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FRANCE

Affaire Karachi : Brice Hortefeux entendu comme témoin par la police

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/09/2011

L'ex-ministre français de l'Intérieur a été entendu par la police sur les conversations téléphoniques qu'il a eus avec Thierry Gaubert, un proche de Nicolas Sarkozy mis en examen dans le cadre de l'enquête sur l'affaire Karachi.

AFP - L'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux s'est expliqué vendredi pendant près de trois heures devant la police sur ses conversations téléphoniques avec un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachin (voir infographie en bas de page).

"Brice Hortefeux, comme il l'avait souhaité, a été entendu, ce matin, comme témoin, par l'autorité judiciaire. Il a, ainsi, pu préciser et démontrer, en toute transparence, qu'il ne disposait d'aucun élément provenant du dossier de la procédure judiciaire", a-t-il déclaré dans un communiqué.

M. Hortefeux a été entendu dans l'enquête ouverte par le parquet de Paris pour violation de secret professionnel et recel après la divulgation de ses conversations avec Thierry Gaubert, mis en examen la semaine dernière pour recel d'abus de biens sociaux par le juge Renaud van Ruymbeke.

L'ancien ministre de l'Intérieur est arrivé à 07H45 dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), a précisé une source proche du dossier. Son audition s'est achevée peu avant 11H00.

"Je suis soulagé. Ca permet de préciser et de démontrer un certain nombre de choses. Je rappelle que c'est moi qui ai demandé à être entendu comme témoin", a dit à l'AFP l'ancien ministre de l'Intérieur.

Dans une conversation téléphonique du 14 septembre, M. Hortefeux avait indiqué à M. Gaubert que sa femme, Hélène de Yougoslavie, interrogée quatre jours auparavant par le juge Renaud van Ruymbeke, "balançait beaucoup".

"Qu'est-ce que tu as comme infos là-dessus, toi, parce qu'elle me dit qu'elle dit rien?", avait répondu Thierry Gaubert. "Ça m'embête de te le dire par téléphone. Il y a beaucoup de choses, hein", avait assuré l'ex-ministre de l'Intérieur.

"Il avait son téléphone avec lui en garde à vue"

Après sa mise en cause, M. Hortefeux avait déclaré vouloir être entendu, niant "catégoriquement avoir eu quelque information issue de la procédure judiciaire en cours" sur le volet financier du dossier Karachi, assurant n'avoir eu connaissance que de rumeurs journalistiques.

A la date de cette conversation téléphonique, seul Mediapart s'était fait l'écho des déclarations d'un témoin, sans dire qu'il s'agissait de Mme Gaubert, affirmant que Thierry Gaubert et Ziad Takieddine, également mis en examen dans l'affaire Karachi, allaient chercher de l'argent en Suisse pour le ramener en France dans les années 90.

L'ex-ministre de l'Intérieur a également dû être interrogé sur une autre conversation téléphonique avec Thierry Gaubert, pendant sa garde à vue le 19 septembre.

A propos de cet appel, M. Hortefeux avait déclaré à l'AFP: "Je ne sais pas pourquoi il avait son téléphone avec lui en garde à vue, mais il se trouve qu'il a répondu".

La divulgation de ces écoutes donne lieu en parallèle à une bataille judiciaire entre M. Hortefeux et l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice.

Les familles ont déposé plainte lundi contre l'ancien ministre de l'Intérieur pour "entrave au déroulement des investigations ou à la manifestation de la vérité" et pour "complicité de subornation de témoin".

En réponse, Brice Hortefeux a "décidé de porter plainte pour diffamation contre Me Olivier Morice" en référence à "des affirmations calomnieuses proférées" contre lui.

Jeudi, Me Morice a annoncé son intention de citer directement devant la 17e chambre correctionnelle de Paris M. Hortefeux, qu'il accuse d'avoir cherché à l'intimider.

 

Sida

Première publication : 30/09/2011

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