- Agence de notation - Dette souveraine - Économie française
La France doit-elle continuer à courir après son AAA ?
L’agence de notation Moody’s a pour la première fois égratigné le sacro-saint triple A français. Pour assurer cette note, Paris semble prêt à durcir sa cure d’austérité. Mais la France est-elle obligée de garder son AAA ?
Ce que le gouvernement français craint comme la peste commence à se profiler à l’horizon. Le symbolique AAA dont bénéficie la France pour sa dette souveraine s’est fissuré, lundi, lorsque l’agence de notation Moody’s a annoncé qu'elle se donnait trois mois pour déterminer si sa perspective "stable" pour l'Hexagone est toujours justifiée.
Si, dans trois mois, Moody’s juge que les efforts budgétaires de Paris ne sont pas suffisants ou que la situation s’est dégradée, la perspective pour la note française pourrait alors passer de “stable” à “négatif”. Soit, dans le jargon des agences de notation, la porte ouverte à une dégradation de la note souveraine du pays dans les 3 à 12 mois... La France deviendrait alors, peut-être en pleine campagne présidentielle, le deuxième pays, après les États-Unis, à perdre son tripe A.
Certes, Moody’s relève dans son rapport sur la valeur du crédit de la France que “l’économie française est forte et que les institutions financières y sont robustes”, mais l'agence souligne cependant que la santé financière de l’État - notamment ses déficits - s’est dégradée depuis le début de la crise par rapport aux autres pays qui bénéficient d’un triple A.
Celle-ci craint notamment “le coût potentiel d’une recapitalisation du secteur bancaire français”, explique à France 24 Jean Imbs, professeur de macro-économie à l’École d’économie de Paris. Lors du très attendu sommet européen du 23 octobre, les dirigeants des États de la zone euro doivent, en effet, se pencher sur une éventuelle aide financière des pays ayant la monnaie unique en partage à leur secteur bancaire - en plus du cas de la Grèce. “Pour éviter une panique, les États doivent annoncer qu’ils sont prêts à renflouer les banques”, ajoute Jean Imbs... Un type d’engagement financier qui déplaît aux agences de notation, même s'il ne s'agit, dans un premier temps, que d'une garantie étatique qui ne va pas forcément se transformer en versement.
Austérité = chômage ?
D'une éventuelle dégradation du triple A, le gouvernement ne veut pas entendre parler, répétant à l'envi que la réduction des déficits publics est son objectif prioritaire. Le Premier ministre, François Fillon, a ainsi prévenu, lundi soir sur France 2, que de nouvelles mesures d’austérité pourraient être nécessaires “si la croissance n’atteint pas 1,5 % en 2012” pour renflouer les caisses de l'Etat.
Reste que cette surenchère pour rester dans le droit chemin des agences de notation n'est pas du goût de nombreux économistes. Selon les prévisions de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) rendues publiques vendredi, si la France met tout en oeuvre pour tenir ses engagements en matière de réduction des déficits, le chômage augmenterait de 0,6% en 2012...
D’autres craignent carrément de voir se profiler en France un scénario à l’espagnole. “Depuis que Madrid s’est converti à la rigueur pour faire plaisir aux agences de notation, l’Espagne est entrée en récession et sa note a été dégradée malgré tout”, souligne pour sa part Julia Cagé, économiste à l’École d’économie de Paris.
BCE vs Fed américaine
Pour autant, la France n’a pas vraiment le choix, comme l’a encore rappelé François Fillon lundi. “Les agences et les notations, ce n'est pas une élégance, c'est le prix à payer pour financer la dette”, a indiqué le Premier ministre. En clair : une dégradation de la note souveraine d'un pays entraîne quasi automatiquement une augmentation du taux d’intérêt auquel il peut emprunter sur les marchés financiers. Or, si la France doit payer plus pour s’endetter, “cela réduit encore sa marge de manoeuvre budgétaire”, remarque Jean Imbs...
Pour Paris, le problème est d'autant plus ardu que la France ne peut pas faire tourner la planche à billets pour maintenir ses taux d'intérêt à un niveau faible, en cas de dépréciation de sa note. Un procédé largement utilisé par les pays disposant de leur souveraineté monétaire, comme les États-Unis, où la Fed a massivement acheté de la dette souveraine en injectant de l'argent dans l'économie pour faire baisser les taux.
Comme les autres États de la zone euro en effet, la France a transféré sa souveraineté monétaire à la Banque centrale européenne (BCE), qui s’interdit d'avoir recours à un tel mécanisme, au motif que cette émission d’argent risque de faire augmenter l’inflation. Et si elle s'est permis quelques entorses à cette règle d’or depuis fin 2010, c’est à des niveaux incomparables à ceux des pays qui ont gardé leur souveraineté monétaire. Les rachats de dettes de la BCE correspondent en effet à 2% du PIB de la zone euro, quand ceux de la Réserve fédérale sont de 11% du PIB des Etats-Unis. Quant à la Banque centrale japonaise, elle a été jusqu'à dépenser l’équivalent de 17% du PIB pour le rachat de la dette nippone depuis 2010.
Pour contourner l'obstacle de la BCE et s'émanciper de l'influence des agences de notation, la France devrait militer pour une mutualisation des dettes souveraines européennes, juge Julia Cagé. Une solution qui permettrait à Paris de s'abriter derrière le bouclier d'une dette souveraine européenne - émise sous forme d'eurobonds - contre laquelle les marchés n'iraient pas parier, car personne ne pourrait croire, en effet, à un effondrement de la Maison Europe. "Comme les États-Unis, la zone euro serait alors une économie trop grosse pour qu'on s'imagine qu'elle puisse faire faillite", assure Julia Cagé.



























Commentaires (9)
Vote
Moi, c'est simple, je voterais pour celui qui promet de nous faire sortir de l'euro et qu'il accepte de réduire les dépenses du gouvernement. ex: les voitures de fonction, les déplacements à des montants énormes, la baisse des députés en France, il y en a de trop 2 par département seraient largement suffisant, la baisse de salaire de 1000€ pour tous les personnes travaillant au gouvernement et gagnant 7000 € mensuel minimum etc... comme vous pouvez le constater, voilà des réformes qui ne touchent pas le peuple, ce qui fait que le pouvoir d'achat augmenterais. J'invite tous les Français par le biais de pétition à exiger ces réformes, le problème de la France ne concerne pas qu'un gouvernement, nous avons aussi notre mot à dire. Sinon, nous revenons au temps des rois.
Vive les agences de notations
Gageons qu'en cas de réélection de Sarkozy 1er et unique, l'UMP ne profite de ces notes dégradées pour dépecer le système social Français,
jugé trop coûteux par de braves personnes, qui n'ont absolument pas besoin d'aide elles.
ZZZ
C'est une histoire à dormir debout. Que tous les apprentis financiers se calment un peu dans la spéculation à outrance !
Au jeux du financier fou on joue la vie de populations entière.
Mettons fin au système des intérêts une bonne fois pour toute.
Que ceux qui ont de l'argent à n'en plus qu'en faire l'offre au lieu de le prêter, l'homme évoluera peut être enfin...
agences de notation
N'avons-nous pas de structures permettant d'émettre une quotation des pays d'EUROPE, les seuls opérants sont les U.S.A., et l'on connait bien l'origine de la crise que l'on cherche à faire endosser aux autres, la G.B., qui tire à boulets rouges sur le système EURO, dans lequel elle se refuse à entrer. Ne pouvons nous pas émettre une notation contradictoire concernant la situation financière désastreuse de ces pays
la nota AAA à la France.
Stop. Je suis de gauche et pense qu'il faut de suite sortir de l4Europe et de la zone Euro qui ruine notre pays.
L'Europe c'est très bien mais pas dans les conditions actuelles.
AAA
Que la France retrouve enfin ses vraies valeurs, cette course à l'euros à tout prix que font aujourd'hui tous lespays de la zone Europe ne veut rien dire. Tous sont en train de ruiner leur peuple pour un idéalisme dépassé.
Que la France retourne au franc et elle retrouvera son AAA sans affamer les populations et aggraver le chomage
Système de notation biaisé à revoir en période de crise
On peut se poser la question qui note ses agences elles même? Souvent elles ne sont pas d'accord entre elles sur la note à attribuer les notes émanent souvent de quelques experts spécialistes de tel ou tel pays. Ces agences cultivent par ailleurs le mystère sur les cheminements pour l'attribution des notes; en outre elles vivent dans leur perception cloitrées hors du temps et des conditions générales de l'économie mondiale puisqu'elles appliquent arbitrairement et d'une manière déphasée leurs critères de classification élaborés pour une phase de l'économie mondiale, sans crise généralisée du capitalisme qui rappelle celle de 1929, à des économies de pays qui subissent la crise mondiale, arbitrairement pris individuellement, et qui font de leur mieux pour la juguler. Sans leur action, qui aurait dû être plus rapide et plus déterminante depuis 2009 pour réduire la spéculation virtuelle et vorace du capital financier international, on serait maintenant dans l'implosion de tout le système de production et de répartition mondiale y compris la disparition des agences de notation et pour longtemps. Il est à noter que dans un sondage effectué par un quotidien français plus de 65% des votants par l'Internet ne font point confiance aux agences de notation. Un aspect dangereux en période de crise mondiale est que les sorties en flèche voulues, par compétition pour plus de part de leur marché, de telle ou telle agence posent le problème d'objectivité de leur note cas par cas alors qu'il faudrait noter tout le système capitaliste dans son ensemble et par l’ensemble des agence en accord. De plus ces agences devraient normalement avant de se prononcer sur une réduction de note d'abord élaborer un système de notation pour la période de crise mondiale généralisée et être en mesure de proposer aux États et institutions mondiales les mesures impératives pour la dépasser. Pour le moment il est urgent que les multiples agences arrêtent les attributions de notation qui ne font qu'aggraver la crise et dangereusement au niveau des pays les plus exposés.
Comment ne pas dependre des Agences de Notation
Comment ne pas dependre des Agences de Notation:
Ecrit de Turgot à Louis XVI le 24 août 1774 :
"Point de banqueroute. Point d'augmentation d'impôts. Point d'emprunts. Pour remplir ces trois points, il n'y a qu'un moyen. C'est de réduire la dépense au dessous de la recette."
Lien
http://www.budget.gouv.fr/actus/suite/100903_lettre_turgot.htm
note
on en a assez de cette note qui profite aux gouvernements afin de nous étrangler encore plus,
ils n'ont pas encore compris notre souffrance,
eux ne se privent de rien ,diminuons leur salaire et leurs avantages ensuite on verra
Réagir à cet article