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EUROPE

Des milliers de Grecs dans la rue pour protester contre l'austérité

Vidéo par Clovis CASALI , Matthieu MABIN , Alexandra RENARD

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/10/2011

Des milliers de fonctionnaires, retraités et étudiants grecs ont battu le pavé afin de dénoncer le plan d'austérité imposé par les créanciers d'Athènes. Le 19 octobre, les salariés du privé devraient se joindre au mouvement.

AFP - Quelques dizaines de milliers de fonctionnaires grecs ont battu le pavé à Athènes et Salonique (nord) mercredi, contre les récentes mesures d'austérité, dans une ambiance tendue, notamment envers les journalistes.

Alors que le spectre d'un défaut de paiement se rapproche sur le pays surendetté et regardé par le monde entier, les forces anti-émeutes ont lancé des gaz lacrymogènes contre des dizaines de jeunes cagoulés qui jetaient des bouteilles et des pierres en marge de la manifestation d'Athènes, qui a rassemblé 18.000 personnes, selon la police.

"20 000 personnes dans les rues"

Au moins quatre personnes, dont deux policiers, ont été blessées ainsi que deux photo-reporters, dont une journaliste de l'AFP frappée au visage avec le bouclier d'un policier, selon son témoignage.

Une dizaine d'arrestations ont eu lieu, selon une source policière.

A Salonique environ 10.000 personnes ont manifesté, toujours selon la police.

"Non au chômage partiel qui égale le licenciement", proclamait la banderole principale du syndicat du public Adedy, en tête de cortège, qui faisait référence au projet de mettre en chômage partiel 30.000 salariés du public avant la fin de l'année dans une tentative de réduire d'urgence les dépenses publiques du pays et d'éviter un défaut de paiement.

Brandissant des drapeaux noirs, archéologues du ministère de la Culture, fonctionnaires du fisc, du Développement et employés d'entreprises publiques telle Eydap (eau), ou Trainose (chemins de fer) scandaient des slogans "contre la politique du gouvernement, de l'UE et du FMI", les bailleurs de fonds du pays.

Sous leur pression, le gouvernement socialiste a été contraint d'annoncer récemment la réduction du nombre d'employés dans les organismes publics.

"Non au chômage partiel, non aux licenciements, non à la misère", pouvait-on lire sur une autre banderole.

Le ministre de l'Economie Michalis Chryssohoïdes, dans un entretien à paraître jeudi en Allemagne a confirmé que la situation de son pays était "assez désespérée".

"Une faillite d'un pays de la zone euro serait une catastrophe car elle aurait un effet domino. Ne serait-ce que pour cette raison, nous ne pouvons décider seuls d'un défaut de paiement", a-t-il dit.

Comme en réponse à cet appel au secours, le directeur pour l'Europe du Fonds monétaire international, Antonio Borgès, a souligné mercredi que le deuxième plan de sauvetage de la Grèce, décidé le 21 juillet par l'Union européenne et toujours pas lancé, devrait être réexaminé pour mettre plus l'accent sur une relance de la croissance.

De son côté la chancelière allemande Angela Merkel a réitéré à Bruxelles, que la Grèce devrait "continuer à faire partie de la zone euro", tout en jugeant "justifié" de recapitaliser les banques européennes qui risquent de souffrir d'un défaut de paiement dans la zone.

En raison d'une grève dans tout le secteur public, écoles et musées sont restés fermés mercredi, des vols ont été annulés, et les hôpitaux ont fonctionné au ralenti.

Le mouvement a également affecté certains trains et le fonctionnement des tribunaux, mais les transports publics urbains ont fonctionné à Athènes.

Des milliers de lycéens et étudiants ont aussi manifesté à Athènes et Salonique, scandant "Nous voulons des livres, des professeurs, des écoles". Plusieurs écoles d'Athènes sont occupées ces derniers jours, les lycéens protestant surtout contre le manque des livres.

"Le gouvernement essaie de supprimer le rôle et l'oeuvre des ministères mais sans les ministères, l'Etat ne peut pas fonctionner (...) les hôpitaux, les écoles sont dans une situation très mauvaise", a déploré Rodoula Ivrou, fonctionnaire du ministère.

Pour Frosso Iliopoulou, employée à l'organisme national des médicaments (Eof), "les fonctionnaires sont sortis dans les rues car ce sont eux qui sont le plus menacés, après avoir subi plus de 20% des coupures de leurs salaires en raison de l'austérité, maintenant ils seront placés en chômage partiel".

Une grève générale dans le privé et public est prévue pour le 19 octobre, à l'appel de l'Adedy et la centrale du privé la GSEE.


Première publication : 05/10/2011

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