Dernière modification : 12/10/2011 

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Barroso souhaite une recapitalisation "urgente" des banques

Le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, reconnaît l’"urgence" de recapitaliser les banques européennes afin qu’elles puissent faire face à la crise de la zone euro.

Par Axelle SIMON (vidéo)
Sébastian SEIBT (texte)
 

Finalement, les banques européennes devront être recapitalisées. José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, l’a reconnu officiellement. Ce mercredi, il a présenté une feuille de route pour que le système bancaire européen soit capable de faire face à une crise qu’il a qualifiée de “systémique”, c’est-à-dire dans laquelle l’effet de contagion joue à plein.

Pour redresser la situation, José-Manuel Barroso prône notamment une augmentation sensible et "urgente" des fonds propres des établissements bancaires, qui correspondent aux réserves d’argent dont ceux-ci doivent bénéficier pour faire face à des besoins inattendus. Actuellement, ces derniers doivent s’élever à 5% des actifs des banques. S’il n’a pas cité de chiffres dans son discours, cette obligation pourrait être portée à 9%, selon le "Financial Times" - un seuil recommandé par l’Autorité bancaire européenne. Le président de la Commission européenne a par ailleurs assorti cette proposition d’une menace : les enseignes bancaires qui ne se conformeraient pas à ce nouveau seuil pourraient se voir interdire le droit de verser des bonus ou des dividendes à leurs actionnaires.

Un développement qui intervient alors qu’il y a seulement un mois, les principaux dirigeants européens montaient au créneau pour défendre la solidité du système bancaire européen. Une recapitalisation, pourtant appelée de leurs vœux par le Fonds monétaire internationale (FMI) et les États-Unis, était alors jugée inutile par  les Européens. Que s’est-il passé pour que l’Union européenne effectue un tel virage à 180 degrés en si peu de temps ?

La charge de Christine Lagarde :  Le 27 août, la nouvelle directrice du FMI affirme que les banques européennes "ont besoin d'une recapitalisation urgente". Dans un discours prononcé à Jackson Hole (État du Wyoming, États-Unis), elle justifie cette prise de position par la crainte d’une contagion de la crise grecque à d’autres pays comme l’Italie ou l’Espagne. Une hypothèse qui pourrait, selon elle, mettre à mal tout le secteur bancaire européen.

L’Europe fustige Christine Lagarde :  Dans les jours qui suivent cet appel de “Jackson Hole”, les réactions indignées de responsables européens se multiplient. La charge la plus forte contre l’ancienne ministre française de l’Économie vient de la France. Le 30 août, Laurence Parisot, patronne du Medef (syndicat du patronat français), juge en effet les propos de Christine Lagarde “incompréhensibles”. “Ce qui est dit [par Christine Lagarde, NDLR] n'a pas de sens, nous avons le système bancaire le plus solide au monde”, affirme alors Laurence Parisot.

Le patron de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, évoque, quant à lui, des “propos contre-productifs”. Il est l’un des premiers à utiliser un argument que les Européens vont resservir à foison durant le mois de septembre : le système bancaire serait solide, mais les déclarations alarmistes peuvent le fragiliser.

La Bourse en folie : Durant la première quinzaine du mois de septembre, les valeurs bancaires sont fortement chahutées en bourse. Ainsi, par exemple, l’action de la Société Générale passe en une semaine, début septembre, de 23 euros à 16 euros tandis que la Deutsche Bank dévisse à un rythme similaire (28 à 21 euros). Certains y voient un effet de panique suite aux déclarations de Christine Lagarde, d’autres rappellent que les banques étaient déjà sous pression boursière depuis le début de l’été.

L’aide discrète des banques centrales : Officiellement, il n’y a encore qu’un “problème de confiance” des marchés, mais la machine à aider les banques européennes se met en branle à partir du 15 septembre. Lors d’une réunion à Bruxelles des ministres des Finances de la zone euro, le discours n’a pas varié d’un iota : les banques européennes sont solides. Pourtant, ce même jour, cinq banques centrales (la Banque centrale européenne, la Banque du Japon, la Bank of England, la Réserve fédérale et la Banque centrale suisse) ont décidé d’ouvrir les mannes du crédit aux banques européennes. Depuis quelques jours, ces dernières ont en effet des difficultés à emprunter sur un marché où les investisseurs rechignent de plus en plus à leur prêter de l’argent.

Les 200 milliards du FMI : Christine Lagarde revient à la charge le 21 septembre. Le FMI publie alors un rapport qui estime que pour faire face à la crise grecque et à l’éventuelle contagion, les banques européennes ont besoin de 200 milliards d’euros supplémentaires. Un chiffre choc qui provoque les premières fissures dans la solidarité européenne pour défendre le secteur bancaire. Ainsi, Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, reconnaît un jour plus tard que “les banques les plus fragiles” allaient probablement devoir être recapitalisées.

Le choc Dexia : Le 4 octobre, la France et la Belgique décident de démanteler Dexia. La banque franco-belge devient officiellement la première victime bancaire de la crise grecque. Même si le ministre français de l’Économie, François Baroin, assure qu’il s’agit “d’un cas isolé”, cette chute prouve que le secteur bancaire européen n’est pas si solide. Une première illustration concrète des craintes exprimées environ un mois plus tôt par Christine Lagarde.

Commentaires (5)

Il faut sortir de ce bourbier financier

Une intention de recapitalisation signifie clairement que nos banques ne sont plus en mesure de se diriger par elles mêmes sans mettre en danger l'économie réelle. La perte de contrôle est si grande qu'elles sont prêtes à avouer publiquement leurs incompétences???? Ils sont où les milliards de 2008 et les (très lourds) bénéfices des 20 dernières années? Si cet argent n'avait pas été distribué en parachute doré, en primes exorbitantes, mais aurait été gardé comme fond de garantie aucune banque aujourd'hui ne serait en crise, mais voila, quand la cigale s'occupe de tenir les comptes à la place d'une fourmi, cet argent semble beaucoup plus utile dans les poches de l'actionnaire qui s'empresse de le dissimuler (Suisse?) pour ensuite venir pleurer dans les bras de l'état, "à l'aide, on a plus rien, bouhhhhhouhhhh". On ne doit plus donner un seul centime du contribuable à ces escrocs et qu'ils viennent pas nous dire que la crise les a frappé, c'est eux qui l'ont créé, et ils connaissaient tous, et très bien, la manière dont ça allait arrivé, et ils en ont bien profité, et s'il n'était pas capables de l'anticiper, c'est qu'ils n'ont rien à faire à la direction d'une banque. Il faut sortir de ce cercle infernal, c'est pas une recapitalisation qu'il faut, c'est une prise de contrôle unilatérale des instituts financiers le temps de mettre en place un nouveau système économique, et imposer une séparation claire, et définie par la loi, entre banques d'affaire soumises à leurs règles mafieuses (après tout, qu'ils fassent ce qu'ils veulent avec ->LEURS<- argent, tant qu'ils ne jouent pas avec celui des "AUTRES"...) et banque de dépôt, qui elles doivent être soumises aux règles de l'état, où de la confédération économique acceptée par plusieurs états. C'est la seule solution crédible qui permet de dissocier l'économie réelle d'un casino géant dans lequel la vie des états est mise en jeu (contre leurs volontés ou à leur insu), et pour remettre la finance à la place qu'elle n'aurait jamais du quittée. Les citoyens pourront choisir d'être ultralibéraux en claquant leurs oseilles en bourse par le biais d'une banque d'affaire ou de choisir une économie responsable qui n'a pour vocation que la stabilité et la pérennisation économique.

Conclusion : PAS UN CENTIME DE PLUS! A quoi cela sert il d'investir dans ce qui est voué à disparaître?

C'est quoi la récapitalisation ?

Recapitaliser une banque signifie augmenter ses fonds propres via une augmentation du capital, afin de procéder au remboursement de ses dettes externes. Est-ce une solution de nature à sauver les banques de la Zone Euro ? Nous disons avec fermeté NON et ceci pour plusieurs raisons, premièrement pourquoi ces banques sont-elles endettées ? Pourquoi un intermédiaire de finance "banque" est-il endetté ? Les apporteurs de capitaux nouveaux seront à leur tour remboursés par quelles ressources ? Pourquoi la confiance interbancaire n'existe plus ? autant de questions que l'on peut se poser sans réponses adéquates.

C'est quoi la récapitalisation ?

L'injection des fonds dans l'économie grecque n'était certainement pas la meilleure solution et pourtant nous avons tant critiqué cette mesure. Voilà, à présent on se retrouve à la case de départ. Mais quand est-ce que les dirigeants de l'UE doivent comprendre que pour résoudre une crise d'endettement, la solution n'est nettement pas l'injection de l'argent dans l'économie endettée. Car si une nation se trouve dans une situation d'endettement chronique, cela proviendrait du fait qu'elle consomme plus qu'elle ne produit, de ce fait elle détruit la richesse plus qu'elle ne crée. A partir de ce moment là, la meilleure solution consiste à chercher comment faire pour augmenter ses investissements productifs.

Recapitalisation urgente

C'est bien il y a seulement moins de 6 mois que le fameux teste de résistance des banques européennes a été fait et présenté au publique comme une réussite sauf une petite poignée de banques.
Peut-on vraiment croire nos politiciens ? Maintenant les banques doivent recapitaliser en urgence. C'est du n'importe quoi ou de l'amateurisme car il y a des brigades d'experts. Il semble qu'il y ait également des brigades de menteurs dans les divers gouvernements dans le milieu économique.

banques européennes

Et notre argent utilisé pour les recapitaliser prendra la direction des banques suisses, tout comme l'aide à la Grèce.Bravo!

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