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Economie

La France doit-elle continuer à courir après son AAA ?

©

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 18/10/2011

L’agence de notation Moody’s a pour la première fois égratigné le sacro-saint triple A français. Pour assurer cette note, Paris semble prêt à durcir sa cure d’austérité. Mais la France est-elle obligée de garder son AAA ?

Ce que le gouvernement français craint comme la peste commence à se profiler à l’horizon. Le symbolique AAA dont bénéficie la France pour sa dette souveraine s’est fissuré, lundi, lorsque l’agence de notation Moody’s a annoncé qu'elle se donnait trois mois pour déterminer si sa perspective "stable" pour l'Hexagone est toujours justifiée.

Si, dans trois mois, Moody’s juge que les efforts budgétaires de Paris ne sont pas suffisants ou que la situation s’est dégradée, la perspective pour la note française pourrait alors passer de “stable” à “négatif”. Soit, dans le jargon des agences de notation, la porte ouverte à une dégradation de la note souveraine du pays dans les 3 à 12 mois... La France deviendrait alors, peut-être en pleine campagne présidentielle, le deuxième pays, après les États-Unis, à perdre son tripe A.

Certes, Moody’s relève dans son rapport sur la valeur du crédit de la France que “l’économie française est forte et que les institutions financières y sont robustes”, mais l'agence souligne cependant que la santé financière de l’État - notamment ses déficits - s’est dégradée depuis le début de la crise par rapport aux autres pays qui bénéficient d’un triple A.

Celle-ci craint notamment “le coût potentiel d’une recapitalisation du secteur bancaire français”, explique à France 24 Jean Imbs, professeur de macro-économie à l’École d’économie de Paris. Lors du très attendu sommet européen du 23 octobre, les dirigeants des États de la zone euro doivent, en effet, se pencher sur une éventuelle aide financière des pays ayant la monnaie unique en partage à leur secteur bancaire - en plus du cas de la Grèce. “Pour éviter une panique, les États doivent annoncer qu’ils sont prêts à renflouer les banques”, ajoute Jean Imbs... Un type d’engagement financier qui déplaît aux agences de notation, même s'il ne s'agit, dans un premier temps, que d'une garantie étatique qui ne va pas forcément se transformer en versement.

Austérité = chômage ?

D'une éventuelle dégradation du triple A, le gouvernement ne veut pas entendre parler, répétant à l'envi que la réduction des déficits publics est son objectif prioritaire. Le Premier ministre, François Fillon, a ainsi prévenu, lundi soir sur France 2, que de nouvelles mesures d’austérité pourraient être nécessaires “si la croissance n’atteint pas 1,5 % en 2012” pour renflouer les caisses de l'Etat.

Reste que cette surenchère pour rester dans le droit chemin des agences de notation n'est pas du goût de nombreux économistes. Selon les prévisions de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) rendues publiques vendredi, si la France met tout en oeuvre pour tenir ses engagements en matière de réduction des déficits, le chômage augmenterait de 0,6% en 2012...

D’autres craignent carrément de voir se profiler en France un scénario à l’espagnole. “Depuis que Madrid s’est converti à la rigueur pour faire plaisir aux agences de notation, l’Espagne est entrée en récession et sa note a été dégradée malgré tout”, souligne pour sa part Julia Cagé, économiste à l’École d’économie de Paris.

BCE vs Fed américaine

Pour autant, la France n’a pas vraiment le choix, comme l’a encore rappelé François Fillon lundi. “Les agences et les notations, ce n'est pas une élégance, c'est le prix à payer pour financer la dette”, a indiqué le Premier ministre. En clair : une dégradation de la note souveraine d'un pays entraîne quasi automatiquement une augmentation du taux d’intérêt auquel il peut emprunter sur les marchés financiers. Or, si la France doit payer plus pour s’endetter, “cela réduit encore sa marge de manoeuvre budgétaire”, remarque Jean Imbs...

Pour Paris, le problème est d'autant plus ardu que la France ne peut pas faire tourner la planche à billets pour maintenir ses taux d'intérêt à un niveau faible, en cas de dépréciation de sa note. Un procédé largement utilisé par les pays disposant de leur souveraineté monétaire, comme les États-Unis, où la Fed a massivement acheté de la dette souveraine en injectant de l'argent dans l'économie pour faire baisser les taux.

Comme les autres États de la zone euro en effet, la France a transféré sa souveraineté monétaire à la Banque centrale européenne (BCE), qui s’interdit d'avoir recours à un tel mécanisme, au motif que cette émission d’argent risque de faire augmenter l’inflation. Et si elle s'est permis quelques entorses à cette règle d’or depuis fin 2010, c’est à des niveaux incomparables à ceux des pays qui ont gardé leur souveraineté monétaire. Les rachats de dettes de la BCE correspondent en effet à 2% du PIB de la zone euro, quand ceux de la Réserve fédérale sont de 11% du PIB des Etats-Unis. Quant à la Banque centrale japonaise, elle a été jusqu'à dépenser l’équivalent de 17% du PIB pour le rachat de la dette nippone depuis 2010.

Pour contourner l'obstacle de la BCE et s'émanciper de l'influence des agences de notation, la France devrait militer pour une mutualisation des dettes souveraines européennes, juge Julia Cagé. Une solution qui permettrait à Paris de s'abriter derrière le bouclier d'une dette souveraine européenne - émise sous forme d'eurobonds - contre laquelle les marchés n'iraient pas parier, car personne ne pourrait croire, en effet, à un effondrement de la Maison Europe. "Comme les États-Unis, la zone euro serait alors une économie trop grosse pour qu'on s'imagine qu'elle puisse faire faillite", assure Julia Cagé.

Première publication : 18/10/2011

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