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Moyen-orient

Bachar al-Assad rejette tout départ du pouvoir

Vidéo par Vanessa TSANGA TABI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 22/08/2011

Lors d'un nouveau discours à la télévision d'État syrienne, le président Bachar al-Assad a réaffirmé son refus de quitter le pouvoir. Il a mis en garde l'Occident contre toute intervention militaire dans son pays.

AFP - Le président syrien Bachar al-Assad a rejeté dimanche l'exigence des pays occidentaux à le voir quitter le pouvoir et a mis en garde contre toute intervention étrangère, dans une interview à la télévision d'Etat.

"En nous abstenant de réagir, nous leur disons que leurs propos sont sans valeur", a lancé M. Assad.

Selon lui, de "tels propos ne doivent pas être tenus à l'égard d'un président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n'a pas été installé par l'Occident, un président qui n'est pas fabriqué aux Etats-Unis. Ces paroles se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l'étranger".

"Ce rapport a fourni une base très utile"

Jeudi, le président américain Barack Obama, comme ses alliés occidentaux, a pour la première fois appelé explicitement Bachar al-Assad à partir et a renforcé les sanctions contre son régime après cinq mois d'une brutale et sanglante répression de la contestation en Syrie.

Plus de 2.000 personnes ont été tuées par les forces du régime depuis le début de la répression le 15 mars, selon le secrétaire général adjoint de l'ONU Lynn Pascoe.

Lors de sa quatrième intervention depuis le début de la contestation sans précédent de son pouvoir, M. Assad a mis en garde contre une intervention étrangère: "Toute action militaire contre la Syrie aura des conséquences autrement plus graves de ce qu’ils peuvent imaginer en raison de la situation et des capacités de la Syrie".

Il a par ailleurs annoncé que les élections locales devraient avoir lieu en décembre et que les législatives se tiendront de "quatre à huit mois après la publication, peut-être jeudi, des décrets d'application sur la loi électorale, en tout cas pas plus tard que février, afin de permettre aux partis de se constituer et d'avoir le temps de faire campagne".

Concernant le sanctions économiques décidées par les pays occidentaux, il a souligné que "le siège de la Syrie existe déjà". "Malgré les bonnes relations économiques que nous avons avec l'Europe, nous avons d'autres alternatives. On s'est orienté vers l'Est et nous continuerons à le faire", a-t-il dit.

Selon des diplomates, les mesures européennes visant le secteur pétrolier, notamment un embargo sur l'importation de pétrole brut syrien, pourraient être annoncées dès mardi. L'Europe achète 95% du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente un tiers des recettes du pays.

Interrogé sur la situation sécuritaire, le chef de l'Etat a précisé: "Nous avons commencé à enregistrer des succès et nous pouvons dire que la situation est à présent plus rassurante. Le complot (déjoué) visait à faire tomber la Syrie en l’espace de quelques semaines » "Il n’y a pas de solution purement sécuritaire et toute solution sera forcément politique mais une solution politique ne pourra pas être mise en oeuvre si la sécurité n’est pas préservée", a-t-il souligné.

Alors que le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a indiqué vendredi qu'il y avait désormais des "preuves" de "crimes contre l'humanité" et a appelé le Conseil de sécurité à saisir la justice internationale, le président Assad a indiqué qu'il existait en Syrie "une commission d'enquête indépendante".

"Un nombre limité de personnes ont déjà été jugées sur la base de preuves irréfutables. Le principe est que quiconque, qu'il soit militaire ou civil, ayant commis un crime contre un citoyen sera jugé sur la base de preuves. Nous n'innocenterons pas un coupable et nous ne condamnerons pas un innocent", a-t-il dit.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a par ailleurs dit espérer pouvoir visiter "très bientôt" les milliers de détenus incarcérés depuis le début du mouvement de contestation.

"Le président du CICR Jakob Kellenberger, lors de sa visite à Damas les 21 et 22 juin, avait fait une demande en ce sens", a indiqué à l'AFP Saleh Dabbakh, le porte-parole de cette organisation à Damas.

"Les discussions ont eu lieu avec les autorités et nous sommes confiants que nous pourrons commencer les visites très bientôt", a-t-il dit.

A Homs (centre), le frère de l’opposant basé en France Bourhan Ghalioun a été arrêté samedi, a indiqué à l’AFP l’universitaire qui joue un rôle médiatique actif depuis le déclenchement de la contestation.

"Mohammad Kheir Ghalioun, un ingénieur de 58 ans, a été arrêté samedi à Homs", dont il est originaire, a dit M. Ghalioun, directeur du Centre d’Etudes sur l’Orient Contemporain (CEOC) à Paris.

Sur le terrain, les contestataires maintenaient dimanche leur pression pour renverser le régime, en place depuis un demi-siècle. Ils ont appelé sur la page Facebook de "Syrian revolution 2011", sur le mot d'ordre "nous sommes tous des prochains martyrs", à des "manifestations décisives" durant les dix derniers jours de ramadan jusqu"à la "fête de la libération".

Des divisions sont néanmoins apparues entre les contestataires sur la mise en place d'une instance représentative du peuple syrien avant la chute du régime, alors que sont réunis à Istanbul des opposants de tendance islamiste pour créer un "Conseil national".

L'opposition est divisée entre les islamistes, les jeunes démocrates et libéraux réunis par Facebook qui ont lancé le mouvement de contestation et les opposants de longue date qui se situent généralement à gauche, ainsi que les Kurdes.


 

Première publication : 21/08/2011

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