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Moyen-orient

Quand le régime de Damas poursuit ses opposants hors des frontières syriennes

©

Vidéo par Mariam Pirzadeh

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 05/10/2011

Selon Amnesty International, des dizaines d'exilés syriens sont victimes de menaces ou d’agressions pour avoir manifesté leur opposition au régime d'Al-Assad. Paris a mis en garde Damas contre tout acte d’intimidation sur son territoire.

Ils s’appellent Rabee, Shevan, Naima, Georgette ou encore Salem. Tous sont des dissidents syriens qui ont choisi l’exil pour vivre librement. Persuadés d’être en sécurité, ils descendent depuis plusieurs mois dans les rues de Paris, Londres, Toronto ou encore New York pour exprimer leur solidarité aux mouvements de contestation au régime de Bachar al-Assad. Mais tous ont été victimes d’agressions organisées par des diplomates syriens en poste à l’étranger, dénonce Amnesty International dans un rapport publié lundi.

La manifestation du 26 août à Paris

"Depuis cinq mois, on manifeste sur la Place du Châtelet, à Paris, sans problème, témoigne, dans le rapport de l’organisation, Rabee, un Syrien de 35 ans. Mais lors d’une manifestation pacifique le 26 août, vers 18h30, un groupe de 10 personnes, hommes et femmes, arborant chacun un drapeau pro-Bachar, a surgi de nulle part et nous a attaqués. Trois d’entre nous ont été blessés, notamment Georgette […] La police sur place nous a expliqué que deux personnes avaient un passeport diplomatique et qu’ils ne pouvaient donc rien contre eux." Le Quai d’Orsay dément cette information concernant deux des agresseurs, qui seraient pourtant liés à la famille Al-Jadaan, proche de la famille de Bachar al-Assad. La France a par ailleurs mis en garde la Syrie contre tout acte violent ou d'intimidation contre des opposants syriens sur son territoire.

Quatre des manifestants agressés vont ensuite porter plainte. "Mais en sortant, vers minuit, on s’est fait agressés une deuxième fois, raconte Shevan Ahmani, 31 ans, à France24.com. Ils étaient 15 et armés de battes de baseball. On a réussi à s’échapper pour se réfugier dans un bar jusqu’à l’arrivée de la police. Certains ont été blessés à la tête, au nez…" Shevan restera caché pendant une semaine.

Campagne d’intimidation

Les récits de Rabee et Shevan illustrent la campagne d’intimidation que mène le pouvoir syrien hors de ses frontières. Au total, Amnesty International a recueilli les témoignages de plus de 30 militants syriens vivant en exil dans huit pays (Allemagne, Canada, Chili, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Suède).

"Les réfugiés syriens tentent, à travers des manifestations pacifiques, de dénoncer les mauvais traitements que nous considérons comme des crimes contre l’humanité”, commente Neil Sammonds, spécialiste de la Syrie pour Amnesty International. Selon l’ONU, 2 600 personnes sont mortes en Syrie depuis le 15 mars, date du début de la contestation. Une dizaine de milliers de personnes ont également été arrêtées. En détention, les gens sont souvent torturés physiquement et psychologiquement.

Tous les témoins cités dans ce rapport ont été victimes d’agressions ou soumis à des intimidations par téléphone, courriers électroniques ou réseaux sociaux. Basée à Santiago, au Chili, Naima a ouvert une page Facebook pour appeler à manifester devant l’ambassade de Syrie. Un représentant de l’ambassade l’a contactée : "Il m’a dit que je n’aurais plus le droit de retourner en Syrie si je continuais", raconte-t-elle dans le rapport.

La campagne d’intimidation va jusqu’à menacer les membres des familles des exilés syriens qui sont restés dans le pays. "Il y a quelques mois, la moukhabarat [services secrets syriens] est allée voir la famille de l'un de mes amis dont je tairai le nom, raconte un Syrien basé aux États-Unis. Elle les a interrogés, leur a montré une photo de mon ami en train de manifester. Et leur a dit : "Dites à votre fils de ne pas laissez entrer le loup dans la bergerie".

Tortures

Amnesty International évoque également des arrestations, des actes de torture et des disparitions parmi les proches d'exilés restés en Syrie. "Ma mère a été frappée à la tête, à l’œil et à la lèvre […] plusieurs de ses dents ont été cassées. Il y avait du sang sur ses vêtements, le livre et le mur, rapporte Malek, un Syrien qui a manifesté le 23 juillet à Washington contre le régime de Bachar al-Assad en scandant 'O mon pays, quand seras-tu libre ?’. 'C’est ce qui arrive quand ton fils se moque du gouvernement', ont dit les agents de sécurité à mes parents."

Imad, lui, vit en Espagne. Il raconte que son frère Aladdin, resté en Syrie, a été détenu pendant quatre jours en juillet. Après avoir été torturé, il a dû identifier sur des photos des manifestants rassemblés devant l’ambassade de Syrie à Madrid. Il a été contraint d’appeler son frère pour lui demander de ne plus participer aux protestations. Depuis, la famille n’a plus de nouvelles d’Aladdin.

Pour Neil Sammonds, "c'est une preuve de plus que le gouvernement syrien ne tolérera aucune forme de dissidence légitime et qu'il est prêt à aller très loin pour museler ceux qui le défient publiquement".

Première publication : 04/10/2011

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