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Culture

Le prix du webdocumentaire, témoin de l'évolution d'un genre nouveau

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 30/08/2011

Le troisième prix FRANCE24-RFI du webdocumentaire sera remis le 31 août, lors du festival Visa pour l'Image à Perpignan. Une occasion de faire le point sur ce genre nouveau : le webdocu a-t-il trouvé ses marques ? Quels seront les critères du jury ?

Où en est le webdocumentaire aujourd'hui, ce format journalistique qui, après quelque cinq années d'existence, cherche encore sa vitesse de croisière ? A-t-il peaufiné son mode d’écriture et trouvé son financement propre ? Ou est-il toujours considéré comme un objet de curiosité ? Le festival de photojournalisme Visa pour l'Image, à Perpignan, offre l'occasion de se poser ces questions, alors que sera remis le 3e prix du webdocumentaire France24-RFI le mercredi 31 août.

Enquêtes journalistiques, dessins animés, vidéos en mode portrait, portfolios de photographies, ambiances sonores, utilisation des réseaux sociaux... Les webdocumentaires ont aujourd'hui des exigences communes, sur la forme comme sur le fond, fixées par des webdocus qui ont marqué les esprits, comme celui de Prison Valley (de David Dufresne et Philippe Brault associés à Upian, lauréats du 2e prix du webdocumentaire en 2010).

"D'annee en année, on constate une nette amélioration des interfaces, des univers plus intuitifs, des ambiances sonores, une qualité esthétique et une meilleure maîtrise du développement. Plusieurs webdocus se sont probablement alignés sur Prison Valley", remarque Ziad Maalouf, membre du jury* du prix du webdocumentaire de Visa pour l’Image et animateur de l'émission l'Atelier des médias sur RFI. "Les sujets sont de plus en plus précis, les angles et les déclinaisons de mieux en mieux exploités, le rythme mieux maîtrisé", constate Dimitri Beck, rédacteur en chef du magazine de photojournalisme Polka et également membre du jury.

Parmi la soixantaine de candidatures reçues en 2011, huit webdocumentaires ont été présélectionnés pour cette troisième édition du prix : Argentine, le plus beau pays du monde (David Gormezano / Arte), Atomic City (Micha Patault / France5.fr et Narrative), Crisis Guide : Pakistan (Hagit Bachrach / Council on Foreign Relations & Mediastorm), Cuatro Horas (Sébastien Daycard-Heid et Cédric Faimali / Narrative et France5.fr), Iranianstories.org (Thibault Lefèvre, Louis Racine et Pierre-Eric Le Goff), La machine à expulser (Julie Chansel et Michael Mitz / Canalplus.fr), La Vie à Sac (Capa / Polka Magazine / Médecins du Monde) et La Zone (Bruno Masi et Guillaume Herbaut / Agat Films et Lemonde.fr).

La majorité des prélésectionnés est soutenue par un média télévisé – Arte, France5.fr, Canalplus.fr. - ou de presse écrite (Polka Magazine, Mediapart, Lemonde.fr) pour leur financement et/ou leur diffusion. Deux webdocumentaires font exception cependant : "La Vie à Sac" initié par une ONG (Médecins du Monde), et "Crisis Guide : Pakistan" lancé par un centre de recherche américain (Council on Foreign Relations). Preuve que la forme du webdocu sort des sphères journalistiques pour séduire aussi des institutions.

La question du financement du webdocumentaire demeure toutefois encore problématique : "Il est intéressant de voir que la plupart des webdocus de qualité sont financés par des télévisions, qui ont l'habitude de brasser des gros budgets. Car ce genre de journalisme demande beaucoup d'argent, entre 20 000 et 100 000 euros, et la presse écrite n'a pas l'habitude de commander des sujets qui coûtent autant", analyse Dimitri Beck.

Les huit webdocumentaires présélectionnées se divisent entre ceux qui ont une narration linéaire (La machine à expulser, Crisis Guide : Pakistan, Cuatro Horas, Atomic City, La Vie à Sac), et ceux qui laissent l'internaute glaner les informations qui l'intéressent et inventer son parcours à l'intérieur du webdocu ("La Zone", "Argentine, le plus beau pays du monde"...). " C'est agréable quand on peut fouiner, quand le webdocumentaire se laisse découvrir comme une poupée russe. Mais attention, il ne faut pas que cela devienne une coquille vide, un artifice. Je regarde d'abord la force du sujet", prévient Dimitri Beck. Quant à Ziad Maalouf, il apprécie qu'une histoire soit racontée. "Le webdocu se cherche encore, je n'ai pas encore vu arriver une forme d'écriture vraiment convaincante. Quand j'ai face à moi une "histoire en kit", je me perds. J'ai aimé Prison Valley, parce que la narration est linéaire."

Cette nouvelle forme d'écriture journalistique qu'est le webdocumentaire est appréciée très différemment, selon que l'on est sensible aux "projets personnels forts qui ne trouvent naturellement pas leur place dans les médias classiques, car ceux-ci n'ont ni les budgets ni l'ouverture d'esprit nécessaire pour se détacher de l'actualité", explique Dimitri Beck. Ziad Maalouf regrette pour sa part que certains webdocus servent  de "cache-misère" - "des reportages qui n'ont pas réussi à suivre un circuit classique de distribution parce que l'histoire racontée n'était pas assez bien ficelée."

Ce mardi, les membres du jury détermineront quel webdocumentaire aura l'honneur de remporter un chèque de 8 000 euros. La remise du prix aura lieu le mercredi 31 août, lors des soirées de projection du festival Visa pour l'Image, à Perpignan.

 

* La composition du jury présidé par Jérôme Delay, responsable de la photographie Afrique, Associated Press (AP) : Dimitri Beck, rédacteur en chef à Polka Magazine ; Karine Broyer, rédactrice en chef de France24.com ; Ziad Maalouf, journaliste, producteur de l'Atelier des médias, RFI ; Flore Olive, journaliste à Paris Match ; Michel Puech, journaliste à La lettre de la photographie.



 

Première publication : 29/08/2011

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