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SPORT

Mauvaise langue, la presse néo-zélandaise ?

Texte par Emmanuel VERSACE

Dernière modification : 21/09/2011

Samedi, les All Blacks affrontent leur bête noire, le XV de France, dans la rencontre la plus attendue des phases de poule. Pour une partie de la presse néo-zélandaise, les Bleus "préparent" leur défaite pour éviter les nations du Sud par la suite.

Le journal "NZ Herald", premier tirage néo-zélandais (250 000 exemplaires), n’y est pas allé de main morte pour qualifier, en Une de son édition de mercredi, la liste présentée par Marc Lièvremont de "une farce française à 460 dollars". Le deuxième journal du pays, le "Dominion Post" critique lui une équipe de France abordant cette rencontre "avec une attitude trop tranquille".

Pour le match face aux All Blacks prévu samedi, le sélectionneur du XV tricolore a en effet titularisé Morgan Parra en ouverture, un poste où il n’a joué qu’une seule fois en sélection - face au Japon lors de ce Mondial. S’ajoute la non-sélection de plusieurs joueurs cadres dont Imanol Harinordoquy. Il n’en fallait pas plus à l’éditorialiste britannique Peter Bill pour dénoncer un complot français visant à perdre sciemment le match le plus attendu des phases de poule.

"C’est une insulte faite aux 60 000 spectateurs qui ont acheté leur billet (460 dollars NZ) en espérant assister à une rencontre de qualité entre deux équipes à leur meilleur niveau", s’est lamenté Peter Bill, qui s’est fait le porte-parole d’une opinion publique impatiente d’en découdre avec le bourreau du dernier Mondial. En 2007, la France, était devenue la bête noire du public néo-zélandais en battant, contre toute attente, des All Blacks sûrs d’eux, en quarts de finale (20-18).

Nouvelle-Zélande - France, un match qui devait être joué en ouverture

Cette théorie du complot est apparue après la victoire de l'Irlande sur l'Australie (15-6), le week-end dernier. Ce résultat inattendu pourrait rejeter toutes les nations de l'hémisphère sud dans la même partie du tableau, ouvrant du même coup la voie aux sélections européennes, réputées plus facile à jouer. Pour la France, cela reviendrait à terminer deuxième de son groupe : une "performance" qui passe par une défaite face aux All Blacks.

Cependant, la Fédération néo-zélandaise aurait pu éviter cette situation. En effet, traditionnellement, le pays hôte débute le Mondial face à l’équipe la mieux classée de son groupe. En 2007, la France n’avait pas échappé à cette règle et en avait payé le prix fort avec une défaite cinglante face aux Pumas argentins (12-17). Or, les All Blacks ont donné le coup d’envoi de cette Coupe du monde face aux îles Tonga, pourtant moins bien classées au plan mondial que les Bleus (5e contre 15e pour les Tongiens)… Une décision qui laisserait croire que la Fédération néo-zélandaise n’était pas totalement sûre de remporter ce match face aux Bleus.

Gregor Paul, journaliste au NZ Herald, s’interroge sur les fondements de ce soi-disant complot. "La France n’a jamais eu de bons résultats en Coupe du monde face aux Anglais [prochains adversaires des Français s’ils terminent à la deuxième place du groupe, NDLR] - avec une défaite en quarts de finale en 1991 et deux demi-finales perdues en 2003 et 2007. Penser que les "Six Nations" sont des petites équipes est une ineptie - l’arrogance des nations du Sud pousseé à son paroxysme", lâche-t-il. La France vient à l’Eden Park pour gagner. Lièvremont n’est pas fou et Parra sera sûrement une source d’inspiration pour sa sélection." Steve Hansen, sélectionneur adjoint des All Blacks, a lui déclaré qu’ils ne s’attendaient pas à autre chose. Tant que le sport reprend ses droits...

Première publication : 21/09/2011

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