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EUROPE

L'ex-chef des Serbes de Croatie plaide non coupable pour le massacre de Vukovar

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/08/2011

Devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougolsavie (TPIY), le président de l'éphémère République serbe autoproclamée de Krajina, Goran Hadzic (photo), a nié avoir commandité le meurtre de 264 civils à l'hôpital de Vukovar, en 1991.

AFP - L'ancien responsable des Serbes de Croatie Goran Hadzic, notamment poursuivi pour le massacre de l'hôpital de Vukovar, en Croatie, en 1991, a plaidé non coupable mercredi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).
              
"Non coupable, votre Honneur", a répondu M. Hadzic au juge Guy Delvoie qui lui demandait s'il plaidait coupable ou non coupable des charges de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre pesant contre lui, au cours d'une deuxième audience de comparution initiale devant le TPIY à La Haye.
              
"Une date sera fixée pour le début du procès", a ensuite précisé le juge Delvoie à l'accusé, vêtu d'un costume sombre, d'une chemise claire et d'une cravate aux rayures bleues et blanches.
              
M. Hadzic, 52 ans, qui était le dernier fugitif parmi les 161 personnes mises en accusation par le TPIY, doit répondre de 14 chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, dont meurtre, extermination, torture et transfert forcé, commis pendant la guerre de Croatie (1991-1995).
              
Un procès n'est toutefois pas attendu avant des mois, la phase préliminaire à celui-ci devant notamment permettre à la défense d'étudier les éléments de preuve rassemblés par l'accusation.
              
Arrêté le 20 juillet en Serbie après une cavale de sept ans, M. Hadzic avait lors de sa première audience de comparution initiale le 25 juillet refusé de plaider coupable ou non coupable des crimes qui lui sont reprochés.
              
Il avait, comme le lui permet le règlement du tribunal, demandé un délai de 30 jours avant que ne lui soit à nouveau demandé s'il souhaitait plaider coupable ou non coupable.
              
Le nom de l'éphémère "président" de la république serbe autoproclamée de Krajina (sud et est de la Croatie) est notamment associé au massacre de l'hôpital de Vukovar, en novembre 1991, au cours duquel 264 civils, des Croates et des non Serbes, avaient été torturés, puis tués par les forces serbes.
              
Au cours de l'audience de mercredi, qui a duré une dizaine de minutes, le juge Delvoie s'est notamment assuré que M. Hadzic pouvait suivre les débats dans une langue qu'il comprenait et lui a expliqué qu'il avait, s'il le souhaitait, le droit au silence pendant l'ensemble de la procédure devant le TPIY.
              
Comme lors de sa première audience de comparution initiale, Goran Hadzic a renoncé à entendre la lecture de l'acte d'accusation.
              
M. Hadzic est accusé de la mort de centaines de civils croates et non serbes et du déplacement ou transfert forcé de plusieurs dizaines de milliers d'entre eux hors de la Krajina, qui couvrait environ un tiers du territoire croate.
              
L'accusation lui reproche également l’emprisonnement prolongé de centaines de civils croates et non serbes dans des centres de détention où "les conditions de vie étaient caractérisées par des traitements inhumains, la surpopulation, la faim, le travail forcé" ainsi que des "agressions sexuelles".
              
Goran Hadzic avait été arrêté moins de deux mois après l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, l'un des principaux protagonistes des guerres yougoslaves. Celui-ci avait été transféré le 31 mai à La Haye.
              

 

Première publication : 24/08/2011

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