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Moyen-orient

Washington et Bruxelles appellent Bachar al-Assad à quitter le pouvoir

Vidéo par Karim LEBHOUR

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/08/2011

Le président américain ainsi que l’Union européenne demandent à Bachar al-Assad de "se retirer" du pouvoir. Washington a également décidé de geler tous les avoirs de Damas aux États-Unis et d'interdire l'importation de pétrole syrien.

AFP - Le président américain Barack Obama et ses alliés occidentaux ont pour la première fois jeudi appelé le président syrien Bachar al-Assad à partir et renforcé les sanctions contre son régime après cinq mois d'une brutale et sanglante répression de la contestation en Syrie.

Dans le même temps, un rapport de l'ONU a dressé un catalogue glaçant de brutalités et violences contre la population civile syrienne qui pourraient relever de "crimes contre l'humanité", et appelé le Conseil de sécurité, qui se réunit jeudi, à envisager de saisir la Cour pénale internationale.

Ces développements sont survenus au moment où M. Assad a annoncé au téléphone au patron de l'ONU Ban Ki-moon, la fin des opérations militaires contre les contestataires selon les Nations unies. Mais une ONG syrienne a affirmé que les opérations de perquisitions et d'arrestations se poursuivaient.

Les appels au départ de M. Assad, conjugués à de nouvelles sanctions économiques, ont été lancés quasi-simultanément par M. Obama, ses alliés français, allemand et britannique et l'Union européenne, le régime syrien étant resté sourd aux demandes de cesser sa répression sanglante.

C'est la première fois que les Etats-Unis appellent explicitement au départ de M. Assad, dont le régime tente depuis le 15 mars de mater le mouvement de contestation en envoyant son armée et ses chars dans de nombreuses villes, faisant près de 2.000 morts civils selon des ONG syriennes.

"Nous avons à maintes reprises expliqué que le président Assad devait mener une transition démocratique ou démissionner. Il n'a pas mené (cette transition). Dans l'intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer", explique M. Obama dans un communiqué.

"L'Union européenne note que Bachar al-Assad a perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien et qu'il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, dans une déclaration faite au nom de l'UE, en évoquant de prochaines sanctions.

Dans une déclaration commune, le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron ont eux aussi demandé à M. Assad de "quitter le pouvoir", se prononçant pour "de nouvelles sanctions fermes" contre son régime.

M. Obama a annoncé avoir pris de nouvelles sanctions très dures contre le régime Assad, en signant un décret interdisant l'importation de pétrole et de produits pétroliers de Syrie aux Etats-Unis et gelant tous les avoirs que l'Etat syrien pourrait avoir sous juridiction américaine.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a déclaré que les sanctions prises frappaient "en plein coeur" le régime.

L'attitude du pouvoir syrien sera mise à l'épreuve vendredi; les militants pro-démocratie ont appelé, comme d'habitude depuis le début de la contestation, à de grandes manifestations dans les villes du pays, réprimées jusque-là dans le sang par le régime.

Sur sa page Facebook, le mouvement Syrian Revolution 2011 a appelé à manifester sous le slogan: la "victoire approche". "Du siège imposé aux villes surgira la victoire", écrivent-il.

Un autre site de militants a appelé à "intensifier les manifestations quotidiennes, boycotter économiquement les sociétés proches du régime et inciter les soldats à déserter".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH, basé en Grande-Bretagne) les forces de sécurité ont poursuivi jeudi leurs opérations de perquisitions et d'arrestations dans les localités de Deir Ezzor (est), Nawa (sud) et dans le nord de Damas et sa banlieue.

"Des dizaines de personnes ont été arrêtées", selon l'ONG.

Le régime refuse, depuis le 15 mars, de reconnaître l'ampleur de la révolte, et affirme envoyer son armée et ses chars dans les foyers de contestation pour "pourchasser les groupes terroristes" qu'il accuse de semer violences et chaos.

Il a annoncé des réformes mais souligné qu'elles ne pouvaient être appliquées "sans le rétablissement de la sécurité".

M. Assad avait promis des réformes susceptibles de mettre fin à l'hégémonie de son parti et promulgué un décret autorisant le multipartisme, mais il avait parallèlement envoyé ses forces réprimer la contestation.

Un rapport du Haut Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU évoque "un ensemble de violations des droits de l'Homme constituant une attaque généralisée ou systématique contre la population civile". Selon ce rapport, ces violations "pourraient relever de crimes contre l'humanité".



 

Première publication : 18/08/2011

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