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Afrique

Sarkozy et Cameron accueillis en héros, les forces du CNT entrent dans Syrte

Vidéo par David THOMSON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/09/2011

Le président français et le Premier ministre britannique ont été accueillis dans la liesse en Libye, jeudi. Au même moment, les forces du CNT affirmaient être entrées dans Syrte, l'un des derniers bastions de Kadhafi.

AFP - Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron ont été accueillis en héros jeudi en Libye, où les forces du Conseil national de transition (CNT) ont affirmé être entrées à Syrte, l'un des derniers bastions pro-Kadhafi.
              
Premiers dirigeants occidentaux à venir en Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, ils ont notamment pris un bain de foule à Benghazi (est), qui a servi de "capitale" aux rebelles pendant les sept mois d'insurrection contre le régime.
              
Le président français a affirmé lors d'une conférence de presse commune avec M. Cameron et les dirigeants du CNT à Tripoli, que Mouammar Kadhafi, en fuite depuis le 23 août, était encore "un danger" et qu'il y avait donc "un travail à terminer", le Premier ministre britannique promettant d'aider à sa traque.
              
"Nous devons poursuivre la mission de l'Otan jusqu'à ce que tous les civils soient protégés et jusqu'à ce que notre travail soit terminé", a souligné David Cameron, ajoutant: "Nous vous aiderons à trouver Kadhafi et à le présenter devant la justice".
              
M. Cameron a expliqué que l'Otan, à la tête des opérations militaires en Libye depuis le 31 mars, poursuivrait sa mission tant que des régions libyennes, notamment Syrte et plusieurs oasis du Sahara, resteraient sous contrôle des pro-Kadhafi.
              
"Ceux qui pensent encore que Kadhafi a encore une place au gouvernement ou dans le pays doivent se défaire de cette idée. Il n'en a aucune. Il est temps pour lui de se rendre", a-t-il encore lancé.
              
Peu après ces déclarations, les forces armées du Conseil national de transition (CNT) à Misrata ont affirmé que leurs combattants étaient entrés dans Syrte, à 360 kilomètres à l'est de Tripoli.
              
"Nos révolutionnaires sont entrés à Syrte aujourd'hui (jeudi) par trois axes principaux", a affirmé dans un communiqué le Conseil militaire de Misrata, la grande ville rebelle située au nord-ouest de Syrte.
              
"Il y a encore de la résistance mais nos combattants pourront la surmonter", a pour sa part déclaré à l'AFP Fathi Bachaga, un porte-parole militaire.
              
Le Conseil militaire a ensuite affirmé que "les révolutionnaires de Misrata avaient atteint le centre-ville de Syrte", "contrôlaient désormais les entrées à la ville et commençaient à passer au peigne fin" le secteur pour débusquer les pro-Kadhafi.
              
Les forces venues du sud ont aussi encerclé une base aéroportuaire, dont elles devaient encore prendre le contrôle, selon M. Bachaga.
              
Jeudi matin, des centaines de pick-up surmontés d'armes lourdes étaient partis de Misrata vers l'est en longeant la côte.
              
Au carrefour d'Abou Qarin, le convoi, de 900 véhicules selon le Conseil militaire de Misrata, s'était divisé pour encercler Syrte sur trois fronts.
              
Les forces pro-CNT ont été aidées par les frappes de l'Otan, qui ont touché huit cibles mercredi dans la région de Syrte.
              
Dans un message diffusé mercredi soir, le colonel Kadhafi avait accusé l'Otan de "terrorisme et de destructions indescriptibles à Syrte", selon la chaîne Arraï basée en Syrie.
              
Environ 15% du dispositif des pro-Kadhafi reste opérationnel, a estimé le général Vincent Tesnière, adjoint du commandant en chef de l'état-major multinational air de l'Otan, précisant que l'essentiel de ces forces est concentré sur une zone allant de Tripoli à Sebha (à 400 km au sud) et jusqu'au port de Syrte.
              
A Tripoli, M. Sarkozy a demandé qu'il n'y ait ni "vengeance" ni "règlements de comptes" en Libye et a appelé les pays ayant sur leur sol des Libyens recherchés à les livrer à la justice internationale.
              
"Nous avons dit également au CNT que c'est aux Libyens de construire l'avenir, ce n'est pas à nous", a-t-il souligné.
              
Le chef de l'Etat français a souhaité que le CNT conserve son "unité" pour "permettre la période de transition, les prochaines élections et la prochaine Constitution".
              
MM. Sarkozy et Cameron ont visité pendant une heure un hôpital de la capitale où, accueillis dans la liesse, ils ont parlé avec des blessés.
              
Comme on lui demandait si les slogans enthousiastes lui faisaient plaisir, M. Sarkozy a répondu: "ce n'est pas une question de plaisir, c'est extrêmement émouvant de voir les jeunes Arabes se tourner vers deux grands pays d'Occident pour leur dire merci. Ce qui prouve que l'affrontement entre l'Occident et l'Orient n'est pas du tout une fatalité".
              
A Benghazi, M. Sarkozy a assuré croire dans une "Libye unie, pas dans une Libye divisée", tandis que David Cameron a jugé "extraordinaire de se retrouver dans Benghazi libéré, dans une Libye libre".
              
"Vous avez voulu la paix, vous avez voulu la liberté, vous voulez le progrès économique, la France, la Grande Bretagne et l'Europe seront aux côtés du peuple libyen", a affirmé le président français.
              
Selon un porte-parole de M. Cameron, la Grande-Bretagne devrait débloquer "environ 600 millions de livres (688 millions d'euros) d'avoirs libyens qui étaient gelés par les résolutions des Nations unies".
              
Quelque 12 milliards de livres (près de 14 milliards d'euros) en liquide et d'autres actifs (immobiliers, etc.) avaient été gelés au Royaume Uni en février à la suite de résolutions.
              
Le chef de la diplomatie égyptienne Mohammed Kamel Amr s'est également entretenu jeudi avec des responsables du CNT lors d'une visite à Tripoli, la première d'un responsable arabe depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
              
M. Amr a été chargé par l'armée au pouvoir en Egypte d'examiner des moyens de "poursuivre et de renforcer" les liens avec le CNT et proposer la coopération du Caire notamment dans les opérations de déminage des sites industriels et pétroliers

Première publication : 16/09/2011

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