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Afrique

Des dizaines de morts dans un attentat-suicide à Mogadiscio

Vidéo par Jonathan WALSH

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/10/2011

Au moins 70 personnes ont été tuées et 150 autres blessées mardi dans un attentat-suicide visant un bâtiment officiel de Mogadiscio. Les insurgés islamistes Shebab ont aussitôt revendiqué cette attaque au véhicule piégé.

AFP - Au moins 70 personnes ont été tuées et 150 blessées mardi dans un attentat suicide au camion piégé contre un complexe ministériel à Mogadiscio, l'attentat le plus meurtrier des dernières années dans la capitale, et le premier revendiqué par les islamistes shebab depuis leur retrait de la ville il y a deux mois.

Les islamistes "shebab ont revendiqué leur responsabilité dans cette attaque suicide à un carrefour fréquenté situé près du ministère de l'Education, qui a entraîné la mort de plus de 70 personnes et fait 150 blessés, dont la plupart étaient de jeunes étudiants", a déclaré le président somalien Sharif Cheikh Ahmed qui a condamné cet attentat dans un communiqué.

"Un vrai paysage de carnage."

L'attentat de mardi a fait parmi les victimes de nombreux étudiants et leurs parents qui attendaient les résultats d'examens, en vue d'obtenir des bourses d'études en Turquie.

"Je suis extrêmement choqué et attristé par cet acte cruel et inhumain de violence (perpétré) contre les plus plus vulnérables de notre société", a ajouté le président somalien

C'est le premier attentat à Mogadiscio depuis que les shebab ont été contraints début août de quitter la ville face à une offensive des troupes pro-gouvernementales soutenues par une force de l'Union africaine (Amisom).

L'administration américaine a vivement condamné cet attentat suicide et dénoncé "le mépris complet pour la vie" manifesté par les islamistes shebab.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a également condamné cet attentat suicide "répugnant", estimant "incompréhensible" que des victimes innocentes soient prises pour cibles.

"L'attaque a été menée avec un camion rempli d'explosifs", a raconté un témoin, Ahmed Mohamed, fonctionnaire au ministère de la Santé, un des ministères hébergés dans le bâtiment.

Après avoir forcé un barrage de contrôle, le véhicule chargé d'explosifs est entré dans l'enceinte du bâtiment -- qui abrite au moins quatre ministères -- et a explosé, à un rond-point connu sous le nom de "K4" ("Kilomètre 4"), un des principaux carrefours de la ville qui mène à l'aéroport où est installé une base de l'Union africaine (Amisom).

Le complexe ministériel a été très endommagé, et plusieurs voitures ont pris feu. De nombreux cadavres, sur lesquels avaient été jetés des draps blancs, jonchaient les lieux, a constaté un photographe de l'AFP.

"Une scène de la deuxième guerre mondiale"

"Cela ressemble à une scène de la deuxième guerre mondiale. C'était totalement dévasté", a commenté à l'AFP Abdullahi Aptidon, un habitant du quartier.

"J'ai d'abord pensé à une mine, mais la puissance de l'explosion m'a fait comprendre que c'était autre chose. C'est la pire tragédie depuis le début de la guerre civile en 1991", a commenté Mursal Mohamed, un chauffeur routier.

"Les Shebab ont semble-t-il changé de stratégie."

"Un de nos moudjahidine (combattants) s'est sacrifié pour tuer des responsables du gouvernement fédéral de transition, des soldats de l'Union africaine et des informateurs", a déclaré au téléphone à l'AFP un responsable shebab, qui n'a pas dévoilé son identité.

Un passeport kényan, au nom de Ashad Abdi Said, a été retrouvé sur le cadavre du kamikaze conducteur du camion, a affirmé le porte-parole de la police, Abdullahi Hassan Barise. Mais selon une radio contrôlée par les shebab, le kamikaze n'était pas kényan mais somalien.

Le précédent attentat le plus meurtrier à Mogadiscio avait fait 33 morts en août 2010. Les shebab ont également revendiqué un double attentat qui avait fait 76 morts en juillet 2010 dans la capitale ougandaise Kampala.

L'Amisom a accusé les shebab d'avoir délibéré visé les étudiants. Une radio somalienne pro-shebab, Al-Andalus, a affirmé que "plus de 100 personnes soutenant le gouvernement de transition avaient été tuées, dont la plupart étaient des stagiaires devant se rendre à l'étranger pour aider l'agence nationale de sécurité" (services secrets).

"L'attaque montre que le danger constitué par les terroristes n'est pas encore éliminé, et qu'il reste des gens qui veulent faire dérailler les avancées faites par le peuple somalien vers la paix", a réagi le gouvernement somalien.

Contraints à la défensive ces derniers mois, les insurgés somaliens ont lancé quelques contre attaques ces derniers jours, prenant très brièvement le contrôle des villes de Dhobley (à la frontière avec le Kenya) et de Dhusamareb (centre).

Les shebab combattent depuis plus de quatre ans un gouvernement de transition, dirigé par le président Sharif Cheikh Ahmed, qui n'arrive pas à imposer son autorité en dépit du soutien massif de la communauté internationale.

 

Première publication : 04/10/2011

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