Dernière modification : 18/08/2011 

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La coopération sino-américaine, enjeu majeur de la stabilité économique mondiale pour Joe Biden

La coopération sino-américaine, enjeu majeur de la stabilité économique mondiale pour Joe Biden

En visite à Pékin pour évoquer les récentes critiques émises par la Chine sur la politique budgétaire des États-Unis, le vice-président américain a insisté sur la nécessité d'une coopération entre les deux pays pour stabiliser l'économie mondiale.

Par Dépêche (texte)
 

AFP - La stabilité économique mondiale dépend de la qualité des relations sino-américaines, a affirmé jeudi le vice-président des Etats-Unis Joe Biden, venu à Pékin répondre aux critiques sur la politique budgétaire de Washington.

M. Biden, 68 ans, a été accueilli au Grand palais du Peuple de la capitale chinoise par son homologue Xi Jinping, au profit duquel l'actuel président Hu Jintao devrait graduellement s'effacer en 2012 et 2013.

"Heureux de vous revoir", a lancé M. Xi. "Je sais que vous êtes très occupé par vos affaires intérieures".

"Vous faites partie de nos affaires intérieures", a répondu Joe Biden, en faisant probablement allusion au fait que la Chine est le premier créancier étranger des Etats-Unis, qui ont accumulé une immense dette au sujet de laquelle Pékin attend des "mesures concrètes".

"Je suis absolument certain que la stabilité économique du monde repose en très grande partie sur la coopération entre les Etats-Unis et la Chine", a affirmé le responsable américain.

M. Xi s'est dit d'accord avec lui sur l'idée qu'"une Chine stable et prospère est positive pour les Etats-Unis et le monde entier".

"Dans le nouveau contexte actuel, la Chine et les Etats-Unis ont encore plus d'intérêts communs au sens large et nous endossons encore davantage de responsabilités communes", a déclaré Xi Jinping.

"Aucune relation n'est plus importante pour les Etats-Unis qu'une relation de proximité avec la Chine", a répondu le vice-président américain.

La question du déficit américain promet d'accaparer une bonne partie des discussions en Chine de M. Biden, qui lors de son long voyage de cinq jours doit également s'entretenir avec le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao.

Le sujet d'éventuelles nouvelles ventes d'armes américaines à Taïwan devrait aussi être mis sur le tapis. L'amélioration des relations entre Washington et Pékin pourrait être "perturbée" par cette question sensible, a prévenu la presse officielle chinoise.

"Les Etats-Unis sont de plus en plus préoccupés par l'influence croissante de la Chine dans le monde et il se prépare à Washington une nouvelle série de ventes d'armes à Taïwan", a souligné dans un éditorial le quotidien China Daily.

"Tout faux pas concernant le sujet des ventes d'armes américaines à Taïwan est susceptible de perturber l'amélioration des relations entre les deux puissances", a poursuivi le journal, en estimant que la venue de M. Biden devait être l'occasion d'envoyer des "signaux positifs".

Cette visite fait suite aux nombreuses critiques émises par Pékin concernant l'accord arraché le 2 août entre la Maison Blanche et le Congrès sur le relèvement du plafond de la dette.

Pékin, qui détenait en juin quelque 1.170 milliards de dollars de bons du Trésor américain, a notamment dénoncé la "dépendance à la dette" des Etats-Unis et exhorté sans ménagement Washington à cesser de vivre au-dessus de ses moyens.

M. Biden devrait par ailleurs lors de sa visite mentionner le fait que le yuan reste "largement sous-évalué" et presser les dirigeants de la deuxième économie mondiale d'encourager sa classe moyenne à consommer plutôt que de se focaliser sur des exportations massives de produits manufacturés bon marché.

La Maison Blanche a par ailleurs indiqué que M. Biden n'hésiterait pas à "exprimer son inquiétude" sur la situation des droits de l'homme en Chine.

Les Etats-Unis ont appelé mercredi Pékin à libérer l'avocat chinois et militant des droits de l'homme Gao Zhisheng, qui est détenu au secret depuis février 2009.
 

Commentaires (1)

L'image de soi

Les américains sont confrontés à une double image négative de leur politique étrangère. Les retraits d'Irak et d'Afghanistan signale la fin de leur présence directe au Moyen Orient et leur capacité désormais limité d'intervention. Le poids de leur dette signale la perte de puissance de leur économie.
Ces renvois négatifs de la perte d'hégémonie américaine qui devient une grande puissance sont relativement bien géré par les dirigeants et les media.
Mais ces effets miroirs négatifs vont désormais s'accompagner de la prise de conscience du pouvoir d'autres puissance au rang desquelles la Chine. Celle-ci s'affirme comme un alter ego puissant offrant un modèle alternatif peu compatible avec le post modernisme américain.
Cette nouvelle image de soi de l'Amérique dans le miroir chinois risque d'être beaucoup plus difficile à gérer que la simple perte d'hégémonie au Moyen Orient. En effet, c'est dans le domaine monétaire que cette nouvelle image de l'Amérique est en train de se construire et il semble bien que la Chine, au contraire de l'Europe, n'a pas l'intention de se laisser manipuler et de flatter l'arrogance de Wall Street en la matière.
Si la Chine fait partie des affaires intérieures américaines, les candidats à la prochaine élection doivent commencer à flatter ces nouveaux électeurs, je ne suis pas sûr que le sujet des "droits de l'homme" soit un bon choix...

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