant de faux coupables.
            
"Les quatre accusés ont joué des rôles importants dans l’attentat du 14 février 2005 et, à ce titre, tous les quatre portent la responsabilité pénale des résultats de l’attentat", est-il écrit dans cet acte d’accusation.
 
L’ombre du Hezbollah
 
Cependant, il n’est nullement question dans l’acte d’accusation des commanditaires de l’assassinat, dont la préparation remonterait au mois de novembre 2004. "Il n’est pas précisé si les quatre hommes ont agi pour le compte du Hezbollah, et s’il ont bénéficié ou non du soutien de la Syrie ou de l’Iran. Toutefois, le procureur souligne que deux des auteurs présumés, Badreddine et Ayyash ont des liens de parenté avec Imad Moughniyé, l’ancien chef militaire et membre fondateur du parti chiite, tué à Damas en février 2008", note Stéphanie Maupas, correspondante de FRANCE 24 à La Haye. Mais selon le TSL, il est "raisonnable de conclure" que ces deux accusés avaient la capacité de commettre l’attentat du 14 février 2005, "compte tenu de leur expérience, de leur formation et de leur appartenance au Hezbollah".
 
Le parti de Hassan Nasrallah a de son côté exclu dès début juillet l'arrestation des quatre suspects qui font l'objet d'une "notice rouge" émise par Interpol, rejetant à l’avance toute décision émanant du TSL, qu’il juge "à la solde des Etats-Unis et d’Israël". L’un des cadres du parti a même récemment qualifié les quatre accusés de "saints".
 
Réagissant à la publication de l’acte d’accusation, le fils de Rafic Hariri, l’ex-Premier ministre Saad Hariri, a appelé le Hezbollah chiite à livrer ses quatre membres. "J'espère (...) que le commandement du Hezbollah et en particulier Hassan Nasrallah va prendre une décision historique (...) et annoncer une coopération totale avec le tribunal international pour que les accusés soient livrés et pour que soit entamé un procès équitable", a-t-il déclaré dans un communiqué.
 
La semaine dernière, les autorités libanaises avaient remis un rapport au TSL expliquant qu'elles n'avaient pas réussi à interpeller les quatre hommes pour leur signifier personnellement les charges pesant contre eux dans le cadre de cette enquête.
 
Les grandes dates de l'affaire Rafic Hariri
14 février 2005 : l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri est tué dans un attentat à Beyrouth. Pointé du doigt et soumis à une intense pression internationale, Damas finira par mettre fin à 29 ans d’occupation militaire, fin avril. (Photo : AFP)
7 avril 2005 : la mort de Rafic Hariri provoque un tollé international. Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 1595 qui crée une Commission d’enquête internationale indépendante. (Photo : AFP)
20 octobre 2005 : dirigée par l'Allemand Detlev Mehlis, la Commission d'enquête fait état de "preuves convergentes" montrant l'implication des services de sécurité libanais et syriens dans l'assassinat de Rafic Hariri. (Photo : AFP)
30 mai 2007 : le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 1757 qui impose la création d'un tribunal international pour juger les assassins de l'ex-Premier ministre libanais. Le 1er mars 2009, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) est créé. (Photo : AFP)
29 avril 2009 : le TSL ordonne la libération de quatre généraux libanais pro-syriens - dont Jamil Sayyed (photo) - détenus au Liban depuis 2005 dans le cadre de l’affaire Hariri, faute de preuves suffisantes de leur culpabilité. (Photo : AFP)
24 mai 2009 : l'hebdomadaire allemand Der Spiegel dévoile une nouvelle hypothèse révélée par des sources du TSL qui pointe vers le Hezbollah. C’est la première fois que la piste du parti chiite est évoquée. (Photo : AFP)
17 janvier 2011 : le procureur du TSL, le Canadien Daniel Bellemare, dépose l’acte d'accusation confidentiel. Le 4 juillet, il invite Hassan Nasrallah à lui transmettre des informations et des documents qui, selon le Hezbollah, impliquent Israël. (Photo : AFP)
30 juin 2011 : le TSL remet à la justice libanaise l’acte d'accusation et quatre mandats d'arrêt à l'encontre de Moustafa Badreddine, Salim Ayyash, Hussein Anaissi et Assad Sabra, tous membres du Hezbollah. (Photo : AFP)
18 août 2011 : le TSL publie la quasi-totalité de l'acte d'accusation contre les quatre membres du Hezbollah accusés de l'assassinat de Rafic Hariri. Le parti chiite voit dans cette initiative un "complot israélo-américain" visant à le détruire. (Photo : AFP)
    Commentaires (3)

    TSL

    Au Liban, nul n'ignore que le TSL est politise, sauf bien sur ceux qui ont des interets avec les etats unis et, qui se donnent le droit d'utiliser les deniers publics comme bon leur semble, comme par hasard ses 60 milliards de dollars de dettes ou ses fausses privatisations qui ont engendre d'autres milliards pour eux seuls et non pour leurs populations,d'ailleurs ce n'est pas le Hezbolla qui les a fait tomber, mais plutot leurs poches lestees par tant de milliards qui les a mis a terre, il ne leurs reste que leur becs pour jacasser et leur oreilles pour entendre les reprimandes de leurs maitres. l'on parle de ce tribunal, qui pendant des annees accusait les syriens et subitement, il "voit" des membres du Hezbolla {surement par des lunettes de la CIA et du Mossad}; Surement,"On"a pense qu'il y "aurait" un soulevement populaire en Syrie, et que le regime tomberait donc il faudrait changer d'"accuse", car le nouveau MOYEN ORIENT est plus important.

    TSL et Hezbollah

    Ou est l'équitable, ou est la justice? Est elle impartiale ou est elle manipulée? Chacun accuse l'autre, et chacun entend selon ses sensibilités et ses appartenances. Il en est ainsi dans la marche du monde.
    Les artisans des pouvoirs revisitent Machiavel à longueur de pages de l'histoire des hommes.
    Nul d'entre nous n'a les moyens de se forger des certitudes. Pour le Liban néanmoins, le Hezbollah,
    pour l'instant montre la main qui caresse. Elle prend soin de cacher dans son dos celle qui s'apprête à étrangler!

    Alors, il reste quoi?

    Alors, il reste quoi? Sactions économiques contre le Liban et son gouvernement nationaliste?

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