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FRANCE

Emplois fictifs : Gaston Flosse condamné à quatre ans de prison ferme

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/10/2011

Le tribunal correctionnel de Papeete a condamné Gaston Flosse à quatre ans de prison ferme. Âgé de 80 ans, l'ancien président de la Polynésie française était poursuivi pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts.

AFP - L'ancien homme fort de la Polynésie française Gaston Flosse, un proche de Jacques Chirac du temps du RPR, a été condamné mardi à 4 ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Papeete pour avoir mis en place et profité d'un vaste système d'emplois fictifs.

Toujours sénateur (DVD, ex-UMP) et élu de l'Assemblée de Polynésie, où ses partisans comptent 10 élus sur (57), Gaston Flosse, 80 ans, était poursuivi pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts.

Aucun mandat de dépôt n'a été prononcé par le tribunal, qui l'a également condamné à une amende de 10 millions de francs Pacifique (CFP, 83.800 euros). Sur la peine de prison, les juges sont allés au-delà des réquisitions du procureur qui réclamait 3 ans de détention.

"S'agissant de Gaston Flosse il n'est pas nécessaire d'être prix Nobel de physique nucléaire pour comprendre qu'il s'agit d'un procès politique", a réagi l'un de ses avocats, Me Yves Piriou, qui a annoncé que son client entendait immédiatement faire appel du jugement.

Parmi les 86 autres prévenus poursuivis dans cette vaste affaire, deux députés UMP ont été condamnés. Michel Buillard - également maire de Papeete - a écopé d'une peine d'un an de prison avec sursis et 3 ans d'interdicton des droits civils, civiques et de famille, et Bruno Sandras (par ailleurs maire de Papara) a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et trois ans d'interdiction d'exercer une fonction publique.

L'ancien homme fort de Polynésie, qui a été l'un des membres fondateurs du RPR de Jacques Chirac, a été condamné pour avoir profité entre 1995 et 2004 de son mandat de président de la collectivité pour organiser un vaste réseau de propagande au service de son parti, le Tahoeraa Huiraatira (autonomiste).

On lui a également reproché d'avoir fait signer des "contrats cabinets" à des militants du parti, mis à la disposition de communes, de fédérations sportives, d'une radio, de syndicats ou de services sociaux.

Au cours de l'audience de ce procès qui avait duré trois semaines, certains anciens employés du SAP (Service des affaires polynésiennes) avaient tenté de convaincre le tribunal de la réalité de leurs activités. Censé assister les Polynésiens dans leurs démarches administratives, ce service n'avait selon l'accusation qu'une fonction : faire la promotion du parti de M. Flosse.

Le tribunal a d'ailleurs souligné le manque de productivité de ces agents, qui ne traitaient que 0,6 dossier par jour en moyenne. La directrice de ce service pendant 18 ans, Camélia Neti, a reconnu qu'elle "ne savait pas" ce que faisaient certains d'entre eux.

Président de la Polynésie française de 1984 à 1987 et de 1991 à 2004, Gaston Flosse a emporté avec son parti la plupart des élections locales durant cette période.

Le sénateur, déjà condamné à plusieurs reprises, n'a pas fait de détention provisoire dans ce dossier d'emplois fictifs. Il a toutefois déjà été incarcéré à deux reprises, en novembre et en décembre 2009, dans une affaire toujours en cours, dite de l'OPT, un dossier de corruption en relation avec la régie publicitaire de l'annuaire téléphonique de la Polynésie.

Le tribunal l'a également condamné à payer solidairement avec les autres condamnés 416 millions de francs CFP (3,5 millions d'euros) pour le préjudice envers la présidence polynésienne, 80 millions de francs CFP (670.000 euros) pour le préjudice moral et 15 millions de francs CFP (126.000 euros) pour les frais d'avocats.

Les juges ont également prononcé 30 relaxes.

 

Première publication : 04/10/2011

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