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Asie - pacifique

Un moine tibétain condamné à 11 ans de prison après l'immolation d'un jeune bonze

Texte par Dépêche

Dernière modification : 29/08/2011

Un moine tibétain de la région du Sichuan a écopé de 11 ans de réclusion pour avoir pris part à l'immolation d'un bonze en mars dernier. Deux autres moines sont également jugés dans cette affaire, rapporte l'agence Chine nouvelle.

AFP - Un bonze d'une région tibétaine dans le sud-ouest de la Chine a été condamné lundi à 11 ans de réclusion criminelle, après avoir été jugé coupable d'homicide à la suite de l'immolation d'un autre bonze en mars dernier, a rapporté l'agence Chine nouvelle.

Drongdru, âgé de 46 ans, a été accusé, avec deux autres moines qui comparaîtront mardi, d'avoir caché et privé de soins le jeune bonze après son immolation le 16 mars au monastère de Kirti, dans la province du Sichuan (sud-ouest).

Pendant son procès, Drongdru a plaidé coupable, exprimé des regrets et indiqué qu'il ne ferait pas appel, a assuré Chine nouvelle.

La mort du moine nommé Phuntsog avait déclenché des mouvements de protestation et le monastère tibétain de Kirti avait été bouclé par la police, dans un climat de très fortes tensions.

Le moine était décédé des heures après s'être immolé à la date anniversaire du début des émeutes antichinoises de 2008 à Lhassa, avait rapporté l'association International Campaign for Tibet (ICT).

Les circonstances de ce décès ont donné lieu à deux versions opposées: selon un responsable local et la presse officielle, le bonze serait mort car, après que la police l'eut transporté en urgence à un hôpital proche, il en aurait été retiré de force par ses proches puis caché dans le monastère.

Mais, selon selon l'ICT et des Tibétains en exil en contact avec des habitants de la région, les policiers ont dans un premier temps tenté d'éteindre les flammes puis ont ensuite porté des coups au moine. Ses amis l'auraient alors repris des mains de la police pour l'emmener eux-mêmes à l'hôpital où il est mort.

C'était la deuxième fois qu'un moine s'immolait par le feu à Kirti depuis les émeutes antichinoises de mars 2008 à Lhassa, la capitale du Tibet, les plus sanglantes dans la région himalayenne en plus de 20 ans.

La police chinoise avait tiré début 2009 sur un moine qui venait de s'immoler par le feu, alors que la tension montait à l'approche du 50e anniversaire du départ en exil du dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains.

Un autre moine bouddhiste est mort après s'être immolé par le feu, le 15 août dernier, dans une autre zone tibétaine de la province du Sichuan.

Là aussi, le monastère, dans le comté de Daofu, avait été bouclé par la police et l'armée.

Selon l'organisation Free Tibet, dont le siège est à Londres, le moine, Tsewang Norbu, a crié juste avant de s'immoler: "Nous le peuple tibétain, nous voulons la liberté", "Longue vie au dalaï lama", "Laissez le dalaï lama rentrer au Tibet".

La Chine, qui affirme avoir "libéré pacifiquement" le Tibet en 1951, contrôle très étroitement cette région autonome ainsi que les provinces limitrophes à population tibétaine.
 

Première publication : 29/08/2011

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