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Asie - pacifique

Imbroglio autour de la visite annulée du dalaï-lama en Afrique du Sud

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/10/2011

Faute de visa, le chef spirituel des Tibétains ne pourra assister, jeudi, au 80e anniversaire de Desmond Tutu. L'archevêque accuse Pretoria d'avoir cédé aux pressions de la Chine. L'Afrique du Sud assure pourtant qu'elle était prête à l'accueillir.

Retrouvez la revue de presse internationale d'Hélène Frade : "Le dalaï-lama interdit d'Afrique du Sud".

 

AFP - Le prix Nobel de la paix sud-africain Desmond Tutu, qui avait invité le dalaï lama pour son 80e anniversaire, a lancé mercredi un ultime appel aux autorités de Pretoria pour qu'elles délivrent un visa au chef spirituel tibétain, comme le vice-président s'y est engagé.


Mgr Tutu avait invité le chef spirituel tibétain, prix Nobel de la paix comme lui, mais traité en ennemi par Pékin. Le dalaï lama aurait dû quitter sa résidence en Inde mercredi, mais son visa n'était toujours pas arrivé mardi, et il avait finalement décidé d'annuler son voyage.

Interrogé pour savoir si le dalaï lama aurait obtenu son visa s'il n'avait pas annulé son voyage, le vice-président Kgalema Motlanthe, cité par le quotidien The Star, a répondu: "Bien sûr. Il est déjà venu ici. Je ne vois pas pourquoi on en fait tout une histoire".

Le bureau de Mgr Tutu a donc pris le vice-président au mot et lancé un appel de la dernière chance pour la venue du dalaï lama en vue de l'anniversaire vendredi de Mgr Tutu.

Après vos déclarations suggérant que "vous auriez autorisé sa Sainteté dans le pays, pouvez-vous s'il vous plait annoncer sans équivoque à la Nation qu'un visa sera donné à sa Sainteté et qu'il sera libre de voyager en Afrique du Sud immédiatement", a indiqué le président du bureau de Mgr Tutu.

"Nous vous appelons à corriger l'injustice et vous assurer que sa Sainteté ait un visa demain (jeudi) matin", a ajouté Dumisa Ntsebeza dans une lettre au vice-président.

Pour Mgr Tutu, son gouvernement est "pire qu'au temps de l'apartheid".

L'opposition et Mgr Tutu lui-même ont accusé Pretoria d'avoir cédé aux pressions de la Chine, qui s'oppose chaque fois qu'elle le peut aux voyages à l'étranger du prix Nobel de la paix 1989, considéré par Pékin comme le leader de la résistance tibétaine à la Chine.

Après avoir lancé un retentissant "je vous préviens, un jour nous allons commencer à prier pour la défaite de l'ANC", le parti de la lutte anti-apartheid, au pouvoir depuis 1994, qui a résonné sur toutes les chaînes sud-africaines, Desmond Tutu, le bouillonnant archevêque anglican, ne décolérait pas.

"L'apanage des gouvernement d'oppression"

"C'est inconcevable que ceux qui ont souffert sous un régime d'oppression puissent faire ce genre de choses qui sont vraiment l'apanage des gouvernements d'oppression", a dit dans une interview à l'AFP le vieil homme, qui fête ses 80 ans vendredi.

Le dalaï lama est en effet venu en Afrique du Sud, accueilli en 1996 par Nelson Mandela, alors président, puis à nouveau en 1999 et 2004, mais jamais depuis l'élection à la présidence de Jacob Zuma en 2009, qui a lui a refusé un visa la même année.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Clayson Moneyla, a réaffirmé pour sa part que l'Afrique du Sud prenaient ses décisions souverainement guidées par ses seuls intérêts.

"Nous ne sommes pas intimidés, nous ne sommes pas sous pression, nous ne sommes influencés par personne", a-t-il dit.

M. Moneyla a lui aussi insisté sur le fait que le dalaï lama avait lui-même annulé sa visite.

"Le processus d'attribution du visa était encore en cours lorsque il a pris la décision d'annuler (son voyage). La commission compétente à New Delhi, en Inde, allait prendre contact avec lui hier (mardi) soir ou ce (mercredi) matin pour lui signifier le résultat de sa demande", a affirmé M. Moneyla.

Tutu, premier archevêque noir d'Afrique du Sud et toujours virulent quand il s'agit de dénoncer le président Zuma, s'est alors montré peu convaincu.

"Pourquoi ont-ils laissé la chose tellement en suspens et mis tout le monde dans l'incertitude. Pourquoi?", avait-il réagi.

 

Première publication : 05/10/2011

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