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Washington prévient que l'Iran devra s'expliquer sur le complot terroriste présumé

Vidéo par Marie NORMAND , Kéthévane GORJESTANI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 13/10/2011

Malgré les démentis de Téhéran, les États-Unis assurent qu'il faudra rendre des "comptes" dans l'affaire du complot visant l'ambassadeur saoudien à Washington. L'Iran dénonce une machination orchestrée par Washington.

AFP - Les Etats-Unis ont prévenu mercredi que Téhéran devrait "rendre des comptes" après la mise au jour d'un complot présumé contre l'ambassadeur d'Arabie saoudite sur le sol américain, tandis que l'Iran a rejeté avec véhémence une affaire selon lui montée de toutes pièces.

La justice américaine a annoncé mardi l'inculpation de deux ressortissants iraniens accusés d'avoir tenté d'assassiner l'ambassadeur Adel Al-Jubeir.

"dans ce scénario tout est un peu parfait... ou un peu trop bancal"

Le président des Etats-Unis Barack Obama s'est entretenu mercredi au téléphone avec le roi Abdallah d'Arabie saoudite. Les deux dirigeants se sont mis d'accord sur le fait que "ce complot représente une violation flagrante des normes, de la morale et des lois internationales", et ont fait part de leur résolution à "faire rendre des comptes aux responsables", selon la même source.

Prendre l'ambassadeur d'Arabie saoudite pour cible "est une action révoltante et les Iraniens devront rendre des comptes", a affirmé mercredi le vice-président des Etats-Unis Joe Biden.

"Nous sommes en train de mobiliser l'opinion publique mondiale pour continuer à isoler (les Iraniens) et à punir leur comportement", a-t-il assuré à l'antenne de la télévision ABC.

L'Iran a rejeté avec force les accusations de Washington, le ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi dénonçant un "scénario malveillant" et assurant qu'en fin de compte, les Etats-Unis "vont s'excuser auprès de l'Iran".

Le général Hossein Salami, l'adjoint du chef des Gardiens de la révolution, a également démenti toute implication de membres de l'armée d'élite du régime islamique. Les Etats-Unis ont mis en cause dans le complot les Brigades Al-Qods, une unité spéciale des Gardiens de la révolution.

Paraissant écarter d'éventuelles représailles militaires, le Pentagone a déclaré mercredi que la réponse devait être diplomatique et judiciaire.

"L'armée américaine nourrit depuis longtemps des inquiétudes sur la mauvaise influence iranienne dans la région. Mais pour ce qui concerne cette affaire, c'est un problème diplomatique et judiciaire", a déclaré John Kirby, un porte-parole du Pentagone.

"Le but pour l'heure est de continuer à imposer une pression financière et diplomatique sur les Iraniens", a déclaré un autre porte-parole du Pentagone, George Little.

A l'ONU, les Etats-Unis ont entamé des réunions individuelles avec les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité pour trouver une riposte diplomatique.

Pour la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, l'Iran s'est engagé dans "une escalade dangereuse". Elle a demandé mercredi "aux autres nations" de s'associer aux Etats-Unis pour "condamner cette menace à la paix internationale et à la sécurité".

L'Arabie saoudite a condamné la "tentative odieuse et immorale" de tuer son ambassadeur à Washington, selon un responsable non identifié, cité par l'agence saoudienne SPA. Ce responsable n'a pas cité l'Iran.

Les monarchies arabes du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont également condamné le complot présumé. Le chef du CCG, Abdellatif al-Zayani, a affirmé qu'il "nuirait sérieusement aux relations entre le CCG et l'Iran"

L'Union européenne a mis en garde l'Iran contre des "conséquences très graves" si les accusations américaines étaient avérées, tandis que le gouvernement britannique se disait prêt à soutenir d'éventuelles mesures "pour que l'Iran réponde de ses actes".

L'affaire est "une violation scandaleuse du droit international, dont les auteurs et les commanditaires devront rendre compte", a affirmé le ministère français des Affaires étrangères.

Les deux suspects poursuivis aux Etats-Unis sont accusés d'avoir préparé l'attentat depuis mai dernier.

Manssor Arbabsiar, 56 ans, qui dispose de la double nationalité américaine et iranienne, a été arrêté le 29 septembre à l'aéroport Kennedy de New York, selon le ministère de la Justice. L'autre suspect, Gholam Shakuri, membre des Brigades Al-Qods, reste en fuite.

L'attentat a été déjoué car Arbabsiar aurait rencontré à plusieurs reprises un informateur américain qu'il croyait être membre d'un cartel de la drogue mexicain. Ce dernier lui aurait proposé d'organiser l'attentat pour la somme de 1,5 million de dollars.

Le New York Times, citant une source anonyme proche de l'enquête, a affirmé que les auteurs du complot prévoyaient en outre de payer un cartel mexicain de la drogue pour faire sauter l'ambassade d'Israël à Washington et celles d'Israël et d'Arabie saoudite à Buenos Aires.

Reflétant la montée de la tension, le département d'Etat américain a lancé une "alerte mondiale" au terrorisme sur son site internet de recommandation aux voyageurs.

Les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé avoir ajouté la compagnie aérienne iranienne Mahan Air à leur liste noire des entités visées par les sanctions américaines contre Téhéran. Selon le département du Trésor, Mahan Air apporte "un soutien financier matériel et technique" à la Force al-Qods.

 

Première publication : 13/10/2011

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