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L'Afghanistan commémore les 10 ans de la mort du commandant Massoud

Vidéo par Antoine MARIOTTI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/09/2011

Ce vendredi marque le 10e anniversaire de la mort du commandant Massoud, héros de la résistance afghane aux Soviétiques puis aux Taliban, tué par Al-Qaïda. Les cérémonies de commémoration ont eu lieu à Kaboul sous haute sécurité.

AFP - La commémoration de la mort du commandant Ahmad Shah Massoud, héros de la résistance aux Soviétiques puis aux talibans, tué il y a dix ans par deux kamikazes d'Al-Qaïda, s'est déroulée vendredi à Kaboul sous très haute sécurité et, fait inhabituel, sans le président Hamid Karzaï.

La principale raison réside sans doute dans les craintes d'attentats dans une capitale où les forces de sécurité, d'ordinaire déjà extrêmement nombreuses, ont considérablement renforcé leur présence. Des barrages de police et de militaires ont été dressés quasiment dans chaque rue, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Ces renforts ont été massivement déployés à l'occasion de la commémoration de la mort du chef de guerre tadjik, surnommé le Lion du Panchir du nom de sa vallée d'origine dans le nord. Mais aussi à deux jours du 10e anniversaire des attentats du 11-Septembre à New York et Washington, qui ont déclenché le bombardement, puis l'invasion de l'Afghanistan, alors dirigé par les talibans, par les forces internationales emmenées par les Etats-Unis.

Le président Hamid Karzaï, qui avait proclamé Massoud "Héros de la Nation afghane" et assistait chaque année à la commémoration, n'a cette fois pas honoré de sa présence la cérémonie dans une école de Kaboul, laissant le soin au vice-président, le maréchal Mohammed Fahim Khan, de prononcer le discours officiel.

Le chef de guerre Fahim, ancien compagnon d'armes et chef de la sécurité du commandant Massoud, a versé une larme en évoquant le "héros national".

Au pied du monument érigé à la gloire du chef le plus actif de la résistance aux troupes soviétiques dans les années 1980, puis aux talibans dans les années 1990, quelques centaines de personnes se sont rassemblées vendredi pour scander "Longue vie à Massoud, nous suivrons ton chemin", en brandissant des drapeaux noirs.

Dans le Panchir en revanche, le bastion de Massoud que ni les soviétiques ni les talibans n'aveint réussi à soumettre complètement, la commémoration a vu affluer des centaines et probablement des milliers de personnes. Une estimation tant le va-et-vient au sommet d'une colline où repose le commandant dans un mausolée a été incessant tout au long de la journée, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Le long de la route reliant Kaboul à la vallée du Panchir, d'innombrables échoppes arboraient un drapeau noir en signe de deuil ainsi que, pour la plupart, un portrait de Massoud. Tout comme les nombreux barrages de contrôle tenus par des policiers.

Au pied du mausolée, Haji Khan Jan, venu de Kaboul avec ses cinq enfants et son neveu, se recueille. "Je les ai amenés ici pour leur montrer que nous avons un héros, que nous devons suivre la voie qu'il a tracée, et pour que la nouvelle génération ne l'oublie pas", dit-il.
 

Première publication : 09/09/2011

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