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Afrique

Le Niger affirme détenir des informations rassurantes sur les Français otages d'Aqmi

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/06/2012

Le Premier ministre nigérien, Brigi Rafini, assure disposer d'information sur les quatre Français otages d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) depuis le 16 septembre 2010. Il déclare pourtant ne pas avoir de "preuves de vie".

AFP - Le Premier ministre nigérien, Brigi Rafini, a déclaré lundi à Paris ne pas avoir de "preuves de vies" des quatre Français enlevés au Niger il y a un an, tout en assurant disposer d'"informations rassurantes".

Interrogé pour savoir si le Niger disposait de preuves de vie des otages, le Premier ministre, un Touareg d'Agadez (nord du Niger), s'est montré à la fois prudent et confiant.

"Nous avons des informations rassurantes, mais des preuves de vie, dès l'instant où nous ne sommes pas allés nous-mêmes (sur le terrain, au contact des ravisseurs ou des otages, ndlr), il est toujours difficile de se prononcer comme vous le souhaitez, mais des informations sûres nous parviennent dans ce sens là, et cela nous rassure", a-t-il répondu.

"Il est difficile de vous dire exactement à quel stade nous nous trouvons, mais nous menons toutes les actions possibles pour essayer de trouver une solution à ce douloureux problème", a-t-il encore dit à la presse, à l'issue d'un entretien avec le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.

Le 16 septembre 2010, sept personnes ont été enlevées par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) à Arlit, site d'extraction d'uranium: un cadre du groupe nucléaire français Areva et son épouse, tous deux Français, et cinq employés (trois Français, un Togolais et un Malgache) de son sous-traitant Satom.

Le 24 février, la Française, le Togolais et le Malgache ont été relâchés. Mais les quatre autres sont toujours retenus en otages.

Aqmi avait diffusé le 27 avril une vidéo des otages "suppliant" le président Nicolas Sarkozy de retirer ses troupes d'Afghanistan, une demande immédiatement rejetée par Paris. Cette exigence s'accompagne, selon des sources proches des négociations, d'une demande de rançon de 90 millions d'euros.

Un an jour pour jour après l'enlèvement, le ministre français de la Défense Gérard Longuet a confirmé que les otages étaient "vivants", probablement "séparés les uns des autres".

Brigi Rafini a par ailleurs réitéré le refus de son pays d'extrader Saadi Kadhafi, un des fils de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi qui a trouvé refuge au Niger le 11 septembre et dont Interpol a requis l'arrestation à la demande de Tripoli.

"Il ne s'agit pas de livrer des personnes à des pays où vous n'avez pas la certitude qu'ils vont bénéficier d'un procès équitable ou d'un traitement humain normal", a-t-il dit, réitérant ses déclarations du 29 septembre.

"Saadi Kadhafi et d'autres personnalités militaro-politiques libyennes (...) sont entre nos mains, ils sont en sécurité et ils ne poseront aucun acte de nature à mettre en cause la stabilité ni du Niger, ni de la Libye, ni d'un autre pays", a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement nigérien doit rencontrer mardi le ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, et notamment aborder avec lui "la question de la lutte contre le terrorisme dans la région" ainsi que la "stratégie" du Niger "en réponse aux conséquences de la crise en Libye", a précisé lundi le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero.

La France a fourni 271 millions d'euros d'aide au Niger entre 2006 et 2010, principalement destinés à l'éducation, la santé, l'eau et l'assainissement.

 

Première publication : 03/10/2011

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