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FRANCE

Les militants socialistes comptent bien concentrer leurs efforts sur 2012

Vidéo par Marc PERELMAN

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 29/08/2011

Si l'université d'été du PS de La Rochelle a été le théâtre d'affrontements médiatiques entre les candidats à la primaire, les jeunes militants ont, de leur côté, profité de ce rendez-vous pour peaufiner la campagne de 2012. Portraits.

Avant de se concentrer collectivement sur l'élection présidentielle de 2012, les jeunes militants socialistes font d'abord et avant tout campagne en faveur de leur candidat favori en lice pour la primaire du Parti socialiste (PS), organisée en octobre prochain. Ils ont profité du rendez-vous de l’université d’été du parti à la rose à La Rochelle pour peaufiner leur stratégie, avec l'espoir de voir leur protégé remporter la victoire.

Portraits de trois militants soutenant respectivement Martine Aubry, François Hollande et Ségolène Royal.

 

Faustine Balmelle (photo principale), 19 ans, étudiante en histoire à Lyon

Avant même qu'elle ne s'exprime, sa détermination saute aux yeux. Cette jeune étudiante lyonnaise de 19 ans affiche clairement son militantisme. La rose socialiste et un badge "Martine Aubry" plaqués près du cœur, Faustine assure que le PS est sa "grande famille". Elle y adhère dès l'âge de 15 ans, après les défaites de Ségolène Royal à la présidentielle et du PS aux législatives de 2007. "J'ai beaucoup réfléchi avant de m'engager, cela me tenait à cœur de lutter contre la droite, bien sûr, mais surtout contre les inégalités et les injustices", dit-elle avec conviction.

Sa découverte du socialisme, de la SFIO et de l’épopée des avancées sociales, elle la doit à ses cours d'histoire au lycée. Mais c'est la révolution verte en Iran de 2009, réprimée dans le sang, qui la pousse à militer. "J'ai été bouleversée par ces jeunes qui se faisaient tirer dessus au nom de la liberté. Il y a des pays qui souffrent. Nous, on a la chance d'être libre, ce qui nous donne le devoir de nous battre pour nos droits et pour la société à laquelle nous croyons."

Pour Faustine, le militantisme est synonyme de rencontre et de débat. "Je discute tous les jours avec des gens issus de milieux sociaux et culturels complètement opposés, c'est très enrichissant", s'enthousiasme-t-elle. Une activité qui lui permet aussi de se "sentir utile" à la société.

Sur le plan politique, elle a la conviction que Martine Aubry est la plus qualifiée pour représenter la gauche lors de la grande échéance de 2012. "Outre son expérience politique et ministérielle, c'est surtout la qualité de la gestion de la mairie de Lille, un exemple de mixité et de justice sociale, qui m'a frappée chez notre leader", explique-t-elle. A quelques semaines de la primaire socialiste, Faustine a le moral au beau fixe. "Martine Aubry ne peux pas perdre la primaire. Je n'imagine même pas qu'elle soit battue au premier tour, croyez-moi, si elle a décidé d'y aller, c'est parce qu'elle sait qu'elle va gagner."

Elle est également très confiante pour le scrutin présidentiel. "Il y a un espoir d'alternance qui s'est levé depuis 2007, les citoyens n'en peuvent plus du système Sarkozy et de ce que nous impose son clan. Je suis persuadée que les socialistes sont de nouveau capables de faire rêver les Français. Nous sommes prêts à conquérir le pouvoir car nous avons un projet, des idées et des solutions pour ce pays", dit-elle.

 

Yohan Philippe, 27 ans, collaborateur d'un élu de la ville de Lyon

Élégant et posé, Yohan Philippe a déjà l'attitude et les gestes d'un homme politique expérimenté. Militant socialiste depuis 2005, ce Lyonnais de 27 ans a adhéré au PS pour défendre le "oui" au referendum sur la constitution européenne. "Notre génération est majoritairement convaincue de l'importance de l'Europe, en tous cas beaucoup plus que celle de nos parents, confie-t-il. Défendre l'opportunité de se doter d'un texte européen fort, malgré ses imperfections, m'a semblé être une cause importante pour s'engager."

Étudiant en lettres, il se sensibilise peu à peu aux idées de la gauche. "Le choix s'est fait naturellement, à partir de mes connaissances et de mon entourage qui militait à gauche dans le milieu universitaire. Comme je voulais intégrer un parti réformiste, le PS s'est imposé", explique-t-il d'un ton assuré. Depuis, son engagement s'est affirmé. Il est désormais collaborateur du maire du IIIe arrondissement de Lyon. "En mars dernier, lors des élections cantonales, le maire pour lequel je travaille a remporté le scrutin. C'est mon plus beau souvenir de militant", confie-t-il. Selon lui, le militantisme, c'est être au plus près de l'action, s'investir, dépenser de l'énergie et du temps pour défendre des idées et des valeurs qui mériteraient d'être plus largement partagées. "Et quand le tout aboutit à une victoire, c'est très gratifiant", dit-il en affichant un sourire conquérant.

Yohan, 27 ans, soutient François Hollande. (Photo : Marc Daou / FRANCE 24)

Pour la primaire, son choix est fait. Il a opté pour François Hollande qui, espère-t-il, "sera le prochain président de la République française". Après avoir milité en faveur du courant social-démocrate de Dominique Strauss-Kahn et de Pierre Moscovici, sa réflexion l'a porté à défendre la candidature du député de Corrèze. "Bien avant l'affaire new-yorkaise de DSK", tient-il à préciser. Selon lui, le favori des sondage a su prendre la mesure de la gravité de la situation. "Il a pris de l'épaisseur politique, au fur et à mesure qu'il maigrissait, si j'ose dire", note-t-il, non sans rendre hommage à l'humour de son candidat. Yohan pense que les Français ont besoin de retrouver de la simplicité. Aussi François Hollande est-il à ses yeux "le candidat naturel qui peut agir et comprendre sans artifice."

Convaincu de la victoire finale de l'ancien secrétaire du PS, il reste cependant concentré sur l'objectif commun de battre la droite en 2012. "On sera tous ensemble derrière le candidat qui aura été choisi au deuxième tour de la primaire. Il y a une véritable prise de conscience au sein du PS car il est hors de question de rater le coche en 2012."

 

Josselin Thery, 27 ans, étudiant et urbaniste pour la ville de Saint-Étienne

Chemise ouverte, piercing au sourcil et coiffure fashion, Josselin Thery milite depuis 2003 au sein du PS. Selon lui, "les socialistes sont les seuls à pouvoir changer la société, plus que tout autre mouvement de gauche". Il a pourtant longtemps hésité entre rejoindre les rangs clairsemés du Parti communiste et grossir le contingent du PS. Très engagé depuis son adolescence, sa réflexion politique est assez personnelle. Il estime n’avoir subi aucune influence, même si ses parents ont toujours été intéressés par la politique. "Militer, c'est aller au contact des citoyens pour échanger et faire passer ses idées, mais aussi être à l'écoute des souffrances et du bonheur des gens", affirme-t-il.

Josselin, 27 ans, défend la candidate Ségolène Royal. (Photo : Marc Daou / FRANCE 24)

Sa vocation se précise en 2006, avec la montée en puissance de Ségolène Royal sur la scène politique. "Son charisme, son courage et sa ténacité donnent envie d'aller plus loin avec elle", s’emporte t-il. Selon lui, "Ségolène" développe une parole différente des autres, moins technocratique, plus audible et plus pédagogue. Ses meilleurs souvenirs de militants sont tous liés "à Ségolène , évidemment". Dépité par la défaite au second tour de la présidentielle de 2007, il reste persuadé que la victoire était possible. "Je sentais qu'on pouvait gagner cette campagne. Le peuple attendait tellement de la gauche, mais les erreurs accumulées ont fait que l'on s'est permis de la perdre."

Interrogé sur les chances actuelles de sa favorite, il minimise l'importance des sondages d'opinion qui la classe respectivement derrière François Hollande et Martine Aubry. "Je reste confiant, je la vois bien remporter cette primaire. Les échos en provenance du terrain depuis le début de sa campagne en novembre sont excellents." Notamment dans les quartiers populaires, insiste-t-il. "Ils se rappellent parfaitement que c'est la femme qui s'est opposée à l'homme du Kärcher (Nicolas Sarkozy, ndlr)."

Enfin, le scrutin de 2012 est capital aux yeux de Josselin, pour qui l'heure du changement a sonné. "La France de Nicolas Sarkozy est rétrograde. Un pays qui n'est pas motivé et qui n'a pas confiance en lui ne peut pas avancer."

Première publication : 28/08/2011

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