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Economie

Claude Guéant s'attaque à un site internet "anti-flics"

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 30/09/2011

Le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, demande à la justice d’interdire le site Copwatch Nord IDF. Son crime : avoir mis en ligne les photos de centaines de policiers et gendarmes pour "surveiller ceux qui nous répriment".

22, v’la le site Copwatch Nord IDF... Le ministre français de l’Intérieur a demandé à la justice, vendredi, de bloquer ce site Internet qui, depuis sa création il y a une semaine, diffuse les photos de 450 policiers de la région parisienne, de Lille et de Calais, accompagnées parfois d’information sur leur affiliation politique. Mercredi, Claude Guéant avait déjà déposé deux plaintes pour diffamation contre cette initiative qui a provoqué l’ire de plusieurs policiers fichés par le site. Le but affiché des créateurs de Copwatch, qui se désignent comme libertaires, est de “surveiller ceux qui nous répriment”.

Selon le ministère, cette publication en ligne de “photos, de l'identité et quelques fois des adresses des intéressés, nuit au personnel du ministère de l'Intérieur et met en péril leur sécurité ainsi que celle de leurs familles", un avis partagé par l’Alliance police nationale (APN), un syndicat des gardiens de la paix classé politiquement à droite, qui dénonce des “propos haineux et calomnieux”.

Cette initiative “anti-flics”, selon le communiqué de l'APN, pousse la divulgation d'information très loin. Le site ne se contente pas de mettre en ligne des photos de policiers et de gendarmes, souvent en civil, lors de manifestations, mais Copwatch les montre également en train de boire des bouteilles d’alcool sous le titre provocateur “la gendarmerie s’amuse dans les casernes”. Le site donne à cette occasion le nom, le prénom, le commissariat d’affectation et une description de leur comportement.

Le collectif à l’origine de Copwatch, dont les membres se considèrent comme des “citoyens vigilants”, a réalisé un véritable fichage des policiers et gendarmes concernés. Il accuse les uns d’avoir un comportement discriminatoire envers les migrants, d’autres de faire preuve de violence gratuite lors leurs interventions.

L’héritage Rodney King

Les responsables du site affirment avoir obtenu leurs informations en écoutant des vidéos de surveillance pendant des manifestations et en furetant sur les réseaux sociaux comme Facebook où ils auraient “réussi à devenir amis avec des policiers”, selon l’un des membres du collectif qui a accepté, sous couvert d’anonymat, d’expliquer sa démarche sur les ondes de France Info vendredi. Un travail aurait été mené depuis plusieurs années afin de vérifier toutes les informations publiées.

“En renseignant ainsi les gens, nous faisons un travail de prévention qui pourra peut-être éviter à certains d’être interpelés ou encore permettre à d’autres de retrouver l’identité d’un policier pour pouvoir porter plainte”, a expliqué ce militant sur la radio française. Il ajoute que la seule limite que les membres du collectif se soient fixés est de ne pas exposer la famille des policiers et gendarmes visés.

Cette démarche s’inspire de mouvements similaires nés aux États-Unis au lendemain du passage à tabac par des policiers, en mars 1991, de Rodney King, un jeune noir vivant à Los Angeles. Il s’agissait alors de filmer à l’improviste des bavures policières afin d’accumuler les preuves de la brutalité des forces de l’ordre qui contribua à l’éclatement des émeutes raciales de Los Angeles en 1992.

Avec l’avènement d’Internet et de nouveaux outils pour réaliser des vidéos, comme les smartphones, ces héritiers revendiqués des pionniers de Los Angeles ont trouvé refuge sur la Toile. Il existe actuellement des sites Copwatch aux États-Unis, au Canada et en Angleterre.

En France, une première initiative visant à montrer les bavures des membres des forces de l’ordre a vu le jour en décembre dernier sur le site d’information “alternatif” Paris-indymedia, ainsi que le rappelle "France Soir", vendredi. Des dizaines de photos de policiers en civil prises durant des manifestations y avait été mises en ligne, provoquant l’indignation du ministre de l’Intérieur de l’époque, Brice Hortefeux, qui avait alors menacé de porter plainte. Quelques jours plus tard, les photos disparaissaient du site.

Première publication : 30/09/2011

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