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Economie

Journée de grève pour dénoncer de nouvelles mesures d'austérité

Vidéo par Anne SOETEMONDT

Texte par Dépêche

Dernière modification : 22/09/2011

Transports publics, enseignement... Jeudi, au lendemain de l'annonce de nouvelles mesures par le gouvernement, plusieurs secteurs ont été touchés par des grèves organisées contre l'austérité, paralysant notamment la circulation à Athènes.

AFP - Les rues d'Athènes ont été paralysées jeudi par une grève des transports, en prélude à un mois d'octobre social chaud, après les nouvelles mesures d'austérité décidées par le gouvernement grec qui tente d'éviter une faillite du pays "à l'Argentine".

Situation exceptionnelle, Athènes était privée de tout transport public, ainsi que de taxis, opposés à un projet de libéralisation de leur secteur, tandis qu'enseignants et employés municipaux avaient également prévu des arrêts de travail.

Le recours aux voitures particulières pour les déplacements a conduit à la formation de gigantesques embouteillages dans la ville, dont certaines rues du centre avaient été fermées en raison des manifestations prévues.

Les contrôleurs aériens ont aussi observé un arrêt de travail de quatre heures, forçant les compagnies aériennes à annuler ou reporter des vols.

Sur fond d'aggravation de la récession (PIB de -5% prévu en 2011) et du chômage (taux à 16% au 2e semestre), les syndicats ont annoncé mercredi que le secteur public serait en grève le 5 octobre et une grève générale de 24 heures est prévue le 19.

Dossier

Ces mouvements sociaux reflètent la colère, l'incrédulité et la consternation de la population grecque, devant le nouveau tour de vis annoncé la veille par le gouvernement.

Dès mercredi soir, une manifestation anti-austérité a eu lieu dans les rues d'Athènes, organisée par le syndicat du parti communiste (Pame).

Le gouvernement socialiste venait de décider de baisser les retraites supérieures à 1.200 euros mensuels, de mettre au chômage technique 30.000 salariés du secteur public d'ici à la fin 2011, qui ne seront pas payés plus de 60% de leur salaire de base et auront un an pour trouver un autre emploi, et d'abaisser le seuil minimum d'imposition à 5.000 euros de revenus par an.

Le gouvernement s'est engagé à "faire tout ce qu'il faut pour ne pas mettre en danger l'avenir du pays et sa place dans la zone euro".

La nouvelle taxe immobilière annoncée récemment pourrait être étendue jusqu'en 2014 et les salaires de la fonction publique vont être rabotés par l'imposition d'une grille unique de salaires.

La Grèce veut convaincre ses créanciers - Fonds monétaire international (FMI), zone euro et Banque centrale européenne (BCE) - de lui verser une sixième tranche de huit milliards d'euros du prêt consenti en mai 2010, sans laquelle elle risque de se retrouver en cessation de paiement dès octobre.

Les dirigeants de la troïka des créanciers doivent revenir à Athènes la semaine prochaine, après avoir imposé au gouvernement de revoir sa copie.

Les milieux d'affaires ne cessent de s'inquiéter. "La Grèce se transforme en hospice pour les pauvres, avec de nouvelles mesures annoncées chaque jour et chaque semaine", a commenté le patron de la Chambre de commerce et d'industrie d'Athènes, Constantinos Michalos, pour la télévision publique.

"Il n'y a pas de boussole, ce gouvernement ne sachant pas où il va", a-t-il lancé.

Le malaise est aussi perceptible dans les rangs des députés qui doutent de ces nouvelles mesures d'austérité après plus de deux années de récession.

Le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos a indiqué jeudi que le pays faisait tout ce qu'il pouvait pour éviter une situation de crise "à l'Argentine", lorsque le pays acculé à dû brusquement faire défaut sur sa dette et dévaluer sa devise il y a dix ans.

"La situation est extrêmement critique et je pourrais dire dangereuse" a-t-il dit.

"Il y a beaucoup de nervosité dans la zone euro, le système bancaire européen et l'économie mondiale, nous faisons tous les efforts que nous pouvons pour nous protéger et éviter la crise. Car une crise c'est ce qui s'est passé en Argentine en 2000", indiqué le ministre.

"Nous devons résister", a dit, comme en écho, le dirigeant du syndicat des employés du métro Antonis Stamatopoulos à la télévision publique NET. "Dans le passé, même les envahisseurs Allemands ou Turcs de la Grèce n'avaient jamais imposé de tels impôts".

Une manifestation d'enseignants et d'élèves a eu lieu dans la journée, un autre défilé à l'appel de la gauche radicale est prévu en soirée.

Première publication : 22/09/2011

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