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Economie

Total et ENI redémarrent leur production de pétrole en Libye

Texte par Dépêche

Dernière modification : 26/09/2011

Après le groupe français Total vendredi, le géant pétrolier italien ENI a annoncé lundi avoir redémarré l'extraction de pétrole en Libye. La production était interrompue depuis le début du conflit, il y a sept mois.

AFP - Le géant pétrolier italien ENI a annoncé lundi avoir redémarré sa production de pétrole en Libye sur le gisement d'Abu-Attifel, situé à 300 kilomètres au sud de Benghazi (est), après près de sept mois d'interruption en raison du conflit.

"ENI redémarre la production en Libye sur le gisement Abu-Attifel", a indiqué dans un communiqué le groupe, qui est le premier producteur étranger d'hydrocarbures en Libye, pays dont l'Italie est l'ancienne puissance coloniale.

Le français Total avait annoncé de son côté avoir repris vendredi sa production sur une plate-forme au large de la Libye, ce qui a fait de lui la première compagnie étrangère à rouvrir le robinet d'or noir libyen depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Le pétrole, un des enjeux centraux de la reconstruction

En collaboration avec la compagnie nationale libyenne NOC, ENI a relancé quinze puits sur le gisement d'Abu-Attifel, dont la production s'élève pour le moment à 31.900 barils par jour.

Et "au cours des prochains jours, d'autres puits de production seront réactivés avec pour objectif d'atteindre les volumes minimums nécessaires pour redémarrer l'oléoduc qui transportera le pétrole du gisement au terminal de Zuetina", a ajouté le groupe.

Abu-Attifel est le premier gisement "géant" découvert par le groupe italien en Libye dans les années 1960.

ENI, qui rappelle qu'il "est présent en Libye depuis 1959 et est le premier opérateur international" dans le pays, a signé fin août un accord avec les nouvelles autorités libyennes afin de reprendre ses activités.

A l'exception d'un gisement gazier dont la production était destinée aux centrales électriques locales, toutes les activités d'ENI avaient été suspendues en Libye fin février-début mars, mettant à mal le groupe alors que ce pays représente environ 15% de sa production totale.

L'annonce de la reprise de la production était donc saluée par les investisseurs et ENI prenait 2,02% à 12,62 euros à la Bourse de Milan vers 11H30 GMT, dans un marché en hausse de plus de 4%.

En 2010, la production brute d'ENI en Libye - c'est à dire en incluant la part revenant à la compagnie libyenne dans le cadre des accords de partage de production - s'était élevée à 522.000 barils par jour, soit près d'un tiers de la production totale libyenne (1,6 million de barils avant l'insurrection).

La production nette d'ENI avait atteint 273.000 barils/jour avant de tomber à environ 50.000 barils en raison de l'arrêt de la majeure partie de ses activités.

Alors que le pétrole libyen suscite des appétits, la compagnie italienne, contrôlée par Rome, "maintiendra sa première place" en Libye et ne craint pas de perdre son rang face à des pays en pointe aux côtés des anti-Kadhafi, comme la France, a déclaré le 3 septembre le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.

ENI est donc désormais à pied d'oeuvre pour relancer à la mi-octobre le gazoduc Greenstream, seul gazoduc reliant la Libye à l'Italie et donc à l'Europe.

La reprise de la production va être facilitée grâce à la levée des sanctions européennes contre la compagnie nationale NOC mais elle prendra du temps.

Selon Moustapha El Houni, président de la commission de l'économie, des finances et du pétrole des autorités de transition du CNT, le retour au niveau de production antérieur pourrait prendre entre six à neuf mois, selon les prévisions les plus optimistes, jusqu'à un an, selon les plus pessimistes. 

Première publication : 26/09/2011

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