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FRANCE

Jacques Chirac ne peut assister à son procès, selon un rapport médical

©

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 03/09/2011

L'ex-président de la République Jacques Chirac ne serait pas en capacité, pour raisons de santé, d'assister à son procès qui doit s'ouvrir lundi et demande à être représenté par ses avocats. Le tribunal correctionnel de Paris devra statuer.

AFP - Jacques Chirac n'ira vraisemblablement pas à son procès des emplois présumés fictifs de la ville de Paris, qui s'ouvre lundi, sa défense ayant annoncé samedi que l'ex-chef de l'Etat n'a "plus l'entière capacité d'y participer, en raison, selon un proche, d'un état de santé "dégradé" cet été.

L'ancien président (1995-2007), qui aura 79 ans en novembre, dit toutefois vouloir que le procès, déjà reporté en mars, se déroule malgré tout, selon un communiqué de ses avocats, auxquels il a demandé de le "représenter" aux audiences du 5 au 23 septembre au tribunal correctionnel de Paris.

"Le système aboutit à une impunité de facto"

Ce sera au président de la 11e chambre, Dominique Pauthe, d'en décider lundi. Selon le code de procédure pénale, un prévenu a tout à fait le droit, par lettre adressée au président du tribunal, de demander à être représenté par ses avocats. Mais le procès peut aussi être renvoyé.

Les conseils de Jacques Chirac lui ont remis vendredi "une lettre de (leur) client à laquelle était jointe son dossier médical".

L'ancien président de la République y exprime "son souhait de voir le procès aller à son terme et sa volonté d'assumer ses responsabilités même si il n'a plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences", explique encore la défense de M. Chirac.

Selon Le Monde, le rapport du neurologue Olivier Lyon-Caen, de la Pitié-Salpêtrière, affirme que "M. Chirac est dans un état de vulnérabilité qui ne lui permet pas de répondre aux questions sur son passé". Ce rapport a été sollicité en juillet par l'épouse de Jacques Chirac, Bernadette, et leur fille Claude.

D'après une personne qui le fréquente régulièrement, "son état de santé s'est dégradé durant l'été, avec une grande faiblesse en juillet". M. Chirac "a des pertes de mémoire et ne maîtrise pas ses paroles, non pas qu'il dise des choses incompréhensibles, mais sa parole est mal maîtrisée", a dit cette source à l'AFP.

Premier ancien président de la République à être renvoyé en correctionnelle, M. Chirac doit être jugé pour des faits remontant au début des années 1990, lorsqu'il était maire de Paris.

UN PROCèS INéDIT



L'un de ses conseils, Jean Veil, avait affirmé le 29 août que son client ne viendrait pas à l'audience de lundi, consacrée à des questions de procédure, ajoutant qu'il serait là mardi. Une source proche du dossier soulignait jeudi une "contradiction" entre la volonté de Jacques Chirac d'être jugé comme tout citoyen, et son état de santé. "Il n'est plus en mesure de se défendre, et il ne supporte pas l'idée qu'on le dise", indiquait cette source à l'AFP.

En mars, Jacques Chirac n'avait pas assisté au début de son procès, ajourné en raison d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). M. Chirac, qui était protégé par son immunité présidentielle pendant ses 12 ans à l'Elysée, avait ainsi obtenu un nouveau répit. Mais la Cour de cassation avait rejeté cette QPC le 20 mai, permettant de reprogrammer le procès en septembre.

Un volet de l'affaire, instruit à Nanterre, porte sur sept emplois. Le second, instruit à Paris, en concerne 21.

La ville de Paris a renoncé à se porter partie civile à la suite d'un accord d'indemnisation conclu en 2010 avec l'UMP et Jacques Chirac.

Il reviendra à l'association anti-corruption Anticor et à quelques particuliers, qui veulent se constituer partie civile, de porter la contradiction face à la défense. Anticor a fait citer comme témoin Alain Juppé, condamné en 2004 dans le cadre du volet de Nanterre en tant qu'ancien adjoint de Jacques Chirac à la mairie de Paris.

M. Chirac a toujours récusé l'idée d'un "système organisé", disant les recrutements en cause "légitimes" et "utiles à la ville de Paris".

Renvoyé, aux côtés de neuf autres prévenus, pour "détournement de fonds publics", "abus de confiance" et "prise illégale d'intérêt", il encourt dix ans de prison et 150.000 euros d'amende. Mais le parquet, qui avait requis un non-lieu pendant l'instruction, devrait logiquement demander sa relaxe.

Première publication : 03/09/2011

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