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Economie

Deux des plus importantes banques grecques fusionnent

Texte par Dépêche

Dernière modification : 29/08/2011

Eurobank et Alpha Bank, deux des plus importantes banques grecques, fusionnent. AlphaEurobank devient la plus grande banque privée de Grèce. L'opération a été réalisée grâce à l'apport d'un fond qatari d'un montant de 500 millions d'euros.

AFP - La fusion des deuxième et troisième banques grecques, avec le soutien du Qatar, annoncée lundi, crée le premier établissement bancaire grec et lance la très attendue restructuration du secteur bancaire dans ce pays confronté à la crise de la dette souveraine.

La création de la nouvelle banque, AlphaEurobank, va engendrer la plus grande banque privée de Grèce et des Balkans, dotée de 146 milliards d'euros d'actifs, et plus de 1.300 succursales dans huit pays d'Europe du Sud-Est, indique un communiqué commun, selon lequel la nouvelle entité sera dans les trois premières positions en Bulgarie, à Chypre, en Roumanie et en Serbie.

Le fonds qatari Paramount, déjà actionnaire à hauteur de 5% du capital d'Alpha, prendra 17% de la nouvelle entité, en apportant 500 millions d'euros d'argent frais, a indiqué lors d'une conférence de presse Dimitris Matzounis, l'un des deux directeurs généraux de la nouvelle banque.

"Nous annonçons un mariage qui créée la plus grosse banque de Grèce. Il s'agit d'un grand pas en vue de la rationalisation du système bancaire grec. Nous avons toujours dit qu'il y avait plus de banques que nécessaire en Grèce", a souligné le nouveau président Iannis Costopoulos, issu d'Alpha.

"Il s'agit du premier investissement majeur en Grèce depuis des années et d'un vote de confiance pour le pays. Nous pensons qu'il en amènera d'autres", a-t-il ajouté.

Les trois actionnaires principaux prévoient de renforcer le capital de la nouvelle entité à hauteur de 3,9 milliards d'euros au total, via une augmentation de capital de 1,25 milliard début 2012, 500 millions d'obligations convertibles souscrites par le Qatar, le reste provenant d'économies et de synergies entre les deux banques.

Le processus de fusion doit être finalisé avant la fin de l'année.

"La participation du Qatar, qui bénéficie de la note AAA, nous donne une certaine force pour réduire nos coûts d'endettement", a ajouté Nicolas Nanopoulos, qui sera le deuxième co-directeur général du groupe aux côtés de M. Matzounis.

Dans le détail de l'opération, les actionnaires d'Eurobank recevront cinq nouvelles actions Alpha pour sept titres Eurobank, donnant ainsi 57,5% du capital de la nouvelle entité aux actionnaires actuels d'Alpha et 42,5% aux actionnaires d'Eurobank.

Le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, a salué une "évolution positive". "Il est important que le Qatar participe et investisse en Grèce, envoyant à l'étranger un message de confiance" dans l'économie, a ajouté le ministre dans un communiqué où il a réaffirmé sa confiance dans le système bancaire national "totalement sûr".

Lundi, la Bourse d'Athènes, qui avait touché le fond en août en battant un record négatif de 15 ans, a bondi de plus de 15%, repassant au dessus de la barre des 1.000 points.

A 13h30 GMT, l'indice s'établissait à 1.016,84 points (+15,54%), les actions d'Alpha et d'Eurobank gagnant chacune environ 30%.

La fusion annoncée "est une bonne chose", a déclaré à l'AFP Alex Koagne, analyste du secteur bancaire grec chez Natixis à Paris, pour "lancer la consolidation du secteur bancaire grec".

A New York ce week-end, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde avait appelé à une "recapitalisation urgente" des banques en Europe pour "couper la chaîne de la contagion" de la crise de la dette.

Le secteur financier grec doit faire l'objet d'un audit par BlackRock, le plus grand gestionnaire de fonds mondiaux, sur demande de la Banque centrale, à compter de cette semaine.

En août, les titres des banques grecques, comme d'autres en Europe, ont été lessivés en bourse, les marchés exprimant leurs doutes sur les chances de réussite du plan européen de sauvetage de la zone euro décidé le 21 juillet et d'adaptation du secteur bancaire à la crise de la dette.

Le plan européen prévoit une participation volontaire du secteur privé, dont la Grèce attend désormais confirmation, à la restructuration de la dette grecque, équivalant à des pertes de 21% sur les titres grec.

Première publication : 29/08/2011

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