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Afrique

Attaque d'un bar près de la capitale, 36 personnes tuées

Texte par Dépêche

Dernière modification : 19/09/2011

Trente-six personnes ont été exécutées par un groupe d'hommes armés, dimanche, dans un bar situé à quinze de kilomètres de Bujumbura, la capitale du Burundi. Ces derniers mois, les attaques de ce type se sont multipliées dans le pays.

REUTERS - Trente-six personnes ont été tuées dans l'attaque d'un bar par des inconnus près de Bujumbura, la capitale du Burundi, où la recrudescence des violences laisse craindre une nouvelle escalade, six ans après la fin de la guerre civile.

Un groupe d'hommes armés a surgi tard dimanche dans un bar de la ville de Gatumba, à 15 km à l'ouest de la capitale, et a ouvert le feu sur les clients, a rapporté un habitant. La police a retrouvé 23 corps sur place et treize autres personnes ont succombé à leurs blessures à l'hôpital, disent les autorités.

"Les assaillants avaient des pistolets et des couteaux, certains étaient habillés en policiers", a témoigné un rescapé, trop effrayé pour donner son nom. "Ils ont ordonné à tout le monde de se coucher par terre et ont commencé à abattre les victimes une par une." L'attaque n'a pas été revendiquée.

Selon un témoin, plusieurs assaillants ont formé un périmètre autour du bar pour empêcher toute intervention des forces de l'ordre pendant que les autres massacraient les clients à l'intérieur du bar.

Le Burundi jouit d'une paix relative depuis que les anciens rebelles hutus des Forces nationales de libération (FNL) ont déposé les armes en 2005 puis rallié le gouvernement en 2009 après deux décennies d'insurrection.

Mais les attaques contre les civils et les soldats se sont multipliées ces derniers mois depuis les élections de l'an dernier boycottées par l'opposition, laissant craindre un retour de la violence dans ce pays de huit millions d'habitants.

"Parler d'une nouvelle rébellion n'est pas exagéré. Il y a une vraie escalade dans les affrontements et ils se rapprochent de Bujumbura", note Thierry Vircoulon, de l'International Crisis Group (ICG).

L'ancien chef rebelle Agathon Rwasa s'est réfugié en République démocratique du Congo (RDC) en juin 2010 après avoir boycotté un scrutin présidentiel dont il dénonçait par avance le truquage.
"Le Burundi ne peut pas se permettre d'avoir les dirigeants de l'opposition hors du pays et l'opposition totalement marginalisée", estime encore Thierry Vircoulon.

Les habitants de Gatumba ont rapporté que le bar était fréquenté souvent par des partisans du parti au pouvoir. Le président Pierre Nkurunziza a déclaré trois jours de deuil national.

 

Première publication : 19/09/2011

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