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Economie

A Pékin et à Moscou, le grand soir 2.0 n'est pas pour demain

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 16/09/2011

Les réseaux sociaux ont joué un rôle essentiel dans la mobilisation des populations lors des révolutions arabes. La Chine et la Russie, deux régimes réputés pour leur autoritarisme, auraient pu en ressentir l’onde de choc. Il n’en est rien…

L’effet papillon de ce qui a été surnommé les "révolutions 2.0" en Tunisie et en Egypte ne semble pas encore s’être propagé en Chine et en Russie, deux pays pourtant souvent pointés du doigt pour leurs dérives autoritaires. A tel point que, lors d’une conférence sur l’évolution de l’Internet dans ces deux pays organisée jeudi à Paris par l’Institut français des relations internationales (Ifri), le sujet n’a été évoqué qu’en pointillé. Le thème de l’exposé, pourtant, s’y prêtait. Réunie pour l'occasion, une vingtaine de spécialistes de l’économie numérique et du net-activisme en Chine et en Russie a, en effet, cherché à évaluer l’impact démocratique de l’Internet dans ces deux États.

Si les conférenciers n'ont pas abordé le sujet, c'est que les internautes russes et chinois ont été peu influencé par l'exemple du "printemps arabe" 2.0. Car en Russie et en Chine, l’Internet a une nature particulière et fait l’objet d’utilisation spécifique. 

C’est le cas notamment en Russie, où le Web n’est pas encore appréhendé comme un instrument d’opposition au régime. "Les Russes sont frappés d’apathie numérique et pensent que rien de ce qu’ils pourront faire n’aura d’influence sur le pouvoir", regrette ainsi Alexey Sidorenko, responsable pour la Russie de GlobalVoices, un réseau de blogueurs citoyens.

Les blogs d’abord

Les 60 millions d’internautes russes n’utilisent d’ailleurs que très peu les réseaux sociaux qui ont nourri les révolutions en Tunisie et en Égypte. “Il n’y a actuellement qu’environ 5 millions d’utilisateurs de Twitter”, remarque encore Alexey Sidorenko. Quant à Facebook… la Russie est l’un des rares pays au monde où le plus célèbre réseau social américain est supplanté par un concurrent local baptisé VKontakte. Or, “une armée de modérateurs surveille ce qui se passe sur ce site, ce qui n’incite pas franchement au net-activisme”, reprend Alexey Sidorenko.

Pour cet expert, la contestation sociale sur le Web passe avant tout par les blogs dans le pays. Le plus important site russe, LiveJournal, est ainsi une plateforme de blogs sur laquelle se rendent chaque mois quelque 20 millions d’internautes. Mais “l’activisme y concerne essentiellement les questions environnementales et les situations d’urgence comme les feux de forêt qui ont dévasté la Sibérie cette année, ou encore la recherche de personnes disparues”, souligne Alexey Sidorenko. La mise en cause directe du pouvoir n’est pas très répandue “par peur des représailles”, ajoute-t-il.

Les Russes n’ont pas non plus de raison de se plaindre de la censure des réseaux, car “le Kremlin n’a même pas besoin d’y avoir recours”, souligne pour sa part Julien Nocetti, expert de la Russie à l’Ifri. “Contrairement à d’autres pays, il n’y a quasiment pas de blogueurs ou d’internautes qui ont été mis en prison pour leurs activités sur la Toile”, poursuit celui-ci. En revanche, le pouvoir a tout fait pour que la population ne perçoive pas l’Internet comme un outil de revendication politique. Et ça marche : “Les internautes russes utilisent le Web pour se divertir, regarder des vidéos ou écouter de la musique”, conclut Julien Nocetti.

La menace économique

Une manière de détourner l’Internet d’une éventuelle utilisation politique également utilisée par les autorités chinoises. “Pékin insiste beaucoup sur l’intérêt du Web pour la consommation, les sorties et d’autres choses plus futiles encore”, souligne Min Jiang, spécialiste de l’Internet chinois à l’université de Pennsylvanie, aux Etats-Unis, et ancienne journaliste de CCTV, la chaîne de télévision officielle chinoise.

Cependant, à la différence des internautes russes, les 485 millions d’internautes chinois - soit huit fois la population totale française - connaissent, eux, une censure numérique particulièrement sévère. Elle est symbolisée par la "grande muraille numérique" de Chine, un système de filtrage de l’Internet initié en 1998 et pleinement opérationnel depuis 2006, qui a donné naissance à un mouvement de cyber-résistance dont les figures emblématiques sont les blogueurs Lü Gengsong (en prison depuis 2007 et libéré en août 2011) ou Liu Xianbin (arrêté en janvier 2011 et condamné à 10 ans de prison en avril 2011). Une opposition 2.0 au régime de Pékin qui existait donc avant le “printemps arabe” et qui n’a pas vraiment pris d’ampleur à cette occasion.

Min Jiang l’explique en partie par “une certaine méfiance chinoise envers le modèle démocratique occidental” qui a inspiré les soulèvements égyptien et tunisien. “Pour une grande partie des Chinois, ce modèle est en train de sombrer, emporté par la tempête de la crise économique. Ils se demandent donc s’il est vraiment meilleur que le leur”, explique-t-elle.

Pékin a par ailleurs entrepris ces derniers mois une grande œuvre de nationalisation du Web en créant des outils officiels chargés de concurrencer directement les Twitter et autre Google, largement censurés en Chine. Depuis décembre dernier, le régime a, ainsi, son propre moteur de recherche baptisé Jike - sur lequel travaillent d’anciens employés de Google Chine - et un “Microblog rouge” (un Twitter à la gloire des autorités chinoises). “Et je ne serais pas étonné que les autorités créent aussi une alternative maison à YouTube !”, prédit Min Jiang.

Seul risque, à ce jour, pour les autorités chinoises : une forme de contestation grandissante de la censure par les milieux d’affaires. “Pékin a toujours dit que l’Internet devait servir à promouvoir la croissance économique. Or, aujourd’hui certains net-entrepreneurs chinois commencent à souligner que la censure est mauvaise pour eux”, remarque Min Jiang, pour qui cette remise en cause inattendue pourrait s’avérer très dangereuse pour les autorités si elle prend de l’ampleur.

Crédit Photo : Publik15/Flickr

Première publication : 16/09/2011

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