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Economie

Les députés approuvent le plan d'austérité de Berlusconi

©

Vidéo par Antoine MARIOTTI , Alice DARFEUILLE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/09/2011

Après le feu vert du Sénat, le plan d'austérité de 54,2 milliards d'euros qui doit permettre à l'Italie de réduire sa dette a été définitivement adopté ce mercredi par les députés.

AFP - Les députés italiens ont adopté définitivement mercredi le plan d'austérité de 54,2 milliards d'euros devant permettre à l'Italie, sous pression des marchés, de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013 et de réduire sa dette.

Après un vote de confiance remporté à une légère majorité en début d'après-midi par le gouvernement de Silvio Berlusconi, sécurisant l'adoption de ce plan, les députés l'ont entériné formellement dans la soirée avec 314 voix pour et 300 contre.

Peu avant le vote, des échauffourées ont opposé devant la chambre basse les forces de l'ordre et plusieurs dizaines de membres des syndicats USB et Cobas ont chahuté un député et ex-ministre, Andrea Ronchi, en lui reprochant de gagner en un mois ce qu'un Italien moyen gagne en un an.

"La crise sera payée par ceux qui l'ont provoquée", proclamait une banderole de ces syndicats.

Ce nouveau plan d'austérité, très impopulaire dans le pays, avait été annoncé en urgence début août, en échange du soutien de la Banque centrale européenne, le premier plan adopté en juillet ayant été jugé insuffisant par les marchés.

Mais les nombreuses modifications intervenues depuis, afin de contenter une majorité divisée et affaiblie, ont attisé les craintes des investisseurs.

Le plan a finalement été renforcé mardi dernier, à la veille de l'adoption au Sénat, avec une hausse de la TVA, le relèvement plus tôt que prévu de l'âge de la retraite des femmes dans le privé ainsi qu'une taxe sur les riches, moins large cependant que celle abandonnée quelques jours plus tôt.

Parmi les autres mesures, figurent de sévères coupes budgétaires pour les ministères et les collectivités locales et un renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale.

Malgré ce tour de vis, et le rachat de dette par la BCE, l'Italie, qui croule sous une dette de plus de 1.900 milliards d'euros (environ 120% du PIB), ne parvient toujours pas à rassurer les marchés.

Lundi et mardi, les taux payés pour financer sa dette se sont envolés à des sommets. Mais contrairement à ce qu'a indiqué le Financial Times, Rome a assuré ne pas avoir demandé à Pékin de l'aider en achetant ses obligations.

En visite à Rome, le ministre allemand de l'Economie, Philipp Rösler, a dénoncé les "attaques des marchés" contre l'Italie qui sont une attaque "contre toute la zone euro", regrettant que les investisseurs aient une mauvaise perception de la dette italienne.

Critiqué par les syndicats, le plan de rigueur est aussi vilipendé par le patronat. "Ce ne sont que des taxes (...) Il ne résout pas les problèmes de l'Italie" et aura un effet "dépressif" sur l'économie, a accusé la "patronne des patrons" Emma Marcegaglia.

Gouvernement et parlementaires pensent donc déjà à d'autres mesures.

Comme promis début août, le gouvernement va adopter prochainement un train de mesures pour relancer une croissance atone qui complique l'assainissement des finances publiques.

Depuis Bruxelles, Silvio Berlusconi n'a, par ailleurs, pas exclu mardi que l'âge de la retraite puisse être augmenté.

Et Massimo Corsaro, vice-président des députés du PDL, le parti du Cavaliere, a proposé un plan de réduction de la dette de 400 milliards d'euros, basé sur des privatisations, un impôt sur le patrimoine et une réforme des retraites, afin de la faire baisser immédiatement à 90% du PIB. Une initiative qui a reçu le soutien de plusieurs élus de la majorité.

Mettant en garde contre "une spirale de plans de rigueur comme en Grèce", le Parti Démocrate (gauche) a appelé de nouveau, par la voix de Walter Veltroni, à la démission du gouvernement afin de restaurer la crédibilité du pays.

Un appel balayé par la majorité qui accuse l'opposition de "fournir des munitions aux spéculateurs", selon Fabrizio Cicchitto, chef de file des députés du PDL.

Première publication : 14/09/2011

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