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Culture

Jonas Bendiksen : La fugacité du changement climatique visible à l'œil nu

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 03/09/2011

"J'ai traqué les conséquences du réchauffement climatique pour ces populations du Bangladesh, concernées par la fonte de l'Himalaya", explique le photographe Jonas Bendiksen. Son travail pour National Geographic est exposé à Perpignan.

Qu'est-ce qui est visible de la réalité du réchauffement climatique ? Le photographe Jonas Bendiksen commence à avoir sa petite idée sur la question. "Il y a certes les cyclones et les tempêtes tropicales, la fonte de la banquise et des glaciers. Tout cela est spectaculaire. De mon côté, j'ai cherché à traquer les petits détails qui touchent les populations. Les situations où les habitants d'un village doivent adapter leur mode de vie à l'évolution de la nature."

crédit photo : Wahid Adnan

Au festival Visa pour l'Image, à Perpignan, ce photographe norvégien de 34 ans expose un travail effectué au Bangladesh, en 2010 (cf deux commentaires de photo, au bas de l'article). Ce pays d'Asie du Sud-Est est un pays plat, dont les terres sont grignotées par le delta du Gange et du Brahmapoutre. Une grande partie du territoire se situe à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de la mer. "La menace du réchauffement climatique est tellement proche qu'ils sont obligés de s'adapter, trouver des solutions locales à un problème global. Ils cherchent à survivre avec des solutions simples, plutôt que de fuir dans un autre pays. C'est une facette positive d'un drame mondial. "

Lorsque les digues sont endommagées, les cultures ravagées par des moussons particulièrement fortes et la crue des fleuves, il faut imaginer des parades. "Les habitants préparent actuellement toute une kyrielle de solutions : des bateaux-écoles et des bateaux-hôpitaux, des maisons sur pilotis, des jardins flottants ou encore des souches de riz résistantes aux inondations".

Être là au moment où cela se passe

Jonas Bendiksen collabore régulièrement avec l'agence Magnum Photos et le mensuel américain National Geographic. Il a déjà travaillé sur la thématique du réchauffement climatique en 2009 : son périple a consisté à descendre les fleuves d'Asie qui prennent leur source dans l'Himalaya. La fonte des glaciers, attribuée au réchauffement climatique, génère des crues importantes qui modifient l'écosystème et le mode de vie des habitants des rives de ces fleuves.

C'est ainsi qu'il a déjà voyagé au Bangladesh puis décidé avec National Geographic d'y retourner. Pour se préparer, il se renseigne auprès d'ONG et de géographes, lit les journaux locaux, demande des renseignements village après village, et avance pas à pas vers ce qu'il recherche : les lieux les plus vulnérables à la montée des eaux. En particulier le district de Sathkira, où les populations font des kilomètres en file indienne pour trouver des terres plus accueillantes.

Jonas Bendiksen a passé huit semaines sur le terrain, réparties en trois voyages pour être présent au moment de la mousson, quand la crue des fleuves est à son climax. Être photographe, c'est être là au moment où cela se passe. Pas question de demander à un habitant de raconter ce qui s'est passé trois mois plus tôt.


Commentaire de la photo : "Voici un exemple d'adaptation très simple au réchauffement climatique. Ces villageois habitent une île sablonneuse, sur le fleuve Brahmapoutre, dans la division de Rangpur. La crainte est qu'avec la crue du fleuve, accentuée par la fonte des neiges de l'Himalaya, l'érosion de l'île ne s'aggrave d'année en année. La population est déjà habituée à ce phénomène d'érosion, cela fait partie des aléas de la mousson. Les habitants ont donc appris à construire des maisons mobiles. Ils peuvent démonter une habitation et la déplacer ailleurs en l'espace de trois ou quatre heures.

En l'occurrence, pour cette mosquée, la rivière s'approchait de plus en plus, d'autres maisons aux alentours avaient déjà dû se déplacer. Des bancs de sable s'écroulaient au fur et à mesure de la montée du fleuve. Ils ont attendu que les eaux soient toutes proches pour bouger la mosquée. À midi, les hommes ont fait leur prière, puis ont bougé la mosquée d'un kilomètre. À l'heure de la prière du soir, tout était en place pour se réunir à nouveau. La mosquée a ainsi été bougée 20 fois ces 30 dernières années."

Commentaire de la photo : "J'ai passé beaucoup de temps dans le district de Sathkira, où la terre et la mer se rencontrent, où s'étend la mangrove. Le paysage change tout au long de l'année, en fonction de la mousson. Tout le système d'exploitation agricole repose sur de fragiles digues, pour séparer l'eau douce de l'eau de mer, pour empêcher les marées de ruiner les rizières. Et quand les cyclones arrivent, les digues sont censées protèger les villages.

Je suis venu dans la région durant l'été 2010, un an après le cyclone Aila. Les digues avaient été endommagées et n'ont pas été réparées. Cette petite fille marche sur la digue, mais celle-ci ne sert plus à rien."

Première publication : 03/09/2011

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