Dernière modification : 25/09/2011 

- Parti socialiste - Politique française - Sénat


La gauche espère faire main basse sur le Sénat

Un peu plus de 70 000 grands électeurs renouvelleront la moitié des sièges du Sénat français, dimanche. Pour la première fois depuis l’avènement de la Ve République, la chambre haute du Parlement pourrait basculer à gauche.

Par France 3 (vidéo)
Gaëlle LE ROUX (texte)
 

C’est un vote crucial qui se joue le 25 septembre au Sénat. Dans le cadre des élections sénatoriales organisées dimanche, un peu plus de 70 000 grands électeurs sont appelés à renouveler la moitié des sièges de la chambre haute du Parlement français qui pourrait, à cette occasion, basculer à gauche pour la première fois de son histoire. 

"Il s’agirait d’un coup de tonnerre dans notre vie politique", commentait lundi dernier le sénateur socialiste David Assouline au siège du PS. Car depuis l’instauration en France de la Ve République il y a 53 ans, le Sénat, qui représente les collectivités territoriales dans les institutions de la nation, est resté majoritairement à droite.

La gauche gagne du terrain dans les collectivités locales

Mais depuis les élections régionales de 2004 marquées par une "vague rose", la gauche

Françoise Cartron, sénatrice PS : "Beaucoup d'élus ont été choqués par la politique du gouvernement"

grignote petit à petit l’emprise de la droite sur les administrations locales. Aux municipales de 2008, un an à peine après la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, celle-ci avait conquis de nouvelles grandes villes telles que Toulouse, Caen ou Strasbourg, après avoir enlevé Paris et Lyon en 2001. Aux régionales de mars 2010, celle-ci a accentué l’écrasant succès qu’elle avait remporté six ans auparavant, ne laissant à la droite qu’une seule région, l’Alsace. Quant aux cantonales de mars dernier, à l’issue desquelles la gauche gère 60 départements contre 40 pour la droite, elles n’ont fait que confirmer cette tendance.

"Depuis 2004, la plupart des collectivités locales – dont sont majoritairement issus les grands électeurs – sont passées à gauche, confirme Tangui Morlier, co-fondateur du site Nossenateurs.fr. Alors, on s’attend logiquement à ce que leurs représentants votent pour des sénateurs de gauche".

Comme ce dernier le fait également remarquer, le calcul n’est cependant pas si simple : le mode de scrutin aux sénatoriales a tendance à être plus favorable aux communes rurales – traditionnellement plus conservatrices – qu’aux zones urbaines – plus progressistes. En outre, pour jouir d’une majorité absolue au Sénat, la gauche devrait gagner plus de 25 sièges. Une sorte de défi…

"Il faudrait 27 ou 28 sièges [supplémentaires pour la gauche] pour faire basculer le Sénat. Rien ne se passera avant le 25e siège", expliquait fin août Gérard Larcher, le président (UMP) du Sénat, au quotidien Le Figaro . Sur les 343 sièges que compte la chambre, la gauche en détient actuellement 164, contre 179 pour la droite.

L’UMP n’a cependant qu’une marge de manœuvre limitée : depuis 2008, elle a perdu la majorité absolue au palais du Luxembourg et doit composer avec l’Union centriste.

Celle-ci tente donc de resserrer les rangs et d’éviter l’émergence de groupes dissidents dans plusieurs régions de France. Perdre le Sénat à huit mois seulement de la présidentielle représenterait un sérieux revers pour le gouvernement…

Budget et sécurité sociale : des enjeux de taille

Reste que si "la situation est un peu difficile pour l’exécutif depuis que la droite a perdu la majorité absolue au Sénat en 2008, la marge de manœuvre de la gauche, en cas de victoire, sera très très réduite également", analyse Françoise Cariès, co-auteur de "La Bataille du Sénat" (éd. Robert Laffont, 2011). La Constitution de 1958 prévoit, en effet, qu’au niveau législatif, l’Assemblée nationale peut, en définitive, avoir le dernier mot sur un texte de loi à la demande du gouvernement, même si le Sénat a le pouvoir d’en freiner l’adoption et d’en modifier considérablement le texte.

"Si la gauche passe au Sénat, elle pourra agir en force d’opposition, reprend Françoise Cariès. Elle pourra, par exemple, retarder et modifier le projet de loi sur le budget de l’État ou la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale, les deux gros enjeux de ces prochains mois dans cet hémicycle".

Le groupe Communiste, républicain, citoyen et sénateurs du Parti de gauche (CRC – SPG) entend, lui, se servir d’un Sénat rose comme d’un bastion de résistance à la politique de Nicolas Sarkozy. "Si – je dis bien si – le Sénat bascule à gauche, le gouvernement aura beaucoup de mal à faire passer le budget de rigueur qu’il a annoncé. Nous vivrons alors une nouvelle forme de cohabitation. Et on espère que cela permettra de freiner l’activité politique du chef de l’État avant la présidentielle.... ", annonce ainsi Marc Hainigue, le secrétaire général du groupe CRC-SPG au Sénat.

Mais celui-ci se veut prudent avant tout : "On ne veut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué", poursuit-il, avant de conclure, tentant de conjurer le sort "Personne ne sait ce qu’il va se passer, et à force d’en parler, on va passer à côté !"

Commentaires (11)

élections sénaroriales

un peu gonflé d'écrire "la gauche veut faire "main basse" sur le Sénat" alors que la droite a fait "main basse" sur ce Sénat depuis 1953. Pourquoi ne pas dire alors que la droite a cessé de faire "main basse" sur le Sénat?

changement !!!????

Et cela va changer quoi.... Le PS ne joue pas franc jeu dans ses discours, toujours des annonces de meilleur jour impossible à mettre en oeuvre vu la conjoncture actuelle. A quel parti politique faire confiance maintenant.

KIF-KIF

"Si je suis élu, je ferais la même chose qu'avant" : je brasserai du vent

naîfs

Vous rêvez si vous croyez que la gauche va arranger quelque chose a votre quotidien, vous êtes très naîfs, on les a déja eu, ils n'ont rien fait de plus, mais la crise mondiale étant là, il va falloir faire avec malheureusement, et comme ils n'ont pas de baguette magique, ou vont ils trouver les fonds? Beaucoup de promesses comme d'habitude (droite ou gauche) et les dindons de la farce je vous signale que ce sera vous

"Main basse " avez-vous dit ?

Bonjour,
Faire main basse signifie "piller, s'adjuger, voler, prendre indûment possession de qqch".
Cette expression à connotation péjorative est soit malencontreuse et maladroite, soit réfléchie et humiliante...
La gauche serait-elle illégitime à prendre la majorité du Sénat?
France 24 est-elle de droite ou inculte ?
Bien cordialement

la gauche au senat

ho! oui alors je le souhaite et comme moi des millions de personnes raz le bol de la droite et de ce pouvoir qui nous enfonce tous les jours un peu plus l'argent pour EUX le RSA pour nous
EN DEUX MOTS AVEC LA DROITE "TUES PAUVRE TU LE SERAS ENCORE PLUS "on est entrain de passer a l'epoque ou il y avait LES RICHE EST LES PAUVRES eux toujours plus nous toujours moins

ah france 24

j'ai du mal a comprendre pour qui travaille ce media. ici tout est bien quand c'est ump et le reste de la planete en s'en fou. ca fait pitie pour le journalisme.

"Faire main basse" ??

Non, Mme LE ROUX, la gauche ne compte pas faire "main-basse" sur le Senat, elle compte seulement remporter démocratiquement une majorité au Sénat. C'est le clan baladurien-sarkozyste qui a fait "main-basse" sur les valises de billets en provenance de Suisse. Remettons les éléments de langage à leur juste place....

le basculement d u Sénat à gauche

je réagis à propos du titre " la gauche espère faire main basse sur le Sénat". c 'est un titre très tendancieux car on est me semble -t-il en démocratie et il me semble osé de mettre en cause la validité du vote qui va avoir lieu. Un autre journaliste sur France Inter à parlé " d' un hold up de la gauche sur le Sénat "!
Messieurs les journaliste serait ce trop vous demander de rester impartial et de cesser vos insinuations tout au long de cette campagne présidentielle ?

Main basse

Pourquoi la gauche, si elle était majoritaire ferait-elle "main basse" sur le Sénat ? La droite aurait-elle seule la légitimité d'être majoritaire au Sénat ?

titre de l'article

Pourquoi "la gauche espère faire main basse sur le sénat? Cela vous déplairaitt à ce point que la gauche soit majoritaire au sénat que vous éprouvez le besoin d'apparenter un renversement de tendance politique en sa faveur à une opération mafieuse? Que faut-il penser alors de la droite au sénat? Votre titre est indigne d'un medium d''information générale. Tout au plus peut-il trouver place dans une publication de l'UMP ou du FN

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