Dernière modification : 12/10/2011 

- Musée - Paris


À 25 ans, le musée d'Orsay vit une seconde naissance

À Paris, le célèbre musée d'Orsay fait peau neuve, 25 ans après sa création. Près de la moitié de ses espaces ont été rénovés et seront inaugurés ce mercredi. Pour son président Guy Cogeval (photo), il s'agit d'une "renaissance".

Par France 2 (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Un gris très sombre pour permettre aux toiles impressionnistes de diffuser leur lumière, un rouge vif pour aider le visiteur à se repérer, du design contemporain de-ci de-là: le musée d'Orsay a rénové avec audace près de la moitié de ses espaces d'exposition.

Vingt-cinq ans après sa création, le musée vit "une seconde naissance, une renaissance", a déclaré à l'AFP le président d'Orsay Guy Cogeval. Pendant les deux ans de travaux, le musée est parvenu à rester ouvert et à maintenir sa fréquentation à près de 3 millions de visiteurs par an.

Le "nouvel Orsay" doit être inauguré mercredi par le Premier ministre François Fillon. Mais le public devra patienter jusqu'au 20 octobre pour découvrir les changements du côté de chez Monet, Renoir et Degas, dans la galerie impressionniste.

Envolée la pierre blanche qui recouvrait le sol et les murs dans la muséographie initiale de l'architecte italienne Gae Aulenti. La lumière du jour qui tombait sur les toiles impressionnistes depuis la verrière est désormais filtrée et un éclairage artificiel sophistiqué révèle les oeuvres sous un jour nouveau.

Sur les murs, place à un gris très sombre, suggéré par l'architecte Jean-Michel Wilmotte. Guy Cogeval s'est laissé convaincre par le gris foncé qu'il juge "un peu austère" mais "élégant". "Ces tableaux ont été peints pour des salons et des intérieurs bourgeois. On est plus proche de l'esprit original", estime-t-il.

Sur le plancher en bois foncé de la galerie, sont posés sept bancs en verre massif dessinés par l'artiste japonais Tokujin Yoshioka.

Un café très aquatique

Guy Cogeval a tenu à faire entrer le design contemporain dans ce musée consacré à l'art du XIXe siècle. Pour rénover le café, qui a pour fenêtre la belle horloge de l'ancienne gare d'Orsay, il a fait appel à deux designers brésiliens très à la mode, les frères Campana.

Humberto et Fernando Campana ont imaginé une cafétéria plongée dans un univers marin, bleuté, avec des lustres dorés, des filaments rouges comme des algues folles, des chaises bleu turquoise. Une inspiration puisée dans "Vingt mille lieues sous les mers" de Jules Verne.

La principale prouesse technique réside dans l'aménagement du pavillon Amont, mené par l'architecte Dominique Brard. Désormais, les collections des arts décoratifs et les grands décors des peintres Nabis peuvent se déployer sur cinq niveaux. Le musée a gagné 2.000 m2 de surface d'exposition. Et un nouvel ascenseur emmène directement les visiteurs vers le nirvana impressionniste, au cinquième étage.

Une couleur rouge pompéien a été retenue pour le mur du fond sur lequel est inscrite la signalétique du musée. "C'est un rouge de rupture, presque de provocation car on ne peut rien y accrocher. Un mur sémaphore, signe d'un nouveau musée d'Orsay", explique M. Cogeval, qui a en tête d'autres idées de travaux notamment pour les galeries latérales.

Au total, 44% des surfaces muséales ont déjà été rénovées, soit 7.200 m2 sur 16.500 m2.

Les travaux ont coûté 20,1 millions d'euros, dont la moitié pour le pavillon Amont. Ils ont été financés pour près des deux tiers par le musée lui-même (12,7 millions), le reste étant payé par l'Etat (6,6 millions) et le groupe Elior, gérant la cafétéria (0,8 million).

Pendant les travaux, une partie des oeuvres impressionnistes a circulé sous la forme d'expositions itinérantes à l'étranger (Japon, Australie, Etats-Unis, Espagne), qui ont rencontré un grand succès. Elles ont permis de dégager de substantielles ressources qui vont aider le musée à financer ses rénovations.

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