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EUROPE

Un ex-ministre britannique raconte ses déboires sous le mandat de Gordon Brown

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/09/2011

Alistair Darling, ex-ministre britannique des Finances, décrit dans ses mémoires l'"enfer" qu'il a vécu sous le mandat du Premier ministre travailliste Gordon Brown (2007-2010). Ce dernier n'a pas encore réagi publiquement.

AFP - L'ex-ministre britannique des Finances Alistair Darling décrit dans ses mémoires, dont des extraits sont publiés dimanche dans le Sunday Times, "l'enfer" qu'il a vécu sous le mandat (2007-2010) du Premier ministre travailliste Gordon Brown, au caractère réputé tempétueux.

M. Darling, pourtant très proche de Gordon Brown, découvre vite que sitôt ce dernier devenu Premier ministre, "quelque chose était changé, je n'étais plus dans le premier cercle" de ses proches.

Les relations entre les deux hommes sont au plus mal juste avant la faillite bancaire de 2008, lorsque le ministre des Finances déclare dans une interview qu'il s'agit de la pire conjoncture économique en 60 ans, alors que son Premier ministre pense qu'il y en a pour six mois.

Des fuites "anonymes" dénigrent Alistair Darling dans les médias, provenant de proches de Gordon Brown, ses "chiens d'attaque". Interrogé en face-à-face, Gordon Brown dément en être à l'origine.

La période était "un enfer", confie Alistair Darling au Sunday Times. "Cela laisse des cicatrices, vous ne pouvez pas vous en remettre".

Une "atmosphère permanente de chaos et de crise" régnait à Downing Street, selon ses mémoires. Les réunions étaient convoquées puis annulées, reconvoquées "trop souvent très tôt le matin ou tard le soir", alors qu'il s'agissait de sujets épineux.

Et 48 heures avant la présentation du budget 2009, en pleine crise, "nous n'avions pas de budget... nous étions en train de le réécrire", relate l'ancien ministre des Finances.

Le budget, conçu avec l'élection de 2010 en ligne de mire (perdue par les travaillistes), "manquait simplement de crédibilité", lance-t-il.

En mai 2009, Alistair Darling refuse tout net de prendre le poste de ministre des Affaires étrangères et de laisser sa place à un proche de Gordon Brown, Ed Balls.

Un mois plus tard, il tient une réunion secrète avec David Miliband, alors chef de la Diplomatie, en vue de renverser le "régime plutôt brutal" de Gordon Brown.

Mais les deux hommes renoncent. "Cet après-midi là, nous sommes parvenus à une conclusion peu satisfaisante: que Brown ne voudrait pas partir, qu'il n'y avait pas d'alternative pour le remplacer, et donc que nous devions poursuivre envers et contre tout".

Gordon Brown n'a pas réagi aux extraits du livre de mémoires de son ministre des Finances.
 

Première publication : 05/09/2011

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