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EUROPE

Le Kosovar jugé pour le meurtre de soldats américains présente ses excuses

Texte par Dépêche

Dernière modification : 31/08/2011

Le jeune Kosovar Arid Uka a comparu mercredi en Allemagne pour le meurtre de deux soldats américains le 2 mars à Francfort, premier attentat islamiste sur le sol allemand. Il dit avoir été aveuglé par la propagande anti-américaine.

AFP - Le jeune Kosovar jugé pour le meurtre de deux soldats américains en mars à Francfort (ouest), premier attentat islamiste sur le sol allemand, a demandé pardon à l'ouverture de son procès mercredi, se disant "aveuglé" par la propagande.
              
"Je veux présenter mes excuses auprès de toutes les personnes (...) Depuis ce jour, j'essaye de comprendre moi-même ce que j'ai fait. Je ne me comprends pas moi-même", a déclaré Arid Uka, 21 ans. Et d'ajouter: "Aujourd'hui, je sais que c'est totalement insensé et que cela va à l'encontre de ma foi",
              
"J'ai tué deux personnes le 2 mars et tiré sur trois autres", a-t-il dit, expliquant son acte par une vidéo de propagande vue sur internet qui attribuait des violences à des soldats américains en Afghanistan.
              
"Après avoir vu la vidéo de la femme afghane violée, j'étais tellement choqué, comme paralysé, j'ai tenté de me débarrasser de cette image en priant et le matin j'étais complètement anéanti et épuisé", a-t-il dit, les larmes aux yeux.
              
Cette vidéo de propagande utilisait en fait un extrait de "Redacted", un film contre la guerre en Irak de l'Américain Brian de Palma, auquel était ajouté un commentaire sur l'Afghanistan.
              
Au juge Thomas Fagebiel qui lui demandait si son acte était une sorte de "jihad privé", l'accusé a répondu: "non, je voulais faire quelque chose (...) Cela n'avait rien à voir avec la religion".
              
Arid Uka, qui risque la prison à vie s'il est reconnu coupable de deux meurtres et trois tentatives de meurtre --soldées par deux blessés graves--, a expliqué avoir lu que depuis l'attentat des gens se félicitaient de son action.
              
"Ce sont les mêmes personnes dont les mensonges et la propagande m'ont aveuglé. Personne ne doit faire la même chose que moi", a-t-il dit. Le parquet fédéral, compétent pour les affaires de terrorisme, a conclu à "l'acte d'une personne seule, motivée par l'islamisme".
              
Apparaissant timide et réservé, Arid Uka parlait en allemand d'une voix presque inaudible. Revêtu d'un jean et d'une chemise blanche, chaussé de baskets sombres, le jeune homme, né à Francfort, a raconté comment il s'était progressivement laissé piégé par la propagande islamiste.
              
"Outre les jeux vidéo, je ne faisais pas grand chose. J'ai commencé à faire des recherches sur l'islam. Ma famille ne sait pas beaucoup de choses sur la religion musulmane", a-t-il raconté.
              
"J'ai lu beaucoup de choses. Je ne me souviens plus de ce que j'ai lu", a-t-il ajouté. Et de continuer: "J'ai cru tout ce que je lisais. Plus je lisais, plus je croyais que c'était la vérité. (...) Je croyais que je deviendrai un meilleur musulman".
              
Il avait auparavant évoqué son enfance, sa douloureuse histoire familiale et ses résultats scolaires, répondant aux questions du juge. "Les premières années, ils étaient bons, puis ils se sont de plus en plus détériorés", a-t-il indiqué.
              
Quand il était enfant, sa mère, femme au foyer, est repartie vivre au Kosovo, puis est revenue en Allemagne. Son père était couvreur.
              
Après avoir quitté l'école sans diplôme, ayant manqué beaucoup d'heures de cours, il a travaillé comme aide soignant à Francfort d'août 2010 à début 2011. "Le travail me plaisait mais je voulais devenir laborantin", a-t-il expliqué.
              
Début 2011, il avait été embauché au centre de tri postal de l'aéroport international de Francfort, où il a travaillé jusqu'au 2 mars, où il a tiré sur des soldats américains en partance pour l'Afghanistan, en plein jour et devant de nombreux témoins.
              
Le tribunal de grande instance de Francfort prévoyait dix jours de procès et un jugement début 2012.
             
 

Première publication : 31/08/2011

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