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Economie

Reprise des entretiens entre la "troïka" et les autorités grecques

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/09/2011

De retour à Athènes afin de superviser l'avancée des efforts grecs pour réduire ses déficits, les représentants du FMI, de l'UE et de la BCE ont rencontré le ministre des Finances alors que plusieurs ministères sont occupés par des manifestants.

AFP - Les représentants des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce ont repris jeudi leur inspection des comptes du pays à Athènes, où ils ont été fraîchement accueillis par des protestations contre la nouvelle cure de rigueur prescrite.

La plupart des ministères ont été occupés par des employés à l'appel du syndicat des fonctionnaires Adedy, pour protester contre les "nouvelles mesures barbares" décidées sous la pression des créanciers pour réduire les dépenses publiques.

Les blocages devaient se poursuivre jusqu'au vendredi, alors que se multiplient les mouvements de résistance ponctuels contre les nouvelles taxes censées éviter la faillite du pays.

A l'appel de l'Adedy, des centaines de manifestants ont aussi défilé en soirée dans le centre sous des banderoles proclamant "Dehors UE-FMI, abolition de la dette" ou "Sans un sou et licenciés, nous sommes déterminés".

Ils ont rallié devant le Parlement un cortège de plusieurs centaines de propriétaires de taxis protestant contre la libéralisation de leur profession.

Un concert anti-rigueur était ensuite prévu, organisé par le front syndical communiste Pame.

Les chefs de mission de la troïka des créanciers, qui regroupe la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds Monétaire International, n'en ont pas moins repris leurs entretiens avec le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, en vue du bouclage du projet de budget 2012.

Des sources du ministère se sont félicitées de discussions "positives et contructives", à l'issue d'un premier rendez-vous, délocalisé dans des bureaux gouvernementaux non occupés.

Les concertations doivent se poursuivre, sur le programme de privatisations et les mesures à prendre pour atteindre les objectifs du plan de redressement voté fin juin, qui prévoit 28,4 milliards d'euros d'économies d'ici à 2015.

Le 2 septembre, les experts de la troïka avaient soudainement quitté Athènes devant le dérapage constaté des comptes publics du pays, et notamment l'impossibilité pour la Grèce de respecter son objecif de réduction du déficit public à 7,4% du PIB en 2011.

Depuis, le gouvernement a encore serré la vis pour tenter de rester dans les clous budgétaires, avec notamment l'annonce d'une nouvelle taxe immobilière très impopulaire, la mise en chômage partiel de 30.000 fonctionnaires, une réduction des pensions de retraites supérieures à 1.200 euros par mois, et des salaires dans la fonction publique.

Jeudi, un conseil des ministres présidé par le Premier ministre Georges Papandréou a examiné la nouvelle grille des salaires des fonctionnaires, mais a renvoyé à une prochaine réunion, selon les médias, les mesures de chômage partiel dans le secteur public.

M. Papandréou a réitéré les engagements de la Grèce à respecter les décisions prises au sommet de la zone euro du 21 juillet pour un deuxième plan d'aide international au pays.

Du verdict de la troïka sur l'état des finances dépend le versement vital pour le pays de la nouvelle tranche de 8 milliards d'euros du prêt de 110 milliards d'euros mis en place en mai 2010. Une décision est attendue le 13 octobre, a indiqué le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.

Mais l'avis de la troïka est aussi crucial pour la mise en place des décisions du 21 juillet sur un nouveau soutien financier de près de 160 milliards d'euros.

Pour la première fois, ce plan prévoit la participation des créanciers privés, qui acceptereraient de perdre 21% de leur mise sur leurs obligations grecques pour éviter de tout perdre en cas de faillite du pays.

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré attendre les conclusions de la troïka pour jauger les modalités de ce plan.

"Devons-nous renégocier, ou ne pas renégocier? Nous préférerions bien sûr que les chiffres restent inchangés, mais je ne peux pas anticiper" a-t-elle déclaré mardi soir à la chaîne de télévision publique grecque NET, après un entretien avec M. Papandréou.

Ce dernier doit enchaîner vendredi par une rencontre avec le président français Nicolas Sarkozy, à Paris, "afin de faire le point" sur la situation, a annoncé la présidence française.

Première publication : 29/09/2011

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