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Economie

Quand un homme d'affaires chinois convoite 30 000 hectares de terres en Islande

Vidéo par Karina CHABOUR

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 31/08/2011

Le promoteur immobilier et ex-officiel du régime chinois Huang Nubo veut acheter 300 km² de terres islandaises pour construire un complexe touristique. Un projet qui suscite des interrogations sur les motivations de l'homme d'affaires.

Un homme d'affaires chinois cherche à s’offrir une immense parcelle de terre en Islande. Huang Nubo, PDG du groupe immobilier Zhongkun Group, est prêt à payer 8 millions d’euros pour acquérir 300 km² au nord-est de l’île où il compte construire un complexe touristique d’une valeur de 100 millions d’euros, a révélé lundi le quotidien britannique Financial Times. Le site convoité par Huang Nubo se situe à quelques kilomètres au nord de Vatnajokull, le plus grand glacier du monde, dans une zone qui ne compte que quelques Bed & Breakfast.

"Le ministère des Affaires étrangères islandais a été informé par Huang Nubo de son intention d’investir dans le tourisme environnemental aussi bien à Reykjavik que dans le nord de l’Islande", avait annoncé, le 24 août, le gouvernement islandais dans un communiqué sans pour autant préciser l’ampleur du projet.

C’est pourtant bien le gigantisme du projet qui suscite des interrogations : la taille des terres convoitées – qui représentent 0,3 % de la surface totale de l’Islande – semble disproportionnée pour y installer un complexe touristique qui ne comporterait, toujours selon le Financial Times, qu’un hôtel et un terrain de golf.

"La Chine a acheté des terres un peu partout dans le monde, donc nous devons être vigilants sur les ramifications internationales de ce projet", déclare Ögmundur Jónassonn, le ministre de l’Intérieur islandais, au quotidien américain. Autrement dit, les intentions de Huang Nubo ne concernent-elles que le tourisme.

Département de la Propagande

Le CV de l’homme d’affaires révèle en effet une certaine proximité avec le régime chinois. Avant de devenir PDG et 161e fortune chinoise selon le magazine Forbes, il a notamment œuvré au sein du département de la Propagande et du ministère de la Construction.

De quoi laisser penser à certains qu’il agirait à la solde de Pékin. Car la Chine multiplie les signes de bonne volonté envers Reykjavik ces derniers temps. La nouvelle ambassade chinoise actuellement construite en Islande devrait être la plus grande délégation étrangère du pays. "Les deux pays discutent depuis quelque temps d’un possible accord de libre-échange", rappelle à France24.com Valur Ingimundarson, historien et expert des relations internationales islandaises, qui ajoute "ne pas savoir exactement pourquoi la Chine fait autant d’efforts".

Colocataire islandais

D’autres avancent une autre explication. "Alors que les glaces arctiques fondent, Pékin cherche de nouvelles routes commerciales passant par l’Atlantique nord, ce qui lui permettrait de raccourcir les trajets pour rejoindre les États-Unis", note l’Institut de recherche pour la paix international de Stockholm dans un rapport de février 2011. Le futur site du complexe touristique de Huang Nubo présente, à cet égard, l’avantage d’être proche des côtes. Il s’agirait donc d’un investissement à long terme permettant à la Chine de bénéficier d’un port ami, si le réchauffement climatique finissait par transformer la zone arctique en nouveau paradis du commerce naval.

Pour Valur Ingimundarson, il "ne faut pas forcément chercher des raisons cachées qui n’existent peut-être pas". Le PDG de Zhongkun Group n’est pas qu’un ancien officiel du régime chinois ; il a également des liens réels avec l’Islande. En 2010, il a fondé le Fonds culturel sino-islandais destiné à rapprocher les cultures des deux pays.

Son colocataire à l’Université de Pékin dans les années 70 était par ailleurs un ressortissant islandais avec lequel Huang Nubo a gardé contact. Un choix qui pourrait se révéler judicieux puisque son camarade d’alors s’est marié avec Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, une ancienne ministre islandaises des Affaires étrangères (2007-2009) et maire de Reykjavik (1994-2003).

Depuis la crise économique, l’Islande pourrait par ailleurs être plus encline à donner son aval. "Un ressortissant non-européen doit obtenir une autorisation expresse du gouvernement pour acheter des terres en Islande", explique Valur Ingimundarson. Criblé de dette, le pays a un besoin urgent d’argent frais, ce qui pourrait faire les affaires de l’entrepreneur chinois.

Première publication : 30/08/2011

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