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Moyen-orient

Les partis d'opposition laïcs syriens unissent leurs forces à Paris

Dernière modification : 18/09/2011

Une dizaine de partis syriens, réunis ce week-end à Paris, ont lancé la Coalition des forces laïques et démocratiques syriennes (CFLD). Venus des États-Unis, d'Europe et du Proche-Orient, ils s'opposent à une Syrie "dominée par les islamistes".

AFP - Une coalition de partis d'opposition syriens laïques a été officiellement lancée samedi à Paris par une dizaine de formations musulmanes et chrétiennes, arabes et kurdes, qui ont appelé l'ensemble des minorités en Syrie à soutenir la lutte contre le régime de Bachar al-Assad.

Randa Kassis, porte-parole de la coalition laïque syrienne

Ces formations --assyrienne, syriaque, kurde, sunnite, laïque-- ont créé la Coalition des forces laïques et démocratiques syriennes (CFLD), embryon d'une opposition syrienne de l'extérieur, laïque et démocratique, ont-t-ils indiqué à l'AFP.

Leurs membres, venus des Etats-Unis, d'Europe ou du Proche-Orient, sont réunis samedi et dimanche dans un grand hôtel parisien.

"La Syrie de demain doit être pluraliste et pas dominée par les islamistes", a lancé la porte-parole de la coalition Randa Kassis, membre du parti Hadatha. "Nous devons travailler ensemble à faire tomber ce régime (...) qui a torturé, exilé, tué", a-t-elle martelé.

Plus de six mois après le début de la contestation populaire en Syrie, violemment réprimée par les forces armées syriennes, l'opposition syrienne n'a toujours pas réussi à s'unifier.

Elle est divisée entre opposants de tendance islamiste, souvent proche des Frères musulmans, et opposants laïques. Des lignes de fracture existent également entre Kurdes et Arabes, ainsi qu'entre chrétiens et musulmans.

"Laïcs et islamistes n'arrivent pas à se mettre d'accord pour l'instant, c'est un processus lent, mais il y a des éléments des deux côtés qui peuvent réussir à faciliter le dialogue", a estimé Bassam a-Bitar, membre d'Alenfetah, parti basé à Washington. "Il s'agit de montrer qu'il n'y a pas que les islamistes, les fanatiques, il y a nous aussi", a-t-il ajouté.

La CFLD a aussi appelé les minorités syriennes à s'unir contre le régime alors qu'en Syrie, les minorités chrétienne et kurde notamment hésitent à se joindre au mouvement de contestation par peur des représailles du régime et de l'arrivée d'islamistes au pouvoir.

"Nous encourageons les minorités religieuses à participer à la révolution syrienne", a déclaré Bassam a-Bitar. "C'est le moment d'unifier toutes nos forces", a renchéri Randa Kassis, membre du parti Hadatha.

Cette coalition laïque apparaît alors que deux "conseils" de l'opposition ont vu le jour en Turquie.

Le "Conseil national de transition syrien", dirigé par Burhan Ghalioun, une des personnalités les plus en vue de l'opposition en exil, est né fin août à Ankara.

Ce dernier a appelé samedi à Paris les opposants à mettre la "question de la laïcité dans le contexte de la révolution", manière de les appeler à ne pas se tromper d'ennemi et à dialoguer avec les islamistes pour arriver à une opposition unifiée de nature à renverser le régime du président syrien.

Un "Conseil national" s'est de son côté réuni jeudi à Istanbul où il a dévoilé une partie de la liste de ses 140 membres tout en reconnaissant qu'il ne pouvait pas prétendre "représenter" à lui seul la révolution. Les partis laïques estiment que les islamistes sont majoritaires dans cette instances.

La Syrie est secouée depuis le 15 mars par un mouvement de contestation sans précédent, violemment réprimé par les autorités.

Selon le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, 2.600 personnes ont été tuées dans la répression.
 

Première publication : 18/09/2011

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