Dernière modification : 02/09/2011 

- Éducation - France


La rentrée des enseignants s'annonce morose

La rentrée des enseignants s'annonce morose

Les enseignants rentrent dans leurs établissements ce vendredi avant les élèves le 5 septembre. Mais celle-ci s’annonce difficile cette année : 16 000 postes sont supprimés alors que les effectifs subissent une forte augmentation.

Par Amara MAKHOUL-YATIM (texte)
 

La rentrée revêt pour nombre d’enseignants un goût amer. En cause, les suppressions de postes effectives cette rentrée et leurs conséquences sur l’organisation des classes.

"Les enseignants vont faire leur rentrée dans une situation tendue ou du moins dégradée par rapport à l’année dernière", déplore Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, syndicat majoritaire dans l’enseignement primaire.

Dès le 27 septembre, une journée de grève unitaire est annoncée à l’appel des fédérations et syndicats de l'Éducation nationale. "Une grève unitaire, qui rassemble aussi largement et aussi tôt le monde de l’Éducation – primaire et secondaire seront représentés aussi bien dans le privé que dans le public -, c’est une première depuis longtemps", remarque Daniel Robin, co-secrétaire du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées.

Après 50 000 suppressions de postes entre 2007 et 2010, 16 000 sont de nouveau prévues dont 14 000 en 2012, ce qui portera le total des suppressions à 80 000 en quatre ans.

"La vraie question aujourd'hui, c'est le sur-mesure et non la quantité", a souligné le ministre de l’Éducation Luc Chatel, interrogé sur cette question, lors de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée, jeudi.

Une augmentation importante des effectifs

L’inquiétude est d’autant plus grande qu’on assiste cette rentrée à une augmentation du nombre des élèves, et ce, à tous les niveaux des cursus scolaires.

Dans le secondaire, ils seront 80 000 élèves de plus pour 4 800 professeurs de moins. Dans le primaire 9 000 postes seront supprimés, soit 1 500 classes fermées, alors que seront accueillis 8 000 élèves de plus, d’après les chiffres du Snes-FSU.

L’afflux d’élèves supplémentaires est attribué à une augmentation du nombre des naissances en France au cours de la dernière décennie, avec des pics qualifiés de "minis baby booms"en 2000 et 2005. Pour Daniel Robin, les suppressions de postes sont d’autant plus "inacceptables et incohérentes", que "ce genre de données démographiques est tout à fait prévisible!"

Pour expliquer ce déséquilibre, Sébastien Sihr rappelle l’engagement de Nicolas Sarkozy au début de son mandat de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Ainsi, de moins en moins de postes sont proposés aux concours.

"Mais cette règle est appliquée à la lettre dans toute la fonction publique, même dans l’Éducation où c’est plus qu’incohérent", déplore-t-il.

"La politique qui consiste à supprimer des emplois alors que l'on sait que dans les quinze années qui viennent, on aura de 30 000 à 50 000 élèves par an de plus à accueillir, c'est du suicide", juge Daniel Robin.

Luc Chatel estime, quant à lui, responsable d'assumer cette politique. "Ceux qui disent qu'ils vont recréer des postes en 2012 vous mentent", a-t-il ajouté lors de sa conférence de presse de rentrée.

L’enseignement menacé

Les conséquences des suppressions de postes sont multiples selon les syndicats, et concernent en premier lieu, l’inévitable augmentation des effectifs par classe.

Le risque est également de voir certaines matières supprimées. "Ce sont les options qui vont trinquer, mais aussi les langues vivantes", estime Daniel Robin. Face à la pénurie de professeurs, nombreux sont les établissements qui vont diminuer leur effectif d’enseignements optionnels et se contenter de l’anglais et de l’espagnol pour les langues vivantes.

Du côté du primaire, on déplore avant tout la diminution des postes d’enseignants des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED), dont 600 viennent d'être supprimés. Selon le SNUipp-FSU, ce sont près de 30 000 élèves en difficulté qui ne pourront pas être aidés.

Une année qui s’annonce difficile

Pour pouvoir malgré tout assurer une rentrée dans les meilleures conditions, "les professeurs remplaçants ont été utilisés dès la rentrée et affectés dans le secondaire à des postes de permanents", explique Daniel Robin. Cela signifie qu’il risque d’y avoir des difficultés à remplacer les enseignants malades par exemple. "Dans certaines académies, selon les disciplines, comme en lettres modernes ou en mathématiques par exemple, on n’a plus un seul professeur remplaçant."

Le primaire souffre du même mal. "Nous sommes très inquiets pour la période de janvier/février, traditionnel pic d’épidémies où nombre d’enseignants sont absents ", confie Sébastien Sihr. "On risque cette année d’avoir des classes fermées."

La grogne des enseignants ne semble donc pas près de s’apaiser.
 

Commentaires (20)

pauvre France, éducation et santé compromises

sur ce sujet , le gouvernement arrive encore à diviser les Français. 5/5 pour ce gouvernement.
allez y jetez vous sur les enseignants; et ne venez pas pleurer quand il faudra ouvrir vos portes monnaies pour payer l'addition du privé.
des classes à 17 quel luxe, il est urgent de redéployer les effectifs enseignants ailleurs alors.. car mon enfant est entré au CP , et ils sont 28....

incroyable raisonnement

maximus, bien l'info, ils vont pouvoir supprimer des classes chez vous et réajuster la majorité de classe surchargées, car en ce qui me concerne, la classe CP de mon fils compte 28 élèves...
préparez votre porte monnaie... il y aura encore du privé... une fois qu'on aura sucré les classes dont vous parlez.
preuve en tous les cas que l'on mise davantage sur la suppression que sur l'équité d'un redéploiement des moyens.
allez y supprimer, démanteler, les Français ne comprennent que lorsqu'ils ont les pieds, dans la m....

bon ben ils vont nous faire

bon ben ils vont nous faire leur petite gréve de rentrée annuel. Comme tous les ans le blabla "pas assez de prof", "pas bien paye". "pas assez de congé" (ah on ca ils ne s'en plaignent pas). Et vont retourner a leur poste tout tranquillement.

C'est beau le métier de prof

le pour et le contre

l'école de ma commune conprend 6 classes avec entre 17 et 22 eleves par classes, il y a env 140 eleves au college avec pour mon fils l'an dernier 17 eleves par classe.
c'est ridicule de toujours parler des classes bondées alors pourquoi ne pas aussi parler de celles qui sont normales et de celles qui ont entre 17 et 20 eleves et pour lesquelles bien sur les enseignants se taisent et font grève à la premiere occasion pour se plaindre de leurs conditions de travail.
soyons objectif, mutez les planqués de l'education nationale dites tout ou rien et surtout que ceux qui doivent enseigner enseignent ce ne sont pas les decideurs ils font le travail etdoivent aussi des résultats.
allez voir dans le 04 le niveau des classes et les resultats des éleves de classe à moins de 22 eleves.
bonne reflection

démantelement du service public et donc du service au public

1500 classes supprimées
public démantelé au profit du privé, alors que les deux sont utiles
catastrophique pour l'éducation qui sera réservée à une élite financière, catastrophe aussi pour l'accès aux soins, car même démantèlement des hôpitaux publics
volonté de diviser les Français

Morale/fermeture de classes

Augmentation des aides de l'Etat au prive, fermeture de classes et suppression de dizaines de milliers de postes. La droite réactionnaire fait plaisir a son électorat cato et a la droite extrême. Nous allons revenir aux classes de 50 élèves en primaire comme dans les annees 1950. Quant a la morale les parents devraient envoyer leurs gamins chez le curé et leur apprendre eux même, eux qui ne respectent pas grand chose parfois. L'éducation civique et morale se fait tout au long de l'année scolaire et tout au long de la journée. L'exemple venant des parents qui chargent bien évidemment de décrier tout ce qui ce fait en classe. Nos Politiques sont ils des exemples à suivre et des modèles de probité. Il serait bon de revenir sur certaines de leurs affaires d'argent.

démentèlement

problème de formation des enseignants
mais aussi et clairement démentelement du service public

démentèlement

problème de formation des enseignants
mais aussi et clairement démentelement du service public

école

Attention terrain glissant, vrai à chaque rentré nous entendons le même discours. Chacun d'entre vous a dit des vérités.
Mais il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac.

l'enseignement

Allez Messieurs-Dames, au boulot , les vacances c'est fini.
Vous êtes payés pour instruire nos enfants et petits enfants.
SVP une pensée pour les chômeurs (avec des diplomes) le RSA ( des diplomés aussi) des manutentionnaires avec des petits revenus (diplomés aussi) qui se cassent le c... au travail.
Vous nous la faite à chaque rentrée de septembre.
Pensez à ces mères de famille aux petits revenus, qui vivent
seules et pas les moyens de se payer une nounou.
vous êtes avant tout , responsable de nos petits , quand vous faites grève , vous n'avez pas ces probèmes de garde d'enfants.
Vous n'êtes pas fatigués pour des donner des cours particuliers
à domicile sans le déclarer aux impôts , c'est vrai vous avez un grand besoin d'argent pour toutes ces vacances de l'année scolaire.

enseignants

Quand mon père, instituteur,avait commencé sa carrière, il avait 54 élèves, répartis sur quatre cours. Cela ne l'empèchait pas de les mener jusqu'au certificat d'études.
La vérité est que, depuis la suppression de l'école normale (merci Jospin), les maîtres ne sont plus formés .

larentrée morose

Bonjour,
pour tous ces jeunes qui veulent réussir! qui travaillent beaucoup! Monsieur Le Ministre soyez indulgent et compréhensif, tant de professeurs attendent une place. Merci.
Le bonjour à l'équipe de France 24.

larentrée morose

Bonjour,
pour tous ces jeunes qui veulent réussir! qui travaillent beaucoup! Monsieur Le Ministre soyez indulgent et compréhensif, tant de professeurs attendent une place. Merci.
Le bonjour à l'équipe de France 24.

Rentrée

S'il y a un poste où l'on ne doit pas économiser, c'est bien celui du nombre de l'enseignement.
De la rémunération des enseignants aussi.
Retraitée de l'enseignement, je m'insurge contre l'idée souvent entendue, "que les profs ne foutent rien". s'ils étaient enseignants, ces gens sauraient que c'est un métier difficile et que leurs chers petits ne sont pas des anges surdoués. Le remplacement par des vacataires non diplômés ne va pas améliorer la qualité de l'enseignement, non plus que de mettre des débutants dans des quartiers difficiles.

Rentrée

S'il y a un poste où l'on ne doit pas économiser, c'est bien celui du nombre de l'enseignement.
De la rémunération des enseignants aussi.
Retraitée de l'enseignement, je m'insurge contre l'idée souvent entendue, "que les profs ne foutent rien". s'ils étaient enseignants, ces gens sauraient que c'est un métier difficile et que leurs chers petits ne sont pas des anges surdoués. Le remplacement par des vacataires non diplômés ne va pas améliorer la qualité de l'enseignement, non plus que de mettre des débutants dans des quartiers difficiles.

Comme d' habitude

celà fait un demi-siècle que les enseignants (ou plutôt leurs syndicats pas toujours représentatifs d'ailleurs),grognent lors des rentrées.Qu'ils aillent travaailler un peu dans le privé et celà leur passera très vite!(J'ai passé un an comme Maître auxiliaire de Mathématiques entre la fin de mes études et mon départ sous les drapeaux;j'ai constaté la "pénibilité extrême"
de leur profession...ainsi que la "formidable motivation" d' un certain nombre d' entre eux!

école

Je suis tout à fait d'accord avec vous. La seule chose ou je suis d'accord avec leur revendication (agressions verbales et physiques) qui doivent être sanctionnées

C'EST BIEN

C'est bien, Mr gouverneur, demandez une médaille... arrêtez s'il vous plait avec les "c'était mieux d'mon temps"

lamentable

lamentable pour tous ses enfants

Ils n'ont décidément pas honte

ces Enseignants si dévoués à leur sacerdoce qu'ils recommencent les grèves. Quel bel exemple pou la jeunesse ? Quel triste spectacle pour notre société ?
J'ai dirigé une École, sans un jour d'arrêt, pendant près de 40 ans. Il est vrai que c'était un établissement privé hors contrat qui obtenait d'excellents résultats, souvent les meilleurs de l'Académie, régulièrement, sans sélection et quel que soit le nombre d'élèves par classe ...
La qualité de l'enseignement dépend plus de celle de ses enseignants, de leur dévouement, que des moyens matériels et financiers et des revenus dont ils disposent.
La France a un budget de l'Enseignement qui se classe parmi les plus importants au monde, pour un résultat qui devient de moins en moins acceptable.
La faute à qui ?
www.transrealisme.org

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