Dernière modification : 17/10/2011 

- Benjamin Netanyahou - Conflit israélo-palestinien - Gilad Shalit - Hamas - Israël


Les dessous de la libération du soldat Gilad Shalit

Les dessous de la libération du soldat Gilad Shalit

Après cinq ans de vaines négociations, un accord sur la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit a été signé entre Israël et le Hamas. En toile de fond : le printemps arabe, la crise sociale en Israël et les rivalités interpalestiniennes.

Par Sarah LEDUC (texte)
 

A la suite de l'accord signé mardi entre le Mouvement de la Résistance islamique (Hamas), au pouvoir dans la bande de Gaza, et Tel-Aviv, le soldat franco-israélien Gilad Shalit, enlevé en juin 2006 à la lisière de l'enclave palestinienne, devrait être remis en liberté très prochainement. En échange, l'Etat hébreu a consenti à la libération de plus d’un millier de prisonniers palestiniens. Du jamais vu : en 1983, Tel-Aviv avait en effet échangé 4 500 prisonniers arabes contre 6 Israéliens et, en 1985, trois soldats capturés au Liban en 1982 contre 1 150 combattants palestiniens.

Après des tractations qui sont restées vaines pendant cinq ans, les deux parties ont donc trouvé le consensus qui a longtemps fait défaut. "Israël a compris qu’il lui serait difficile d’obtenir un meilleur accord. Le Hamas voulait échanger au départ 1 400 prisonniers. Fallait-il encore attendre pour une issue hautement incertaine ? Israël a estimé que non", décrypte ainsi Alain Dieckhoff, directeur de recherche au CNRS/Ceri et spécialiste du Proche-Orient.

Un accord favorisé par le printemps arabe

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ne disait d'ailleurs pas autre chose en confirmant l'accord, mardi soir : "Je pense que nous avons conclu le meilleur accord possible alors que la tempête agite le Proche-Orient. J'ignore si nous aurions pu en obtenir un meilleur ou en obtenir un tout court dans un avenir proche." Reste que si accord il y a eu, celui-ci est loin d'être étranger au printemps arabe et aux récents événements survenus tant au sein de l'État hébreu que dans les Territoires palestiniens, comme le laisse entendre Netanyahou.
 
La situation en Égypte - le pays a joué un rôle crucial de médiateur entre les deux acteurs - aurait notamment incité Tel-Aviv à donner un coup d'accélérateur au dossier. Et pour cause : les législatives égyptiennes, qui auront lieu le 28 novembre, pourraient bien faire la part belle aux Frères musulmans. "Pour Israël, c’était donc le moment de conclure un accord car il y a de fortes incertitudes sur le rôle du Caire après le scrutin. Il est quasi certain que les Frères musulmans vont acquérir une plus forte représentativité et on ne sait pas s’ils voudront jouer le même rôle que leurs prédécesseurs", analyse Alain Dieckhoff.
 
Du côté du Hamas, l'effervescence qui a gagné l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient a également changé la donne. Avec le lancement de la révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad - son principal protecteur - au mois de mars, ses bases en Syrie sont désormais menacées. A tel point que le Mouvement a été contraint de prendre ses distances avec Damas, ce qui l'a obligé à adopter profil bas sur la scène politique intérieure.
 
Un agenda opportun pour le Hamas et Netanyahou ?
 
Vue de Gaza, la libération d'un millier de détenus est perçue comme un moyen de reprendre la main face au Fatah dans les Territoires. D'autant que, dans le même temps, Mahmoud Abbas a vu sa cote de popularité grimper en flèche après son coup d’éclat à la tribune des Nations unies, le 23 septembre.
 
"La libération de nombreux Palestiniens est, pour le Hamas, un moyen de se remettre en selle en obtenant du concret. Car si Abbas a connu un succès populaire à l’ONU, il n’a en définitive rien obtenu. Le Hamas va donc pouvoir se servir de cet accord comme d'une arme de propagande et capitaliser dessus", poursuit Alain Dieckhoff.
 
En Israël aussi, où Netanyahou fait face à une grogne sociale sans précédent depuis plusieurs mois, l'accord tombe à pic. Le retour de Gilad Shalit pourrait permettre au gouvernement de calmer une partie de l’opinion - un sondage pour l’édition papier du Maariv, en mai dernier, montrait que 58 % de la population se disait favorable à l’échange de centaines de prisonniers palestiniens contre le soldat Shalit.
 
"Le gouvernement de Benjamin Netanyahou sera reconnu à court terme comme celui qui aura su mettre en œuvre cet accord. On lui en donnera crédit, même s’il reste des incertitudes et que certains dissidents lui reprocheront toujours d’avoir trop concédé au Hamas", conclut Alain Dieckhoff. 
Commentaires (15)

@Réponse à VERITE Par gautier

..enlevé dans lors d'une opération commando sur territoire palestinien occupé par les israéliens.. !!

Réponse @ Poisson du 17 / 10 / 2011 18:14

Réponse @ Poisson du 17 / 10 / 2011 18:14
Les Otages sont effectivement les Palestiniens il est vrai , mais ils le sont par les extrémistes du Hamas qui engendrent tous les malheurs à leur propre peuple ! En effet , sil n'y avais pas de harcèlement permanent sur le peuple d'Israël , il n'y aurais pas non plus de représailles et bien sur pas de blocus donc pas de confrontation! Mais comme les extrémistes du Hamas et d'autres organisations fanatiques et avant eux l'OLP, ne veulent surtout pas reconnaitre de droit de vivre aux Israéliens et aux Juifs en général sans parler des autres religions vivants bien avant eux en territoires de la Palestine bien avant la création de l'état d'Israël et qui disparaissent peut à peut du monde Musulman et tant qu'il y aura des gens comme cela et comme vous, la situation n'évoluera jamais !
Mais comme toujours il faut du courage pour ne pas ce voiler la face, et voir les choses en face . Bien à vous Eddy

@ Gautier qui emploie les mots justes

@ Gautier qui emploie les mots justes
Otage ou Prisonnier ?
Il vous suffis d'ouvrir le dictionnaire et vous saurez que Gautier emploie les termes exactes .
Désolé pour tous ceux qui ne veulent pas voir les choses en face .
Il n'y à pire sourd que celui qui ne veut entendre, et l'ont oblige pas un âne qui ne veut boire ! Eddy

Pourquoi dites-vous "soldat

Pourquoi dites-vous "soldat franco-israélien"?
Alors que ferait un soldat français en Israel ? Est-il là-bas pour tuer des palestiniens? Ce terme est repris curieusement par plusieurs dépêches françaises !! Il serait plus juste afin d'éviter toute équivoque,de dire "le citoyen franco-israélien" ou "le soldat israélien ayant aussi la nationalité française"

Je lis sur votre chaîne une

Je lis sur votre chaîne une dépêche qui nous fait savoir que Nicolas Sarkozy recevra le soldat Shalit à l'Elysée.
Je trouve que son positionement est bien tardif, en effet pendant la captivité de Shalit on ne l'a que très rarement vu se positionner en faveur de la libération du soldat franco-israëlien. Une fois de plus le Président souhaite simplement se faire de la pub au regard de l'actualité.

échange prisonniers

succès ! de 1982 à 2011 pour 3 fois réalisées,6477 palestineins contre 10 israeliens ,les rapports de forces et de considérations sont disproportionnées,mais agréable pour les deux parties,l'arabisme ou mieux dire l'unanimisme islamique est en declin pour avoir servi plus des opportunistes dictateurs et anarchistes ,l'islam est entrain de reprendre ses valeurs traditionnelles d'une religion et non d'un mouvement.les convictions religeuses ne peuvent se prévaloir dans un monde globale ou l'apport de chacun est attendu.

@Gautier

Drole de logique et facon de voir les choses, par des tournures de mots vous interpreter les faits d'une maniere tres singuliere, ou prisonnier devient otage sans parler de tout un peuple otage, de vrais otgaes. bref tant qu'il y aura des gens comme vous, la situation n'evoluera jamais. Si Gilad Shalit a été libéré, je crois personnelement que l'etat hebreux qui a subit des secousses sociales, protestations, eveil reel du citoyen israelien, qui ne gobe plus n'importe quoi, est derniere cette operation et rien de plus. l'avenir reserve bien des surprises a israel et cela par les israeliens eux.

une régle d'or;

Si pour un otage on libère 1027 prisonnier étant donner qu'il y a 5000 prisonnier encore, question combien faut-il d'otage pour qu'il n'ai plus de prisonnier ?merci de me répondre ,le gagnant aura un voyage dans une flottille tout frais payer pour Gaza.

@gauthier

Je suis heureux que tu comprennes , enfin , le ressenti au quotidien des Arabes israéliens et des Palestiniens qui sont pris en OTAGE par le gouvernement d'Israel !!!!
" NE FAIS PAS AUX AUTRES CEQUE TU N'AIMERAIS PAS QU'ON TE FASSE "
j'apprécie ta volonté et ton courage à dire tout haut ce que tes frères d'Israel disent tout bas !!!
Ainsi , s'installera la paix en Palestine et en Israel , INCHALLAH

stooop!

Ce n'est pas parce l'Etat d'Israël est respecté qu'il est respectable!

Réponse à VERITE

Il ne s'agit pas d'un prisonnier mais d'un otage, enlevé dans lors d'une opération commando sur territoire israélien ayant cause la mort de deux autres soldats. Il a été maintenu au secret depuis 2006, sans procès ni jugement, sans possibilité d'envoyer ou de recevoir du courrier, sans visite de la Croix-Rouge, constamment menacé d’exécution, dans le non respect de toutes les conventions internationales concernant les prisonniers civils ou militaires. Il ne sera libéré qu'en échange du payement d'une rançon composé de liste de plus 1000 prisonniers palestiniens, tous jugés et emprisonnés dans des conditions conformes au droit international, liste comprenant en autres cinq personnes directement responsables de la mort de 120 civiles israéliens lors d'attentat contre un bus, une université et ou encore une fête de mariages. Quand aux autres ils ont été condamné pour des participations à des attentats ou tentatives, ou pour des crimes des droits communs qui leur vaudraient partout ailleurs une condamnations.

HYPOCRISIE !!!!!!

Mon Dieu !....Quel chahut autour d'un prisonnier....alors que des milliers d'autres croupissent dans les geôles israéliennes dans l'indifférence pour ne pas dire le mépris total d'un occident qui se qualifie de "monde libre" , "démocratique", "humaniste" etc.....Hypocrisie quand tu nous tiens!...J'oubliais juste un détail , ces milliers de prisonniers, ce sont justes des Palestiniens...ils ne comptent pas !....

gylad shalig

la critique est facile, bien faire pour le mieux est plus difficile!! à bon entendeur SALUT

injustice du monde

le juste titre de cet article aurait du etre :
"Les dessous de la prochaine libération des 1000 prisonniers palestiniens".

Liberation de Gilat Shalit

Excellente analyse. Mais il est vrais que beaucoup d’Israéliens souffrant des conditions économiques voient cela comme un coup de plus du gouvernement pour redorer son blason.

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