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FRANCE

Après Chirac et Villepin, Le Pen mis en cause dans une affaire de fonds occultes

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/09/2011

Robert Bourgi (photo), qui a accusé dimanche Jacques Chirac et Dominique de Villepin d'avoir reçu de l'argent de dirigeants africains, a également mis en cause l'ex-président du Front national Jean-Marie Le Pen.

AFP - Jean-Marie Le Pen après Jacques Chirac : l'avocat Robert Bourgi a continué lundi à distiller ses accusations sur l'argent noir de la "Françafrique", qui aurait financé selon lui diverses figures de la politique française, provoquant une avalanche de réactions et la curiosité du barreau de Paris sur ses activités.

"M. Jean-Marie Le Pen a été reçu par le président Bongo et le président Bongo a financé la campagne électorale de M. Jean-Marie Le Pen en 1988", a affirmé M. Bourgi à BFMTV lundi soir, citant l'ex-président du Gabon. Le fondateur du Front national a aussitôt démenti des accusations "ridicules", "téléguidées" selon lui par Nicolas Sarkozy.

Jean-Paul GOUREVITCH, consultant international, spécialiste de l'Afrique

La veille, Me Bourgi avait "mouillé" un vieil adversaire de Jean-Marie Le Pen, l'ex-président de la République Jacques Chirac.

Comme s'il suivait un plan média très étudié, M. Bourgi a ensuite évalué lundi matin sur une radio "à 20 millions de dollars ce que j'ai remis à M. Chirac et Dominique de Villepin" son secrétaire général puis ministre entre 1997 et 2005.

Il admet n'avoir aucune preuve de ses accusations : "Dans ce domaine-là, il n'y a aucune trace".

Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont annoncé dès dimanche qu'ils portaient plainte pour diffamation. Les accusations de Bourgi surviennent alors que M. Chirac est jugé en son absence dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, et que M. de Villepin attend la décision en appel de la justice dans l'affaire Clearstream.

L'Ordre des avocats de Paris a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête déontologique "afin d'être exactement informé sur la réalité des missions que M. Robert Bourgi, avocat, déclare avoir accomplies".

M. Bourgi a étendu son réquisitoire aux prédécesseurs de Jacques Chirac, "Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand". Mitterrand a-t-il touché de l'argent des dirigeants africains ? "A ma connaissance, non", a répondu son ex-Premier ministre, Laurent Fabius (1984-86).

Le Burkina Faso a qualifié de "grotesques" les accusations de ce conseiller officieux de la présidence française. Un conseiller en France de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo parle au contraire de "pratiques historiques".

Alors que M. Bourgi s'emploie à exonérer Nicolas Sarkozy, qui lui a remis la Légion d'honneur en septembre 2007, de ces circuits d'argent occulte, l'ex-chiraquien Jean-François Probst accuse : "Bourgi s'est dépensé sans compter pour Sarkozy auprès de nombreux chefs d'Etats africains lors de la présidentielle de 2007".

Un proche de M. Sarkozy, qui prend ses distances avec Bourgi, a assuré à l'AFP que cet avocat n'avait "jamais été conseiller officiel du président" et "traitait surtout avec Guéant plus qu'avec le président".

Avant les accusations portées contre son père, la présidente du FN, Marine Le Pen, s'est étonnée que Robert Bourgi "ne parle pas de Nicolas Sarkozy, alors qu'il fait partie du premier cercle" des proches du président de la République.

Eva Joly (EELV) a vu lundi dans les accusations "extrêmement vraisemblables" de Robert Bourgi contre Jacques Chirac et Dominique de Villepin un "contre-feu" à des dossiers dangereux pour Nicolas Sarkozy.

Autre question soulevée par la confession de l'avocat : pourquoi parler aujourd'hui après des décennies dans l'ombre ?

Serait-ce, comme accuse M. de Villepin, pour torpiller sa future candidature ? Mais était-ce nécessaire pour barrer la route à ce candidat "qui n'a pas beaucoup d'espérance" ?, s'interroge Patrick Devedjian.

M. Bourgi a sa propre explication : il a vu "trop de choses ignobles" et veut désormais "une France propre".

Manuel Valls, candidat à la primaire socialiste, a souhaité lundi une "commission parlementaire" sur "les relations très particulières" entre la France et des dirigeants africains, lançant : "ça pue".

L'ONG Transparency International (TI) a demandé lundi que Robert Bourgi soit entendu "au plus vite".

 

Première publication : 12/09/2011

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