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Amériques

Le groupe R.E.M. se sépare dans la sérénité

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 22/09/2011

Après avoir été au firmament du rock populaire et international, le groupe américain R.E.M. a décidé de se séparer. D’abord égéries de la scène alternative, les musiciens connaissent le succès grâce à "Losing my Religion" et "Everybody Hurts".

"Un sage a dit un jour : 'on a du talent à une soirée si on sait quand c’est le moment de partir’", écrit le chanteur Michael Stipe sur le site du groupe R.E.M.. "Nous avons construit quelque chose d’extraordinaire ensemble. Nous l’avons fait. Et nous allons maintenant tourner le dos à cette aventure."

C’est par ces quelques mots sur leur site, que les trois membres du groupe américain, qui se sont rencontrés à Athens dans l’État de Géorgie en 1979, ont annoncé mettre la note finale à 31 ans de musique rock. "Nous partons avec un immense sentiment de gratitude, d'accomplissement et d'étonnement face à tout ce que nous avons accompli. À tous ceux qui ont un jour été émus par notre musique, nous vous remercions du fond du cœur". La notoriété de R.E.M. (pour Rapid Eye Movement), limitée aux fans de rock indépendant dans les années 80, était devenue planétaire dans les années 1990, grâce à des tubes tels "Losing My Religion", "Man on the Moon" et "Everybody Hurts".

"Murmur" classé meilleur album par Rolling Stone

Au début des années 80, le groupe R.E.M. est un quatuor - Michael Stipe au chant, Peter Buck à la guitare, Mike Mills à la basse et Bill Berry à la batterie (ce dernier quittera le groupe en 1998). Les musiciens se font remarquer par le New York Times dès leur premier single "Radio Free Europe", gravé en 1981. Leur premier véritable album  "Murmur" sort en 1983 et se classe parmi les meilleurs dans la sélection du magazine Rolling Stone.

R.E.M. sort du cercle d’initiés et du rock alternatif avec "Lifes Rich Pageant" (1986), album apte à séduire le grand public américain, et se hisse en tête des charts avec "Document" (1987). "Document est à la fois rassurant et provocateur ; si R.E.M. s'apprête à évoluer du statut de groupe culte à celui de groupe populaire, l'album décrète que le groupe le fera à sa manière", écrit Jon Pareles dans le New York Times. " "Document" contient pour la première fois des chansons ouvertement politiques - "Welcome To the Occupation" et "Exhuming McCarthy."

"Ils ont négocié leur succès comme des dieux"

C’est après avoir signé avec Warner Bros. Records à la fin des années 1980, que REM devient un groupe de rock à la popularité mondiale, grâce aux albums "Green" (1988), "Out of time" (1991) et "Automatic for the People" (1992), considéré par de nombreux critiques comme leur meilleur cru. Le groupe accouche de tubes planétaires : "Losing my religion", "Drive", "Man on the Moon" et "Everybody Hurts". Kurt Cobain, leader de Nirvana, déclare d'ailleurs en 1994 à Rolling Stone : "Je ne sais pas comment ce groupe fait ce qu'il fait, [...] ce sont les meilleurs. Ils ont négocié leur succès comme des dieux, et continuent à donner de la bonne musique."

Les années 2000 sont pourtant moins fertiles. Leur dernier album "Collapse into Now", sorti en mars 2011 (écouter "UBerlin" ci-dessous), ne convainc pas la critique. Le groupe prend conscience que son inspiration décline. Le bassiste Mike Mills écrit sur le site, pour justifier la fin de R.E.M. : "Lors de notre dernière tournée, et alors que nous enregistrions 'Collapse Into Now' et que nous regardions en arrière nos plus grands tubes, nous avons commencé à nous interroger : 'que faire maintenant' ?…"

Une fois n’est pas coutume dans l’histoire du rock, la fin de R.E.M. est annoncée sereinement. Ni dispute au grand jour ni lent délitement. Il n'y a aucun désaccord, aucune brouille, aucun avocat en embuscade. "Nous avons pris cette décision ensemble, amicalement et dans l'intérêt de chacun. Nous pensions que c'était le bon moment", assure Mike Mills.

Quelques jours avant cette annonce, les membres de R.E.M., connus pour leur engagement auprès des démocrates, notamment aux côtés de John Kerry lors de la campagne présidentielle américaine de 2004, avaient publié un billet contre l'exécution de Troy Davis, intervenue ce 22 septembre en Géorgie.

Première publication : 22/09/2011

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